Wikileaks again : sites à protéger, Brésil et Chavez, Arabie saoudite et terrorisme

Publié le par dan29000

 

 

 

 

WikiLeaks publie une liste de sites « à protéger »
Publié le 6 décembre 2010

Source : Le Monde.fr pour les trois sujets 

 

 



Wikileaks a publié une liste secrète de sites industriels et infrastructures sensibles à travers le monde que les Etats-Unis veulent protéger d’attaques terroristes. En Belgique, il est question de quatre entreprises dont trois en Wallonie : Germanium Mine Baxter SA à Lessines, Glaxo Smith Kline à Rixensart et Wavre, ainsi que Acellular Pertussis Vaccine Component dans le port d’Anvers.


Ce câble du département d’Etat datant de février 2009 demande aux représentations diplomatiques américaines de recenser les infrastructures et entreprises dans le monde « dont la perte affecterait de manière significative la santé publique, la sécurité économique et/ou la sécurité nationale des Etats-Unis » Selon le câble, « il n’a pas été demandé (aux diplomates) de consulter les gouvernements locaux pour établir la liste ».

Dans cette liste publiée dans la nuit de dimanche à lundi et qui couvre de nombreux pays, à l’exception des Etats-Unis, figurent des câbles sous-marins de télécommunications, des ports, des barrages, des oléoducs et gazoducs, des mines et des entreprises fabriquant notamment des produits pharmaceutiques importants pour la santé publique.


Cette liste, qui contient des centaines de sites et infrastructures sensibles, couvre tous les continents. Outre des infrastructures stratégiques, elle recense entre autres le canal de Panama, une mine de cobalt au Congo, d’autres mines en Afrique du Sud ou en Amérique latine ainsi que des entreprises pharmaceutiques produisant des vaccins au Danemark, en Italie, en Allemagne ou encore en Australie.

(afp, belga)

Contenant des centaines de références, la liste couvre de nombreux pays, à l’exception des Etats-Unis.


En EUROPE

Allemagne : L’usine chimique allemande BASF à Ludwigshafen (sud-ouest) est présentée comme “le plus grand complexe chimique intégré au monde”. Le site de Siemens à Erlangen (sud) assure une “production irremplaçable de produits chimiques clés”.
A propos de la ville de Nadym, base arrière en zone arctique du géant russe Gazprom, le câble parle “du site gazier le plus sensible au monde”.

En Belgique, figurent donc entre autres Baxter SA à Lessines et GlaxoSmithKline à Wavre.

Concernant la France, la liste cite les groupes pharmaceutiques Sanofi-Aventis, EMD Pharms, GlaxoSmithKline à Evreux (Eure – nord-ouest)) et Genzyme Polyclonals à Lyon (centre-est). Figurent aussi Sanofi Pasteur à Lyon qui produit, précise la liste, des vaccins contre la rage, et la société pharmaceutique Diagast (réactifs pour les groupes sanguins). Le groupe industriel Alstom est également mentionné pour ses “turbines et générateurs pour barrages hydroélectriques”. Les points d’arrivée de câbles de télécommunication transatlantiques Apollo à Lannion et FA-1 à Lannion (Côtes d’Armor – ouest) et TAT-14 à
Saint-Valéry-en-Caux (Seine-Maritime – nord-ouest) figurent dans la liste.

Sont aussi signalés les groupes pharmaceutiques suisses Hoffmann-La Roche pour son Tamiflu, Berna Biotech (vaccins) et CSL Behring.

En Grande-Bretagne, la liste cite notamment le groupe BAE Systems, numéro un mondial de l’armement et de la défense.

Au Moyen-Orient, “d’ici à 2012, le Qatar sera la première source de gaz naturel liquéfié (LNG) importé pour les Etats-Unis”.

Les grands ports de Chine, de Hong Kong et du Japon sont mentionnés, tout comme le canal de Panama et la société d’électricité publique québécoise Hydro Québec, “source sensible et irremplaçable d’énergie pour le nord-est des Etats-Unis”.

