Yémen : Ali Abdallah Saleh, bientôt la chute du troisième dictateur ?

Publié le par dan29000

 

 

Yémen : Ali Abdallah Saleh de plus en plus isolé


LEMONDE.FR


Lâché par une partie des militaires, les tribus, les dignitaires religieux, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, 68 ans, est de plus en plus seul face à une opposition soudée. L'un des principaux chefs de l'armée, le général Ali Mohsen Al-Ahmar, issu de la plus influente tribu du pays, a accusé, lundi 21 mars, le chef de l'Etat de "réprimer les manifestants pacifiques" et de "pousser le pays vers la guerre civile".

Des dizaines d'officiers ont également rejoint la contestation, emboîtant le pas à des ministres, des ambassadeurs – les derniers en date étant les ambassadeurs du Yémen au Caire et auprès de la Ligue arabe – et des députés du parti au pouvoir. Ils se sont succédé à la tribune pour annoncer leur décision devant les manifestants qui tiennent un sit-in permanent depuis un mois devant l'université. La veille, les tribus et les religieux, deux assises du pouvoir, avaient demandé au président, en poste depuis trente-deux ans, de "respecter la volonté du peuple", qui réclame, à travers tout le pays, sa démission.

LE GOUVERNEMENT LIMOGÉ


Le chef de l'Etat a ainsi perdu l'appui de la majorité des tribus qu'il contrôlait grâce à une politique soigneusement dosée mêlant clientélisme, népotisme et corruption, selon ses opposants. L'opposition est pour la première fois soudée : les Sudistes ont mis en sourdine leurs velléités séparatistes et les rebelles nordistes se sont ralliés à la contestation à Sanaa, alors que l'opposition parlementaire fait corps avec les jeunes protestataires à la pointe de la contestation.

Résultat : le président a limogé dimanche soir son gouvernement, après la démission de trois ministres. Parmi les dernières défections annoncées, celle du gouverneur de la province d'Aden, dont la capitale, homonyme, est la deuxième ville du pays. D'autres responsables provinciaux et des dirigeants du parti présidentiel, le Congrès populaire général (CPG), ont également annoncé des défections ainsi que des diplomates.

 


En dépit de ces défections, le président Saleh affirmait, lundi après-midi, que la "majorité du peuple" le soutenait. "Ceux qui appellent au chaos, à la violence, à la haine et au sabotage ne sont qu'une infime minorité", a assuré le président à Sanaa. Il a reçu le soutien de son ministre de la défense, qui a affirmé que "les forces armées resteront fidèles au serment qu'elles ont fait devant Dieu, la nation et les dirigeants politiques sous le frère président Ali Abdallah Saleh. Nous ne permettrons pas, quelles que soient les circonstances, un coup de force contre la démocratie et la légitimité constitutionnelle, pas plus qu'une atteinte de la sécurité de la nation et des citoyens".

DÉPART "INCONTOURNABLE" POUR JUPPÉ

"Nous le disons au Yémen, où la situation est en train de se dégrader, nous estimons aujourd'hui que le départ du président Saleh est incontournable", a de son côté déclaré le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, lors d'une réunion des ministres des affaires étrangères de l'Union européenne à Bruxelles. Les Etats-Unis, alliés du Yémen, ont réprouvé le recours à la force : "Notre inquiétude dans l'immédiat est la violence que nous avons vue ces derniers jours, a déclaré le conseiller adjoint de Barack Obama pour la sécurité, Ben Rhodes. Nous avons communiqué au gouvernement du Yémen que ce type de violence est inacceptable".

Plusieurs ambassadeurs du Yémen en Europe ont publiquement demandé la démission du président yéménite. Les ambassadeurs en poste à Paris, Bruxelles, Genève, Berlin et Londres, ainsi que le consul à Francfort "ont envoyé un message au président Saleh lui demandant qu'il réponde aux exigences du peuple et démissionne afin d'éviter les effusions de sang", a déclaré Khaled Al-Akwaa, l'ambassadeur en France. "Nous comptons sur la sagesse du président pour qu'il mette l'intérêt du pays au-dessus du sien", a-t-il ajouté. Les ambassadeurs du Yémen en Arabie saoudite, au Koweït, à Cuba ont également annoncé se joindre au mouvement de contestation.

Le mouvement de contestation, qui a débuté fin janvier, s'est intensifié après des tirs, vendredi, sur les contestataires rassemblés place de l'Université qui ont fait cinquante-deux morts. Dans une intervention, lundi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné ces tirs à balles réelles contre les manifestants. Quelques minutes plus tard, l'AFP faisait état d'un déploiement massif de chars à Sanaa.

Publié dans Monde arabe - Israël

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Mitsuko 22/03/2011 05:28



Bonjour Dan,


Enfin le Yémen va peut-être provoquer la chute du troisième dictateur .. Il n'en serait que temps ... Il y a encore beaucoup à faire pour qu'il parte mais il
semble que le déclin est arrivé et qu'il va devoir partir, de gré ou de force ...


Un dictateur de moins dans le Monde Arabe ... c'est plutôt une bonne nouvelle pour tous ceux qui vivent au Yémen ...


Petit à petit les choses bougent et c'est très bien comme ça.


Bon mardi à toi, Dan. A bientôt. Bises.


Mitsuko



dan29000 22/03/2011 09:14



tout à fait...Bises à toi