USA : une étude universitaire prouve que les pauvres meurent plus vite

Publié le par dan29000

Aux USA, les pauvres meurent plus vite

1er octobre 2012

Une étude universitaire a récemment conclu que la durée de vie des pauvres a sensiblement diminué depuis quelques années.


 

Depuis quelques générations la durée de vie aux USA, comme dans les autres pays industrialisés n’a cessé de croître. Mais selon une étude réalisée à l’université de l’Illinois à Chicago, la durée de vie pour les blancs sans diplôme d’une haute école a chuté de trois ans en moyenne pour les hommes, et de cinq ans pour les femmes entre 1990 et 2008. La durée de vie moyenne de ces dernières est actuellement de 73,5 années tandis que les blanches avec des diplômes universitaires peuvent espérer de vivre 83,9 ans. Les hommes blancs avec un diplôme universitaire vivent 80.4 ans, tandis que pour ceux qui n’en ont pas l’espérance de vie n’est que de 67 ans et demi.


A l’exception des périodes de guerre ou de pestilence, la baisse de l’espérance de vie, surtout dans les pays industrialisés, est très rare. Comme la durée de vie est évidemment un indice social clé pour mesurer la qualité de vie dans telle ou telle société, ces nouvelles reflètent une crise sociale voire de civilisation, de grande envergure.


Inégalités de race et inégalités de classe


Nous savons depuis très longtemps que la durée de vie aux USA est très variable selon le sexe et la race. Les blancs vivent plus longtemps que les noirs et les latinos. Les sociologues expliquent que la cause de ces différences entre les groupes raciaux se trouve aux carrefours des inégalités qui séparent les races. D’autres études récentes montrent que la différence entre la durée de vie pour les noirs et les blancs a diminué. Mais cette dernière étude indique que c’est la diminution de l’espérance de vie des blancs pauvres plutôt que de son allongement chez les noirs qui explique ce rapprochement.


C’est le capitalisme qui tue !


Les chercheurs hésitent quand même à offrir une explication globale pour le déclin de la durée de vie pour cette tranche de la population. Ils préfèrent mettre le doigt sur des développements pathologiques isolés comme l’augmentation de la mortalité provoquée par les overdoses de drogues obtenues sur ordonnance, l’augmentation du tabagisme chez les femmes pauvres ou la prétendue tendance de ces dernières à adopter des « comportements dangereux ».

Mais ces explications ne tiennent pas la route face à un contexte social particulier. Depuis les années 1980 les inégalités sociales ne cessent de croître, au point qu’elles sont aux USA le plus grandes de tous les pays industrialisés. Le pourcentage des sans diplômes sans assurance maladie a passé de 35% en 1993 a 43% en 2006. L’assaut du capital et de l’Etat contre les acquis sociaux du passé contribue à la dégradation de la qualité de vie et provoque certainement ces phénomènes pathologiques. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que dans l’ex Union Soviétique la durée de vie ait diminué de sept ans à partir du début des années 90, à savoir depuis le rétablissement du capitalisme.


Que, au vingt-et-unième siècle la durée de la vie diminue pour une tranche de la population, quel que soit le coin de la planète, c’est une honte pour ceux qui nous dirigent. Et c’est la preuve que ce système qui met les profits avant les besoins des gens est juste … insupportable.

 


Keith Mann


* A paraître en Suisse dans l’Anticapitaliste n° 77 du 4 septembre 2012


 

SOURCE / ESSF.

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