Voici le câble diffusé par WikiLeaks (extraits)

 
S E C R E T STATE 015113

NOFORN, NOT FOR INTERNET DISTRIBUTION

E.O. 12958: DECL: 1/29/2019
TAG PTER, PGOV, ASEC, EFIN, ENRG, KCIP
SUBJECT: REQUEST FOR INFORMATION:CRITICAL FOREIGN DEPENDENCIES (CRITICAL
INFRASTRUCTURE AND KEY RESOURCES LOCATED ABROAD)

REF: STATE 6461 PLEASE PASS TO RSO, POLOFF, ECON, and MANAGEMENT (GSO and
IT). Classified by S/CT DAS, Susan F. Burk, Reason: 1/4 (B), (D), (E),
and (G)

¶1. (U//FOUO) This is an action request; see Para. 13.

¶2. (U//FOUO) Under the direction of the Department of Homeland Security
(DHS), the National Infrastructure Protection Plan (NIPP) was written
to provide the unifying structure for the integration of critical
infrastructure and key resources (CI/KR) protection into a single
national program. The overarching goal of the NIPP is to build a
safer, more secure, and more resilient America by enhancing protection of
the nation's CI/KR to prevent, deter, neutralize or mitigate the effects of
deliberate efforts by terrorists to destroy, incapacitate or exploit them;
and to strengthen national preparedness, timely response, and rapid recovery
in the event of an attack, natural disaster or other emergency.

¶3. (U//FOUO) In addition to a list of critical domestic CI/KR,
the NIPP requires compilation and annual update of a comprehensive
inventory of CI/KR that are located outside U.S. borders and whose
loss could critically impact the public health, economic security,
and/or national and homeland security of the United States. DHS in
collaboration with State developed the Critical Foreign Dependencies
Initiative (CFDI)to identify these critical U.S. foreign dependencies --
foreign CI/KR that may affect systems within the U.S. directly or indirectly.
State is coordinating with DHS to develop the 2009 inventory, and the action
request in Para. 13 represents the initial step in this process.

¶4. (U//FOUO) The NIPP does not define CI/KR. Homeland Security Presidential
Directive 7 (HSPD 7) references definitions in two separate statutes. In the
USA Patriot Act of 2001 (42 U.S.C. 5195(e)) "critical infrastructure" is
defined as systems and assets, whether physical or virtual, so vital to
the United States the incapacitation or destruction of such systems and
assets would have a debilitating impact on security, national economic
security, national public health or safety, or any combination of those
matters. In the Homeland Security Act of 2002 (6 U.S.C. 101(9)) "key
resources" are defined as publicly or privately controlled resources
essential to the minimal operations of the economy and government.

¶5. (U//FOUO) The NIPP identifies 18 CI/KR sectors: agriculture and food;
defense industrial base; energy; healthcare and public health; national
monuments and icons; banking and finance; drinking water and water
treatment systems; chemical; commercial facilities; dams; emergency
services; commercial nuclear reactors, materials, and waste; information
technology; communications; postal and shipping; transportation and systems;
government facilities; and critical manufacturing. Obviously some of these
sectors are more likely to have international components than other sectors.

¶6. (U//FOUO) Department is surveying posts for their input on critical
infrastructure and key resources within their host country which, if
destroyed, disrupted or exploited, would likely have an immediate and
deleterious effect on the United States. We expect posts, after consultation
among all sections and agencies, will in many instances immediately recognize
whether such CI/KR exist in their host country. Posts are not/not being
asked to consult with host governments with respect to this request.

¶7. (U//FOUO) Building upon the initial survey completed in 2008, Department
requests each post reassess and update information about infrastructure and
resources in each host country whose loss could immediately affect the public
health, economic security, and/or national and homeland security of the
United States. This reassessment may include suggestions from posts for
removing, modifying, or adding CI/KR to the list developed in 2008 (see
the list of CI/KR identified in 2008 in Para. 15 below).

