Face à face, de Gunnar Staalesen, chez Gaïa polar

Publié le par dan29000

Si l'on pense littérature nordique, viennent souvent à l'esprit quelques formidables auteurs dont on peut lire avec confiance tous les titres, Henning Mankell, Jorn Riel ou Arto Paasilinna.

Et quelques autres dont Gunnar Staalesen.

Gunnar Staalesen est une star en Norvège.

Est aussi une star dans ce pays, le héros qu'il a créé en 1975, Varg Veum, détective privé pas vraiment riche, amateur de jazz et d'aquavit. L'homme est particulièrement têtu, et aime comprendre, surtout quand il a des doutes.

Et dès le début de cette nouvelle enquête, la onzième, Veum a quelques doutes persistants quand il retrouve dans la salle d'attente de son bureau, un mort assis.

Cela pourrait ressembler à un suicide.

Mais était-ce bien un suicide ?

Pourtant, assez vite, notre détective va comprendre que cet étrange inconnu qui venait le rencontrer, enquêtait lui-même sur une affaire vieille de quatorze ans, située dans le nord de la Norvège. Le suicide d'une jeune femme.

Mais était-ce bien un suicide ?

Alors Varg Veum a une furieuse envie d'éclaircir tout cela. Ce qui va le mener à déterrer un passé qui ne passe pas vraiment dans cette ville de Bergen.

Bergen, une ville que Gunnar Staalesen connait bien, et pour cause, c'est la ville où il a vu le jour en 1947. D'ailleurs il la connait tellement bien qu'il a écrit plusieurs volumes sur elle (Le roman de Bergen : L'aube, Le zénith, Le crépuscule), des années 1900 à 1999.

Avec ténacité et intelligence, le privé va remonter dans l'histoire de cette ville, jusqu'aux seventies où existait un petit groupe d'étudiants radicaux vivant en communauté. La grande époque où se mélangeait marxisme, subversion et amour libre.

Avec brio, Staalesen embarque totalement son lecteur, à la fois dans un canevas classique,, celui du privé remontant lentement mais surement les chemins escarpés vers un terrible secret, avec un talent digne d'un Chandler, mais aussi en nous brossant un tableau de la société norvégienne, et de ses mutations. Des mutations subies, car la mondialisation ne s'arrête à aucunes frontières.

Et la Norvège n'est pas si lisse qu'elle pourrait paraître de prime abord.

Avouons-le, nous n'avions pas encore lu Staalesen.

La révélation est d'autant plus belle et donne envie de lire les autres sans attendre.

Tous ses romans sont disponibles chez Gaïa et en format poche chez Folio policier, dont "Comme dans un miroir" qui vient de sortir en septembre.

 

Dan29000

 

Face à face

Gunnar Staalesen

Traduit du norvégien par Alexis Fouillet

2013 / 304 p / 22 euros

 

 

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