Désintox : L'arnaque du steack hâché à 250 000 euros

Publié le par dan29000

Comment un steak hâché à 250 000 euros va résoudre la faim dans le monde et la pollution de la planète.

 

La presse s’intéresse plus à l’info qui va faire vendre le journal qu’au contenu de cette info.

Voilà encore une campagne de désinformation bien orchestrée déjà depuis longtemps puisque déjà en janvier dernier, le Guardian titrait un de ses articles par ces mots :
Viande de laboratoire : l’avenir de l’alimentation

Avec des milliards de bouches à nourrir, nous ne pouvons continuer à produire la nourriture de manière traditionnelle. Les scientifiques nous apportent des solutions novatrices pour les générations futures. Des burger in-vitro pour tous ?

voir l’article du Guardian de janvier 2013

Au passage on notera que l’article signé vient d’un journaliste de L’Observer mais peu importe puisque l’Observer a été racheté par le Guardian. C’est ce qu’on appelle la presse plurielle…
En préparation à l’évènement, le Guardian consacre pas moins de 3 articles début août :
Un scientifique va manger un steak hâché de laboratoire

Pourtant la vidéo ci-dessus semble plutôt contredire et nuancer cette assertion : regardez la moue et écoutez les commentaires de la journaliste qui sert de cobaye…
Le premier steak hâché de laboratoire obtient une bonne note de mise en bouche

Enfin nous apprenons que le milliardaire Sergey Brin, co-fondateur de Google a investi 250 000 euros dans cette technologie en défense du bien-être animal. Il faut savoir aussi que ce personnage est à l’origine de plusieurs projets qui relèvent de la science-fiction, comme l’exploitation de minerais dans l’espace, de l’organisation de voyages à 100 millions de dollars pour des villégiatures pour riches sur la lune, en tant qu’investisseur dans la compagnie Space Adventures. Quant à Google, la compagnie a investi de l’argent dans des projets de voitures « intelligentes » entièrement automatiques et divers projets d’énergie « écologique ».
C’est Sergey Brin de Google qui a financé le premier steak hâché synthétique de boeuf

Quant à la presse en France, de façon pathétique, elle ne fait grosso modo que relayer l’information parue dans la presse anglo-saxonne :

Premier burger crée in-vitro pour le Nouvel Observateur
« Frankenburger », le 1er steak in vitro pour Le Figaro
Dégustation réussie à Londres pour le premier burger créé in vitro pour Libération
Les infos qui en ont été données au divers journaux télévisés, que ce soit la une, la deux ou Arte sont du même genre sinon pire.

Pourtant les raisons avancées pour justifier de telles dépenses de recherches ne tiennent pas la route.

Sans même parler des qualités gustatives ou nutritionnelles qui sont certainement aussi contestables que les « produits » vendus en supermarchés, restons-en aux divers argumentaires.
Je note toutefois que la viande serait désormais interdite aux personnes allergiques au gluten puisqu’il y a de la chapelure…

Tout d’abord l’argumentaire selon lequel ce steak hâché d’un nouveau genre inaugurerait la fin de la cruauté envers les animaux.

Voir l’article du Guardian :
C’est vrai que lorsqu’on sait comment les grands groupes traitent les animaux dans les « fermes » industrielles, tel le cochon aux États-Unis :

On sait aussi comment cette politique d’industrialisation des élevages ne date pas d’hier en France non plus et qu’elle s’est faite avec l’accord et l’appui officiel des autorités gouvernementales ou para-gouvernementales. Regardez et écoutez ce chercheur de l’INRA, René Pero s’extasier dès 1966 sur l’avenir de notre agriculture, sur les progrès en matière d’élevage industriel concernant les volailles (automatisation de la chaîne de production, la sélection des races) et du porc (adaptation des régimes alimentaires) et du boeuf. Ses propos sont illustrés par des images d’un poulailler industriel, d’une porcherie futuriste et d’un élevage moderne de bovins. René PERO prédit même que le régime des « vedettes » sera bientôt calqué sur celui des porcs charcutiers et que l’on pourra donner au poulet « le goût que l’on voudra » !

En réalité c’est tout un système logique qui a été mis en place dès cette époque, soutenu par tous les gouvernements, de droite comme de gauche.

On disait que la France avait des fermes (pardon aujourd’hui il faut dire des exploitations) trop petites, qu’il fallait remembrer, agrandir, arracher les haies, entraves à une production rationnelle et entraves à la compétitivité. Alors même que la France que je sache était autonome du point de vue alimentaire, que les campagnes étaient encore peuplées. Mais le but était de tout organiser en filières industrielles. Les petits paysans n’avaient qu’à partir à la ville se faire embaucher dans les usines.
C’est ainsi que les campagnes françaises finirent par se spécialiser : le maïs dans le sud-ouest avec irrigation indispensable et pesticides à la clé pour pallier à l’abandon de la rotation des cultures et le manque de diversité, le cochon et le poulet industriel à la Bretagne avec les conséquences que l’on sait.
Et comme si cela ne suffisait pas on nous prépare des méga-usines à vaches et des méga-usines à poules. La boucle est bouclée : pour que ce type d’élevage hors-sol survive, il faut produire beaucoup de céréales donc beaucoup d’eau, beaucoup de pesticides, beaucoup d’engrais chimiques, beaucoup d’investissement matériel et une solitude suicidaire pour les agriculteurs qui restent dans des campagnes exangues.