 

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WikiLeaks : le Brésil et les États-Unis divergent sur le Vénézuélien Chavez


L'évaluation du pouvoir de déstabilisation régionale du Venezuela sous la conduite d'un Hugo Chavez parfois imprévisible est une question qui divise le Brésil et les Etats-Unis, deux grandes puissances qui se livrent une lutte d'influence en Amérique latine.



"Le Brésil estime être engagé dans une compétition avec les Etats-Unis en Amérique du Sud et se méfie des intentions américaines (…) Le Brésil a un besoin presque névrotique d'être l'égal des Etats-Unis et d'être perçu comme tel", souligne ainsi un message secret de novembre 2009, obtenu par WikiLeaks et consulté par Le Monde.

Le choix largement anticipé d'Antonio Patriota, un ancien ambassadeur du Brésil à Washington, comme ministre des affaires étrangères de Dilma Rousseff, élue le 31 octobre, à la présidence brésilienne ne serait pas de nature à changer les choses.

En novembre 2009, un télégramme explique que "même si Patriota connaît bien les Etats-Unis et est prêt à travailler avec nous, il ne le fera pas dans une perspective pro-américaine, mais sur la base du nationalisme traditionnel de la diplomatie brésilienne." Résumant l'opinion d'Antonio Patriota, un diplomate américain notait en 2006 que "le Brésil ne doit pas être catalogué comme étant ‘in Our Camp'".

Ce qui se vérifie à propos du Venezuela. "En dépit des soucis croissants suscités par le rôle régional de Chavez, le gouvernement [du président de l'époque, Luis Inacio Lula da Silva] croit qu'il doit garder ses distances avec l'administration américaine pour ne pas compromettre sa capacité à travailler avec le Venezuela et ses alliés", lisait-on dans un autre câble de juillet 2007.

FINALEMENT, HUGO CHAVEZ ACHÈTERA DES SUKHOI SU-30 RUSSES

A cette époque, le Brésil n'avait pas encore digéré le veto américain à la vente d'avions militaires brésiliens Super-Tucano au Venezuela, en 2005. "Le Brésil ne souhaite pas que le Venezuela achète un avion à l'extérieur de la région. L'acquisition d'un appareil plus avancé auprès des Russes pourrait provoquer un déséquilibre des forces aériennes d'Amérique du Sud", expliquait un message secret de novembre 2005.

Mais la moitié des composants des Super-Tucano étant d'origine américaine, Washington avait bloqué le contrat. Brasilia tenta, sans succès, de vaincre les réticences des Etats-Unis, en évoquant la possibilité de "clouer la flotte du Venezuela au sol en refusant la maintenance ou les pièces détachées, de la même manière que les Américains l'ont fait avec les F-16 vénézuéliens".

En service commandé, l'ambassadeur brésilien à Caracas proposa à son homologue américain un étrange "troc" : Washington autorise la vente des Tucanos et en échange Brasilia soutient l'organisation non gouvernementale vénézuélienne Sumate qui recueillait des signatures pour le référendum destiné à révoquer le président Chavez, la bête noire des Américains dans la région.



Dans une note confidentielle de mai 2006, un diplomate américain rappelle que "l'action brésilienne pour Sumate serait symbolique, alors que les Tucanos sont bien réels". Finalement, Hugo Chavez achètera des Sukhoi Su-30 russes, qui surclassent la puissance aérienne de ses voisins.

Les télégrammes diplomatiques américains permettent d'apprendre que la livraison russe au Venezuela est diversement appréciée par les diplomates et les militaires brésiliens. Pour le ministre des relations extérieures, Celso Amorim, "l'orientation politique de Hugo Chavez n'est pas celle du Brésil, mais les Brésiliens ‘ne se sentent pas menacés' par Chavez", rapporte une note confidentielle de mars 2007. "Il aboie plus qu'il ne mord", illustre M. Amorim. "L'isolement n'est pas une solution avec Chavez", plaide-t-il. " Nous ne voulons pas l'isoler, nous voulons lui parler, mais il ne négocie pas avec nous", lui répliquent les Américains.

