Mimizan : la corrida, basta !

Publié le par dan29000

Corrida Basta !

Le 24 août prochain, le Maire de Mimizan, Christian Plantier, au mépris de la loi va autoriser la corrida dans sa ville cédant ainsi aux pressions exercées par le lobby des taurins pour un nouveau « spectacle ».
Deux protestataires sont en grève de la faim, mettant leur vie en danger. Une militante du réseau de défense des animaux Animavie et le président de l’association sont en grève de la faim depuis quinze jours pour protester contre une corrida prévue le 24 août à Mimizan, dans les Landes.


Dans le sud-ouest les politiques institutionnels restent très discrets. La tauromachie, sous couvert de la « tradition », du « patrimoine », d’ « art » et ne l’oublions pas de l’emploi (!) est surtout un lobby puissant qui peut s’assurer sinon de l’appui actif, en tout cas de la bienveillance de nos « élus » ; pour ne citer que quelques uns dans la région : Philippe Martin, Jean Glavany par exemple et Manuel Valls, notre flic national.
En ce qui concerne Philippe Martin notre nouveau Ministre de l’écologie, qui a récemment promené François Hollande sur « ses » terres en vue des prochaines élections, son écologie, on le verra à l’usage pourrait être à géométrie variable. En tous le bien-être animal ne semble pas le concerner. