Wikileaks frappe encore : WARLOGS : l'armée US et l'emploi de la torture en Irak

Publié le par dan29000

 

 

 

 

warlogs990x660-300x200Torture: l’U.S. Army préfère fermer les yeux

Les 20 journalistes d’investigation du Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique lancée en avril 2010 sur le modèle (non commercial) de la fondation américaine ProPublica, ont passé 12 semaines a étudier les WarLogs.



Sur IraqWarLogs.com, le site lancé à cette occasion, on apprend notamment que les insurgés compensaient le déficit de candidats aux attentats suicides en poussant des handicapés mentaux à se faire exploser, et qu’ils camouflaient également parfois leurs bombes dans des barres chocolatées.

Ils ont aussi identifié 303 allégations d’abus imputables aux forces de la coalition alors même que, suite au scandale d’Abu Ghraib, les USA s’étaient engagés à mettre un terme à ce type de pratiques.

Dans 42 cas, les soldats ont torturé à l’eau ou à l’électricité, procédé à des simulations d’éxécutions, battu les prisonniers. Dans près de la moitié de ces cas, des médecins assistaient les soldats. Dans certains cas, les soldats filmaient aussi leurs prestations.

Un rapport rapporte également que des soldats ont obligé un prisonnier, après l’avoir frappé, à déterrer une bombe. Un autre mentionne l’utilisation de civils, à de nombreuses reprises, pour “nettoyer la route” lorsque les soldats suspectaient la présence de bombes cachées. Le soldat incriminé risquait la court martiale, il ne fut que “réprimandé“, et renvoyé dans une base militaire aux USA.

Les violations des droits de l’homme, et de la convention de Genève, ne sont pas l’apanage des soldats américains, mais également des soldats et policiers irakiens. De nombreux rapports mentionnent les tortures infligées aux prisonniers dans les prisons irakiennes. Mais les soldats américains ont reçu l’ordre de ne pas enquêter à ce sujet. Et cela n’a nullement empêché l’administration Obama de confier aux Irakiens des milliers de prisonniers.
La torture, pratique courante des policiers irakiens

L’article Morts au checkpoint du Monde.fr s’intéresse aux civils tués aux checkpoints de l’armée américaine.

Les 400 000 rapports jettent un regard nouveau sur le lourd tribut que les populations civiles ont payé à la guerre. Les cadavres de milliers de femmes et d’hommes, victimes d’exécutions sommaires, ont été découverts par les soldats américains. Ces mêmes soldats ont tué au moins six cent civils en six ans aux checkpoints, ou en ouvrant le feu sur des véhicules pris pour une menace. Un nombre indéterminé, et minimisé dans les rapports, d’Irakiens ont été les victimes collatérales des frappes aériennes contre les insurgés.

Les soldats ouvrent souvent le feu directement sur le conducteur lorsque celui-ci n’obtempère pas, et les rapports regorgent d’incidents impliquant des handicapés mentaux, des malvoyants, ou simplement des conducteurs qui n’ont pas vu les soldats ou n’ont pas entendu les signaux sont l’objet de tirs. Dans de très nombreux autres cas, ce sont des passants qui sont fauchés par une balle, parfois dès le coup de semonce.

Le Monde, qui a pu consulter en avant-première les rapports de l’armée américaine, conjointement avec le New York Times, le Guardian, le Bureau of investigative journalism et le Spiegel, estime également que les documents montrent l’ampleur de la torture dans les commissariats irakiens, “des pratiques que l’armée américaine ne pouvait ignorer, tout au long des six années couvertes par les rapports, mais face auxquelles les soldats semblent impuissants” :


Lorsqu’ils constatent des cas de mauvais traitements de la part des policiers irakiens, les soldats américains sont tenus d’en faire le signalement. En revanche, ils ne sont pas chargés d’enquêter ou de prendre des sanctions : une procédure n’est enclenchée que s’il y a un soupçon d’implication de soldats de la Coalition. La phrase “Les forces de la coalition n’étant pas impliquées dans ces accusations, une enquête plus poussée n’est pas nécessaire” parsème les rapports sur les sévices infligés par la police, et constitue parfois la première ligne du rapport.

150 000 morts, dont 80% de civils

Iraq Body Count (IBC), qui répertorie le nombre de civils tués depuis l’intervention américaine en Irak en 2003, et qui a commencé à analyser la base de données de Wikileaks, estime à 15 000 le nombre de civils dont la mort n’avait jusque là pas été documentée.

Pour IBC, qui avait déjà répertorié 107 000 civils tués en Irak à partir d’articles de presse et de rapports d’ONG, cette découverte souligne l’importance de la publication de ces rapports “secrets” de l’armée américaine par Wikileaks.

IBC, qui a également pu recouper 64 000 morts dans les “logs“, précise que cela permet aussi de mieux savoir quand, et comment, ils ont été tués, mais également de mettre des noms sur les personnes tuées, les rapports étant souvent plus précis que les articles de presse et rapports d’ONG.

D’après ses calculs, la guerre en Irak a fait 150 000 morts, dont 122 000 civils (80%). La base de données de Wikileaks en dénombre 109 032, dont 66 081 civils, 15 196 soldats irakiens, 23 984 “ennemis“, et 3 771 soldats de la coalition, de 2004 à 2009.
2h45: Le Pentagone dénonce des méthodes “cavalières”

Un peu moins de quatre heures après la fuite, Geoff Morell, le porte-parole du Pentagone, a communiqué à la presse la position officielle de l’administration:


Nous déplorons le fait que WikiLeaks incite des individus à transgresser la loi, que l’organisation publie des documents classifiés et partage de manière cavalière ces informations secrètes avec le monde entier, y compris nos ennemis. Nous savons que des organisations terroristes ont parcouru les documents afghans à la recherche d’informations pouvant nous nuire, et cette fois-ci, la fuite est quatre fois plus importante.

En rendant publiques de telles informations sensibles, WikiLeaks continue de mettre en danger les vies de nos troupes, de celles des troupes de la coalition, et de celles des Irakiens ou des Afghans qui travaillent à nos côtés. La seule attitude responsable de WikiLeaks serait de nous retourner ce matériau volé et le radie de son site aussi rapidement que possible.


Alors que le porte-parole du Département de la Défense insiste sur le fait que “ces documents n’apportent en aucun cas un éclairage nouveau sur la guerre en Irak”, WikiLeaks dénonce cette position officielle comme étant “un pur mensonge”, en invoquant notamment le fait que les documents publiés ont été purgés de leurs informations sensibles.
WikiLeaks attaqué juste avant la fuite?

Selon Andy Greenberg, qui anime le blog Firewall sur Forbes, WikiLeaks aurait été victime dans la semaine d’une attaque lancée par des hackers “particulièrement doués”. Selon une source anonyme, un pirate aurait compromis le serveur utilisé par l’organisation pour crypter ses messages instantanés, situé à Amsterdam. Cet incident les aurait obligés à transférer momentanément leurs activités vers un autre serveur, en Allemagne celui-ci.

Alors que le site de WikiLeaks est officiellement “en maintenance” depuis de longues semaines, cette intrusions sur leurs systèmes serait la première du genre, et expliquerait le tweet cryptique – qui a transformé l’expression “Activate Reston5″ en mème – posté le soir du 21 octobre.

 

 

Source / owni 

 

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