Vague de suicides chez IBM, dénoncée par la CGT

Publié le par dan29000

Vague de suicides chez IBM


Le bilan est lourd chez IBM. La CGT du géant de l'informatique dénonce 5 suicides en 2 ans parmi les salariés dont deux concernent le site La Gaude dans les Alpes-Maritimes. Peut-on parler du "syndrome France télécom" qui frappe IBM ?

 


En janvier, deux salariés d’IBM la Gaude, un à Lyon Ecully, un autre à Paris se suicident. Les points communs entre ces personnes c’est le nom de leur employeur et leur tranche d’âge.  Elles ont toutes le même profil de carrière : seniors et salariés soucieux de leur travail.

Syndrome France télécom. Cette vague de suicides n’est pas sans nous rappeler celle survenue chez l’opérateur France télécom entre 2008 et 2009. Chez ce dernier, le nombre de suicides s’était établi à 35 selon directions et syndicats.  Engagée dans des restructurations (le plan NEXT) lancées par Didier Lombard l’ancien PDG, l'entreprise avait supprimé 22 000 postes entre 2006 et 2008 et procédé à 10000 changements de métier. Une politique managériale jugée harcelante. Et voilà qu'IBM se lance dans un projet similaire sans crier gare. Selon le syndicat, la pression professionnelle et les délocalisations programmées des 70 postes vers la Pologne et la République Tchèque seraient la cause de ces gestes désespérés. Un grand nombre d’employés se plaignent de leurs charges de travail et de la pression quotidienne. Les managers exercent une pression quasi constante en fixant des objectifs de plus en plus élevés. Ce qui entraine une dégradation de leurs conditions de travail et de leurs santés.

Faire du chiffre par n’importe quel moyen. La CGT dénonce des conditions de travail oppressantes. « La direction demande aux salariés de s’engager par écrit pour fixer leurs objectifs annuels qu’ils sont obligés d’atteindre sinon reste en proie à un licenciement. Cette technique n’est toutefois pas obligatoire. A cela s’ajoute un système de notation qui est également à l’origine du stress et du burn out (syndrome d'épuisement professionnel). Les salariés sont notés de 1 à 4 sachant qu’à 4, ils peuvent être licenciés. » Non seulement les employés se sentent fliqués mais également pris dans une mécanique où tout le monde les surveille. Pour sa défense la direction IBM propose un « accord de prévention du stress ».

Des enquêtes sont donc demandées via les comités d'hygiène et de sécurité de plusieurs sites nationaux, dont celui de la Gaude. La question n’a pas été réellement prise au sérieux. Olivier Cheminant, DRH IBM la Gaude préfère plutôt appeler à « la retenue et la mesure» dans une lettre adressée au représentant du personnel.  

D’autre part, la direction rejette tout lien entre les conditions de travail et ces actes qui ne se sont jamais passés sur les lieux de travail « Elle cherche à minimiser, voire étouffer sa part d’éventuelle responsabilité dans cette affaire» soutient la CGT IBM France.


Comme à la guerre. Le 28 janvier dernier, une première motion demande l’expertise d’un cabinet extérieur pour déterminer si les causes professionnelles ont une influence sur la tentative de suicide d’un employé d’IBM à la Gaude. Celle-ci a été rejetée par la direction, jugée contraire aux prérogatives légales du CHSCT. Cependant la deuxième a été acceptée ouvrant par la même occasion sur une enquête lundi dernier pour déterminer s’il y a un rapport entre les suicides et la politique managériale d’IBM. « Je me sens comme à la guerre, une guerre économique où de temps en temps on m’annonce qu’un camarade est mort. » déplore un membre de la CGT la Gaude.

 

 

 

 

SOURCE / L'HUMANITE

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