Etats-Unis, procès Zimmerman : un acquittement raciste qui secoue le pays

Publié le par dan29000

Procès Zimmerman: des jurées blanches pour acquitter l’assassin d’un jeune noir

 

L’acquittement de George Zimmermann, l’assassin du jeune adolescent de 17 ans Trayvon Martin en février 2012 en Floride, provoque aux Etats-Unis de nombreuses manifestations de colère lire la suite...

 

 

L’émotion est si vive que Barack Obama a appelé au calme. Dimanche, le président des Etats-Unis a déclaré: "Je sais que cette affaire a suscité des passions intenses. Au lendemain du verdict, je sais que ces passions pourraient s'intensifier. Mais nous sommes un Etat de droit, et un jury a parlé".

"Pire verdict"

Des marches se sont déroulées à San Francisco, Chicago, Washington, Atlanta, Philadelphie et New York. A Sanford (Floride), les manifestants ont exprimé leur colère à l'extérieur du tribunal. "C'est le pire verdict qu'on pouvait imaginer, et nous devons soutenir ceux qui croient en la justice et insistent sur la nécessité de poursuivre ce combat en paix", a affirmé le pasteur Quintin Faison, de l'église baptiste Church Rescue.

 

Si l’émotion face à ce qui est généralement considéré comme un jugement raciste demeure forte, de très nombreux étatsuniens à l’image d’une presse souvent lâche se réjouissent du dénouement de l’affaire et ne se cachent pas pour afficher leur satisfaction. La déclaration de Barack Obama «le jury a parlé» va dans leur sens. Sauf que l’assassin a été jugé en Floride, un des Etats les plus racistes des Etats-Unis, repère de la faune locale et régionale fascisante. Quant au jury qui «a parlé», il convient de préciser que cinq des six femmes qui le composait étaient blanches, la sixième d’origine non précisée. Bien entendu, pas noire.

Obama, la déception

Au lendemain de l’assassinat de Trayvon Martin, Barack Obama avait déclaré: «Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon». Le président US se réfugie aujourd’hui derrière le verdict d’un jury scélérat. Une attitude à l’image de nombreuses de ses promesses non tenues comme la fermeture du centre concentrationnaire de Guantanamo et la poursuite de la politique impérialiste en Amérique du Sud avec les coups d’Etat fomentés depuis Washington au Paraguay et au Honduras et autres tentatives de déstabilisation. Obama avait levé un immense espoir lors de sa première élection. La déception est du même niveau, si ce n’est plus.

Des voix commencent à s'élever pour que le département de la Justice se saisisse de l'affaire au niveau fédéral, au nom de la défense des droits civiques. Ne peut-on légitimement s’interroger: si Trayvon avait tué avec une arme à feu Zimmerman désarmé, quel aurait été le verdict?

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José Fort

 

SOURCE / L'HUMA

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