Vivre dans la rue tue : 21 morts de SDF en un mois

Publié le par dan29000

 Depuis le 10 février dernier, nous avons appris le décès de 21 personnes portant à 53 les décès appris depuis 2010. Cette liste n’est pas exhaustive. Ces décès sont appris, souvent par hasard. N’hésitez pas à nous communiquer les décès que vous apprendriez.
Nous partageons la peine de leurs proches, familles, amis, voisins, associatifs et les assurons de notre soutien. 


M T. est mort en 2010, il vivait en foyer.
Philippe, 60 ans, est mort le 7 janvier 2010 à Paris. Cet homme avait bénéficié brièvement de foyers, mais tenait à son indépendance.
Vincent est mort le 8 janvier 2010 à Paris.
David, 39 ans, est mort le 13 janvier 2010 à Toulouse.
Laurent, dit Lorenzo, est mort le 24 janvier 2010 à Paris. à l’hôtel dans le secteur de la gare de l’Est
Abdala, 61 ans, est mort le 2 février 2010 à Paris
Un homme, 57 ans, est mort le 3 février 2010 à Vitry sur Seine. Cet homme est mort dans un cabanon, près des bords de Seine.
Un homme, 37 ans, est mort le 6 février 2010 à Chauny. Cet homme a été retrouvé dans l’Oise plusieurs jours après sa mort. Des riverains s’inquiétaient de sa disparition.
Turkey, dit Cokie, 38 ans, est mort le 6 février 2010 à Tournay.
Une enfant de 1 an, est morte le 8 février 2010 à Orly. Cette toute petite est morte des suites de brûlures. Elle vivait dans une cabane avec sa famille. Son frère de 3 ans était mort quelques jours avant.
Dominique, dit « Dom », 42 ans, est mort le 11 février 2010 à Pontoise. Dom avait perdu son chien Tyson depuis 3 mois. Il dormait sous la tente. La mairie lui avait prêté un local l’hiver dernier.
Une femme, 43 ans, est morte le 14 février 2010 à Nogent sur Oise. Cette femme en rupture familiale depuis quelques semaines est morte dans une voiture.
Sylvain, 44 ans, est mort le 16 février 2010 à Beauvais. Sylvain est mort dans le SAS d’un distributeur bancaire. Ses amis pensent qu’il a voulu mourir.
Un homme, 24 ans, est mort le 25 février 2010 à Bourgoin Jalleu. Cet homme est mort dans le hall d’immeuble où il s’abritait régulièrement.
Jean, 50 ans, est mort en février 2010 à Paris. Jean vivait à la rue depuis 10 ans.
Michel, 54 ans, est mort en février 2010 à Paris.
Bonlender, 46 ans, est mort le 4 mars 2010 à Narbonne. Bonlender a aussi vécu à Carcassonne.
Gaétan, environ 60 ans, a été retrouvé le 7 mars 2010 à Grenoble. Gaétan a été retrouvé dans la maison abandonnée qui l’abritait. Peut-être s’est-il laissé mourir après le décès d’Isabelle, sa compagne.
Isabelle, environ 60 ans a été retrouvée le 7 mars 2010 à Grenoble. Isabelle et Gaëtan vivaient ensemble. Isabelle est morte d’une chute.
Un homme, environ 40 ans, est mort le 9 mars 2010, à Pont l’Evêque. Cet homme est mort dans la rue derrière la Poste. Il fréquentait une association à proximité.

Nous avons appris plusieurs mois après sa mort un décès, portant à …. Les décès appris en 2009.

Christophe est mort le 6 novembre 2009 à Paris. Christophe est mort dans la rue, près de la gare de l’Est

DEUX PROPOSITIONS D’ACTION :
Parce qu’on peut sortir de la rue autrement que par la mort !
1/ Manifestations ce samedi 13 mars à l’approche de la trêve hivernale, contre les expulsions locatives et les logements trop chers.
2/ Ecrire à vos maires pour demander des logements sociaux dans vos quartiers. 

Merci de nous en envoyer une copie au Collectif Les Morts de la Rue, 72 rue Orfila, nous les transmettrons à Amnesty International, ATD quart monde et Secours Catholique qui lancent cette campagne :

Votre nom et adresse


La date

Monsieur (ou Madame) le Maire,
De plus en plus de nos concitoyens vivent dans la rue ou dans des conditions indignes, hébergés par d’autres, en squats, en hôtel… avec des conséquences désastreuses pour eux-mêmes et leur famille (emploi, accès à l’école, santé, réseau social…).

Cette situation m’indigne, et je vous écris aujourd’hui pour vous dire que je soutiendrai toute initiative de votre part qui augmentera dans notre commune le parc de logements accessibles aux personnes disposant de faibles revenus. D’autant plus que les budgets de l’Etat pour ces constructions existent et, chaque année, ne sont pas dépensés.

Je souhaite habiter une commune où vivent ensemble des familles de tous milieux, et je me réjouirais d’accueillir des voisins enfin sortis d’une situation d’errance ou de logement précaire. Je considère qu’il est de ma responsabilité de citoyen d’éviter les risques de ghettos entre des populations qui ne se connaissent pas et se méfient les unes des autres.

Peut-être entendez-vous davantage les échos de personnes inquiètes de projets de logements sociaux en proximité de chez eux. C’est pourquoi je tenais à me manifester pour témoigner que des personnes, parmi vos administrés, se sentent solidaires des familles en grande difficulté.
Le logement est un droit fondamental inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et je soutiendrai toute initiative de votre part qui tendra à répondre aux exigences de la loi du Droit Au Logement Opposable (DALO) de 2007, qui fait obligation à l’Etat de satisfaire toute demande de logement reconnue prioritaire.

Je soutiendrai les initiatives que vous prendrez pour éviter que les terrains soient toujours plus chers, ce qui empêche leur acquisition pour construire des logements sociaux.
Je soutiendrai également vos efforts pour augmenter, par la construction ou l’utilisation de logements existants, le nombre de logements réellement accessibles aux ménages ayant les plus faibles revenus (logements de type PLAI ).

Restant à votre disposition, je vous remercie d’avance de considérer favorablement ma demande et je vous prie d’agréer, Monsieur (ou Madame) le Maire, mes sincères salutations.


(votre signature)

P.S. : Ce courrier fait partie d’une campagne nationale et j’en envoie une copie au réseau « Solidaires pour les droits » (Amnesty International, Secours Catholique, ATD Quart Monde). Je leur ferai également part de votre réponse

Collectif Les Morts de la Rue

Publié dans actualités

Commenter cet article