Marseille : retour sur la marche des habitants contre la violence

Publié le par dan29000

Les quartiers de Marseille contre la guerre sociale

 

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Samedi, des habitants des quartiers nords de Marseille ont marché de la Gare à la Préfecture. Contre la violence et pour l’égalité dans les quartiers populaires.

Il n’est pas fréquent de voir des habitants des périphéries malmenées s’organiser pour venir porter, en dehors de toute structure politique, leurs revendications sociales dans les rues du centre-ville. C’est ce qui s’est passé à Marseille ce samedi. A l’appel du collectif du 1er juin, un collectif de citoyens des quartiers populaires qui a pris forme ces dernières semaines, un bon millier de personnes ont marché, sous le soleil et dans des rues balayées par un léger mistral, des escaliers de la Gare Saint-Charles à la Préfecture. Cette traversée du centre-ville, croisant la Canebière et passant devant le commissariat central de Noailles, a été suivie de près par les politiques régionaux de l’étape et commenté, avant et après, par les médias dont beaucoup ont choisi de se focaliser sur le très consensuel « assez d’enfants morts dans nos quartiers ! ».

C’était, de fait, l’un des axes forts de cette marche, notamment mis en avant par des mères vivants dans ces cités de Marseille où, ces dernières années, les règlements de compte liés à des histoires de trafic, ont coûté la vie à plusieurs dizaines de jeunes. « Nous refusons toutes les violences qui endeuillent nos quartiers (...) Nous ne supportons plus les trafics de drogue sans aucun moyen de prévenir, de résister et de soigner » est-il écrit dans l’appel du collectif, intitulé « Quartiers populaires : nous sommes tous des marseillais. Egalité des droits et des traitements pour tous et partout », à retrouver sous forme de pétition, ici.

Sincère et profond, ce cri d’alarme des « mamans » a permis a certains commentateurs de passer sous silence, ou presque, la teneur sociale et donc politique des revendications du mouvement. L’appel rappelle pourtant que « la dérive et la banalisation de la violence ne sont que la résultante d’un profond malaise social ». « Nous ne supportons plus les discriminations à notre égard et celui de nos enfants. Nous ne supportons pas les inégalités face à l’école et la formation des jeunes, l’emploi, la maladie et les difficultés de la vie, simplement parce que nous vivons dans des quartiers qui ont été volontairement abandonnés et qui se sont transformés en ghettos, engloutissant notre confiance et nos combats ! (...) Nous ne sommes pas responsables du chômage, de la pauvreté, de l’échec scolaire, des logements délabrés, des quartiers délaissés, des services publics dépassés, de l’absence de jardins d’enfants, d’équipements sportifs et culturels pour les adolescents, de l’absence de traitement adapté pour lutter contre le chômage et pour la formation des jeunes de nos quartiers ; autant de violences quotidiennes. »

Un message plutôt clair et qui, la campagne pour les municipales de 2014 ayant déjà, de fait, commencé à Marseille, n’a pas laissé insensible les principaux candidats à la primaire socialiste. Tou-te-s étaient présents et visibles, ministre compris, mais suffisamment malin et/ou décent pour ne pas trop la ramener. Marie-Arlette Carlotti, Eugène Caselli, Samia Ghali, Patrick Menucci, Henri Jibrayel... on a pu les croiser au détour d’un panneau proclamant « Va te faire intégrer » ou d’une banderole portant haut les couleurs d’un quartier (Font-Vert, Bassens, les Flamands, la Busserine...). La veille, leur camarade socialiste du ministère de l’intérieur Manuel Valls avait fait une tournée dans les quartiers nords de la ville qui s’était moyennement bien passée. Sébastien Barles d’EELV et du collectif des Gabians, en compagnie - par hasard semble-t-il- de Dominique Voynet était également à la marche. De nombreux militants du NPA et du Front de gauche aussi, tout comme Jean-Marc Coppola, candidat présumé du Fdg aux municipales. Le matin même, le rassemblement pour la VIe République n’avait lui rassemblé qu’une centaine de personne. Sans surprise, la droite, au pouvoir à Marseille depuis 1995, brillait par son absence.

En fin d’après-midi, une délégation du collectif a remis aux autorités de la Préfecture un document contenant 23 propositions pour les quartiers. Du grain à moudre pour tout le monde.

 

 

SOURCE / REGARDS.FR

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