JJ Cale est parti, le rock cool est en deuil

Publié le par dan29000

Cela faisait déjà de longues décennies que ce type enchantait nos oreilles, loin des fracas du hard-rock, loin des paillettes du show biz américain. Et pourtant, de l'Amérique, il nous parlait à chaque album... Une quinzaine en près d'un demi-siècle de carrière.

Il était facile de ne pas le connaître, car ses concerts étaient plus que rares. Et le loup solitaire de Tulsa fuyait la publicité. La publicité, la notoriété, la frime étaient pour lui le contraire de la musique... Et l'homme vivait pour la musique.

Un homme qui était du genre, moins j'en fais mieux je me porte.

Mais il faisait dans la qualité, et donc dans la rareté. Pas besoin d'être chaque mois dans la rubrique "People" comme pas mal de rock stars... On citera pas de nom...

Chanteur, auteur, compositeur, et guitariste délicat, il était une référence pour beaucoup, d'Eric Clapton à Mark Knopfler en passant par Neil Young ou Paul Simon. En écrivant cet article au cœur de l'été, j'écoute Grasshopper, un bel album qui s'ouvre sur City girls et enchaîne sur Dowtown L.A... Un des meilleurs CD de l'année 1982, à écouter tranquilos devant un Southern Comfort ou un DR Pepper bien glacé lors d'un été torride dans une bourgade rurale. Quatorze chansons, courtes, un peu bluesy, un peu jazzy, avec un zeste de folk, et surtout pas trop de notes entre les textes. Moins il y a de notes, mieux cela sonne, comme disait Miles Davis... Et puis l'heure de la sieste n'est jamais loin, alors faut s'économiser, pas trop en faire.

Ce que certains lui reprochaient. Ils n'avaient rien compris au bonhomme.

Pour être acteur de son destin, le vieux faisait tout lui même, jusqu'à enregistrer ses albums, étant ainsi certain d'éviter les cadences infernales des requins de la profession débitant du rock à la pelle mécanique...

Dans chacune de ses chansons, il y avait une tonalité, une tranquillité, une chaleur, du soleil, sans le moindre artifice, des petites histoires à la John Fante, tendance "Ask to the dust". Pas de plan de carrière pour lui, juste une vie entière consacrée à écrire des phrases et des notes durant des semaines et des mots, et à la fin cela faisait parfois un tube comme Cocaine, que presque tout le monde a chanté ensuite un jour ou l'autre.

L'homme, au-delà du chanteur et du songwriter, était modeste, paisible et c'est pourquoi nous l'aimions beaucoup depuis tant d'années où il accompagna si bien nos vies...

Dan29000

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