Grèce : résister à la dictature de la Commission europénne en Europe

Publié le par dan29000

Non au retour de la dictature en Grèce (et non à la dictature de la Commission européenne en Europe)

 

par Pascal Fautrier

 

 

Je m'associe entièrement au texte proposé par Etienne Balibar : Sauf qu'il est urgent que les gens de la vraie Gauche se décident à fédérer les pétitions, à organiser des actions communes, à associer les simples citoyens, les partis existants (de la Gauche du PS aux écologistes en passant par le Front de Gauche et les petites formations d'extrême-gauche), les associations comme Attac ou le Collectif Roosevelt, les syndicats, les groupes isolés d'intellectuels, les médias indépendants comme Mediapart (qui organise une soirée de soutien aux Grecs mardi). Il me semble que la (vraie) Gauche ne parvient pas à rassembler par incapacité à surmonter l'éparpillement des actions, l'isolement de militants potentiels parce que règnent partout la méfiance dirimante, le soupçon généralisé, la haine interpersonnelle qui sont le symptôme le plus grave de cette société moribonde. Malade de ses élites hystériques, irresponsablement égoïstes et avides, tout le corps social est contaminé par ce nihilisme du découragement et du cynisme facile. Le Front de Gauche, qui est volonté de rassembler au-delà des (petits) partis existants est une initiative de rassemblement de toute la Gauche socialiste, communiste et écologiste, qui devrait être saluée comme volonté d'unité, et poursuivie. Rien ne se fera sans la construction patiente d'une nouvelle solidarité, d'une nouvelle fraternité, capable de surmonter les replis sectaires, les bureaucraties partisanes (on peut être des bureaucrates à quatre dans un local), les postures égotistes, les réflexes claniques, une nouvelle fraternité militante capable de rassembler tous les démocrates sociaux et écologistes, les militants socialistes et communistes ou trotskistes, tous ceux qui sont convaincus comme moi que le système de production mondial et le capitalisme financiarisé nous mènent à notre perte. La lutte contre la dictature de la Commission européenne et les ravages révoltants, les attaques contre la liberté et la dignité qu'elle est en train de produire commence avec le souci de l'unité de toutes les bonnes volontés qui veulent s'y opposer, et le souci de rassembler, d'offrir chaque fois les initiatives les plus unitaires possibles, celles capables d'associer le plus de monde possible. La vraie Gauche est, comme la société toute entière, malade de son émiettement. Elle est malade, et Jacques Rancière le sait bien qui a écrit un beau live pour le dire, de sa sa haine de la démocratie, de son incapacité à envisager un horizon d'unité, de fraternité, d'égalité entre tous. Il ne s'agit pas de recommencer à croire au Grand Soir, il s'agit de ne pas cesser de croire à ce qui fait la dignité de la vie humaine.

Mais comme ça va rapidement devenir une question de survie, j'espère que l'unité se dessinera - emportant, oui, il faut le souhaiter, des pans entiers de sympathisants du PS. Mais l'heure tourne, et aucune relève à gauche ne parvient à engranger dans les élections de manifestes progrès, tandis que l'extrême-droite, la droite ultra-conservatrice et autoritaire se renforcent et que les attentistes continuent leur collaboration pépère avec un système pseudo-démocatique à bout de souffle, chaque jour nous apportant la confirmation de sa profonde corruption, et de sa compromission avec les tentations oligarchiques les plus antirépublicaines (de l'Affaire Tapie à l'Affaire Cahuzac, en passant par l'Affaire Guéant-Sarkozy). Faisons attention à ne pas être les complices d'une catastrophe annoncée - et pas seulement en Grèce.

 

 

 

SOURCE / MEDIAPART

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