POURTANT, BOEING A DES SOLIDES APPUIS AU BRÉSIL

Le ministre brésilien de la défense, Nelson Jobim, lui, a une vision différente. Il perçoit le Venezuela comme "une nouvelle menace" pour la stabilité régionale, selon un télégramme secret de janvier 2008. "Les Brésiliens considèrent plausible une incursion militaire de Chavez dans un pays voisin, étant donné son imprévisibilité." D'où la création d'un conseil de défense sud-américain qui sert à "amener le Venezuela et d'autres trublions de la région dans une organisation commune que le Brésil peut contrôler".

Selon les diplomates américains, le veto sur les Tucanos, qualifié en 2009 de "gaffe" commise par l'administration Bush, a desservi les Etats-Unis dans le dossier de l'achat de 36 avions de chasse par le Brésil. Dossier dans lequel le chasseur Super Hornet de Boeing est en concurrence avec le Rafale de Dassault. Ce n'est pas le seul argument.

"Les leaders politiques brésiliens pensent que leur pays ne doit pas dépendre de la technologie militaire américaine [et] que les Américains refusent le transfert de technologie", observe un câble secret de juin 2008. Les Brésiliens ne veulent pas seulement rénover leur force aérienne, ils veulent développer une industrie d'armements et exporter.

Pourtant, Boeing a des solides appuis au Brésil, chez les militaires et le constructeur aéronautique Embraer. Le PDG de l'avionneur brésilien, Federico Curado, a ainsi "suggéré aux Etats-Unis d'acheter des Super Tucanos en échange du contrat de l'avion de chasse", révèle une note confidentielle de février 2009. "Embraer voudrait s'associer à Boeing", ajoute le diplomate.

Pour relancer les chances du Super Hornet, le président Barack Obama monte au créneau, multiplie les rencontres de haut niveau et les lettres pour assurer les Brésiliens, en mai 2009, que "le transfert de technologie a été approuvé". En cette fin d'année 2010, Dassault et Boeing attendent toujours la décision finale de Brasilia
Paulo A. Paranagua

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WikiLeaks : des "donateurs" privés saoudiens financent le terrorisme

 
Les "groupes terroristes sunnites" feraient d'importantes collectes de fond à l'occasion du pèlerinage à La Mecque, selon les experts américains.


Le financement des activités terroristes ou des groupes considérés comme tels constitue une cible pour les experts américains dans la région du Golfe, tout particulièrement en Arabie saoudite.



Autant ils se félicitent de la réaction saoudienne contre ces groupes après les attentats d'Al-Qaida perpétrés dans le royaume, à partir de 2003, autant ils se plaignent des difficultés rencontrées pour convaincre le régime saoudien de la "priorité stratégique" que représentent les circuits de financement, selon une note de 2009 obtenue par WikiLeaks et consultée par Le Monde, pour Al-Qaida, les talibans afghans et leurs homologues pakistanais.

"PRINCIPALE SOURCE DE FINANCEMENT"

"Jusqu'à présent", regrette la même note, rédigée par l'ambassade des Etats-Unis à Riyad, "les donateurs [privés] en Arabie saoudite demeurent la principale source mondiale de financement de groupes terroristes sunnites".

"Selon des sources saoudiennes", poursuit la note, "ces groupes, y compris le Hamas [palestinien] collectent probablement des millions de dollars annuellement, le plus souvent à l'occasion du pèlerinage [annuel de La Mecque] et de ramadan".

Au début de l'année 2010, des représentants du Trésor américains dédiés à la lutte contre ces réseaux de financement insistent auprès de leurs interlocuteurs sur son importance. Les Saoudiens admettent que le pèlerinage procure une "opportunité" pour les collecteurs de fonds.

Mais les Américains attirent leur attention sur un autre point : "les hauts responsables talibans, lorsqu'ils se rendent en Arabie saoudite pour participer à des discussions sur le thème de la réconciliation, se livrent également à la collecte d'argent".
Gilles Paris

 

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