Ceux qui poussent pour des solutions technologiques sont les mêmes qui nous promettaient monts et merveilles par la technologie dans le passé.

Il nous semblerait donc plus raisonnable de revenir à une agriculture paysanne de proximité, gourmande en emplois certes mais qui s’en plaindrait quand les jeunes agriculteurs trouvent de plus en plus de mal à s’installer ?

L’industrialisation de notre agriculture a non seulement chassé les paysans de leurs terres mais n’a contribué en rien à nourrir le reste de la planète. Au contraire, nos productions bon marché et de qualité médiocre ont contribué à appauvrir les paysans des pays du Sud. Mais n’est-ce pas ce que voulaient les multinationales, vendre des poulets congelés de merde à la découpe et ainsi détruire les élevages du Sud, vendre des céréales OGM et mettre en esclavage néo-colonialiste les pays dits "en voie de développement ?

Il faut cesser de s’en remettre à la recherche et à la science comme si celles-ci étaient neutres

Il faut lutter pour que la recherche soit enfin au service du bien commun et contrôlée par les paysans et les consommateurs. Actuellement la recherche agricole indépendante est constamment entravée par des règlementations tatillonnes non pas destinées à nous protéger de dangers sanitaires, comme les entraves au purin d’ortie, comme l’entrave à la libre circulation des semences (voir le scandale de l’amende infligée en Ariège).

En réalité les animaux étaient bien mieux traités dans le système précédent pour une simple et bonne raison que l’agriculteur connaissait ses bêtes et les chérissaient, qu’au lieu d’être nourries aux 0GM importées ou au maïs, elles broutaient ou picoraient paisiblement dans les prairies. Cette agriculture-là elle existe encore dans certains pays, ceux qui ont fait le choix de la préserver comme la Suisse mais pour combien de temps ?

Une autre argumentation fallacieuse serait que les pays dits « émergents » tels que la Chine et l’Inde vont être amenés à consommer de plus en plus de viande et vouloir de plus en plus de produits laitiers et qu’il faudra bien répondre à la demande et nourrir toutes ces bouches. Personne ne semble remettre en cause le bien fondé de notre mode de vie et alimentation modernes et la nécessité de les leur faire adopter. Est-ce que nous souhaitons partager avec nos amis chinois nos problèmes de diabète, d’obésité, de maladies cardio-vasculaires. Je suppose que oui, on pourrait ensuite leur fourguer, nos anti-hypertenseurs, nos médicaments en tout genre, nos recettes miracle pour maigrir, nos salles de gym avec en prime nos névroses liées à notre mode de vie.

Pour moi la réponse pour l’Occident serait plutôt de réduire de façon drastique notre consommation de viande et de produits laitiers, notre consommation de sucre et de commencer par interdire la publicité pour tous ces produits qui ruinent notre santé. Savez-vous que des études très sérieuses montrent que les anglais se portaient beaucoup mieux pendant la dernière guerre qu’aujourdhui ? Les anglais s’étaient remis à faire pousser leurs propres légumes, élever leurs volailles, le sucre étant rationné ils avaient moins de caries et comme ils devaient beaucoup marcher ou aller à bicyclette à cause du rationnement de l’essence, ils étaient en meilleure forme physique ! (voir)

Mais peut-être que la viande synthétique va sauver le climat de la planète ?

Je ne le pense pas non plus. Dr Post et consorts se basent continuellement sur l’élevage « moderne », c’est-à-dire des troupeaux de vaches enfermées la majeure partie de l’année nourries non pas à l’herbe mais au soja ou autres céréales. Alors évidemment il peut affirmer que les vaches ne sont pas efficaces et qu’il leur faut beaucoup de protéines végétales pour produire peu de protéines animales. Mais les vaches qui sont dans les prairies de nos montagnes et qui boivent l’eau des ruisseaux n’ont rien à voir avec ce système dit « inefficace ». C’est bien-là une argumentation biaisée pour nous faire avaler, c’est le cas de le dire, ce nouvel avatar du « progrès » tel que Barjavel nous l’avait décrit dans Ravage (voir notre article sur la viande reconstituée, aujourd’hui plus que jamais d’actualité).

La morale de cette histoire pitoyable : s’indigner et lutter toujours plus fort tous ensemble et avec tous les peuples du monde. La période actuelle est à la fois pleine de dangers mais peut-être aussi prometteuse de la volonté des peuples de donner le coup de butoir nécessaire au renversement de ce système gaspilleur, inefficace et suicidaire pour l’humanité et la planète qui l’abrite.

MD

 

 

SOURCE/  NPA COMITE GERS

Publié dans environnement

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