Wilderness, un premier roman de Lance Weller, chez Gallmeister

Publié le par dan29000

 

 

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Janvier est la seconde rentrée littéraire de l'année, certes moins importante que celle de septembre. Et cette année 2013 débute particulièrement bien avec Wilderness, un premier roman de Lance Weller, né en 1965 dans l'État de Washington. C'est le genre de bonne pioche dont les éditions Gallmeister ont le secret. Une année David Vann, une autre année Lance Weller.

 

  C'est une histoire forte que nous propose Weller, celle d'Abel Truman. Un gars qui vit seul avec son chien, très important le chien, d'autant plus que l'auteur en possède quatre. Le duo vit dans une cabane en bois sur la côte du Pacifique Nord-Ouest. Si vous aimez autant que nous la littérature américaine, vous ne manquerez pas de songer à Thoreau ou plus près de nous à Jim Harrison. Enfin au début du roman, ensuite, une réelle originalité s'installe.

 

  Abel s'est retiré, retiré de la civilisation, retiré aussi de lui-même parfois, il faut dire qu'Abel est un survivant, survivant de la bataille de la Wilderness, du nom d'une forêt de Virginie qui fut témoin d'un terrible affrontement lors de la guerre civile américaine.

 

  Les guerres finissent toujours, hélas souvent, elles ne finissent jamais pour ceux qui les ont vécues... Comme Abel. La guerre est toujours en lui. D'un côté, hier, avec une forte description des horreurs de la guerre civile, d'un autre, aujourd'hui, trente ans plus tard, la vie solitaire d'Abel avec son chien. Son chien que l'on va lui voler, en le laissant pour mort...

 

  Abel va alors tenter de partir sur les traces des voleurs, il va devoir affronter la nature souvent hostile, et pire, affronter son passé toujours présent, enfoui, douloureux. Le roman avance avec cette double narration, récit de guerre et quête psychologique. A la bataille de cette guerre civile en partie fondatrice des États-Unis, répond le combat de ce vétéran contre lui-même.

 

  Un personnage qu'il vous sera difficile d'oublier tant il prend chair devant nos yeux au fil des pages. Même si Weller a déjà écrit quelques nouvelles, nous avons peine à croire qu'il s'agisse d'un premier roman, comme l'écrivait Jonathan Evison, tant le style est puissant, au service d'une histoire qui ne peut laisser aucun lecteur indifférent.

 

  L'année commence bien, et confirme ce que nous ne cessons de répéter ici. Il faut oser lire des premiers romans, souvent bien plus passionnants que les écrits des stars littéraires occupant les grands médias.

 

 

 

Dan29000

 

 

 

Wilderness

Lance Weller

Traduit de l'américain par François Happe

Nature writing

Gallmeister éditions

2013 / 344 p / 23,60 euros


 

Voir le site de l'éditeur

 

 

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Extrait /

 

Le café refroidit. Une pellicule de glace se forme lentement 

sur la fenêtre près d’elle. Au bout d’un moment, la neige vient
tambouriner doucement sur les vitres et saupoudre de sucre le
sapin de Douglas dehors. La neige tombe sans arrêt, couvrant
le parc d’un linceul, enveloppant la ville au pied de la longue
descente. Progressivement, elle s’accumule sur le sapin, branche
après branche, jusqu’à ce que l’arbre entier soit transformé en une
chose arrondie et cotonneuse, qui craque et frémit faiblement, et
qui fi nit par déverser tout ce fardeau glacé avec un bruit sourd,
prolongé et sec de neige s’eff ondrant sur de la neige dans une
précipitation haletante. L’impact fait doucement trembler les
vitres tout près de Dao-ming.


Au cours de cette longue après-midi, Jane Dao-ming Poole
bouge à peine. Elle est veuve de pêcheur, elle a l’habitude
d’attendre. Elle est assise, ses cheveux couleur de fer lui tombent
sur les épaules et, d’une main, elle effl eure maintenant un petit
crucifi x – en os ou quelque chose qui ressemble à de l’os – accroché
à un cordon autour de son cou, à côté de la balle. Deux des rares
objets que possédait son deuxième père, Abel, et qui restent de
lui ; elle les a gardés au plus près d’elle toutes ces années. C’est
Glenn Makers qui lui a donné ces souvenirs quand elle a été
assez grande, quand elle lui a demandé, et qu’il a accepté, de lui
raconter l’histoire d’Abel Truman.


 

Presse :

 

Wilderness est un roman prodigieux sur la violence indélébile, sur les horreurs qui hantent les hommes longtemps après, et sur un rêve américain qui s'est bâti sur le sang.

 

Gilles Heuré, TELERAMA

 


 

L'histoire est belle, simple et profonde.

 

Marine de Tilly, TRANSFUGE

 

 

Lance Weller est d'évidence un peintre subtile de l'ombre et de la lumière, des blessures enfouies, des souvenirs que l'on n'oublie jamais. Son coup d'essai à découvrir séance tenante.

Alexandre Fillon, LIVRES HEBDO

Un premier roman de toute beauté, où une page de l'histoire des États-Unis révèle les cruelles empreintes laissées dans le cœur des hommes et où la nature sauvage se livre en majesté, violente ou complice. Autrement dit, du Gallmeister grand cru!

Marie Hitigoyen, libraire Le Jardin des Lettres, PAGE

Cet univers saisissant happe le lecteur qui prend le risque de se perdre dans sa magnificence. Les paysages sont vastes. L’histoire d’Abel est simple et profonde. Le roman inoubliable.

Annie Dillard

Wilderness est un roman magnifique, une réussite éclatante.


Jeffrey Lent

Wilderness est un magistral roman d'aventure et de rédemption, empli d’émotion et d’humanité – en toute sincérite, on a peine à croire qu’il s’agisse d’un premier roman. 
Jonathan Evison 
 
                         

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Le Bouquineur 28/02/2013 17:57


Je me suis toujours gardé d’utiliser le terme de chef-d’œuvre pour parler d’un bouquin,
me méfiant de ce mot trop galvaudé, mais aujourd’hui, j’avoue qu’il m’est difficile de ne pas le considérer comme tel. D’un coup, mais quel coup de maître, Lance Weller vient d’entrer dans la
cour des très grands écrivains contemporains.

dan29000 28/02/2013 18:20



bien d'accord sur le mot chef d'œuvre...En plus sur un premier roman, il faut encore plus se méfier, même si celui-ci est un grand roman, mais chez Gallmeister, on ne sera pas étonné...A lire
aussi le premier roman de DAVID VANN, SUKKWAN ISLAND, lire aussi mon article...A mon avis, après avoir bossé durant près de trente ans dans le domaine du livre, on ne peut vraiment reconnaitre un
vrai grand écrivain qu'après 3 ou 4 grands romans...Mais Weller est vraiment prometteur...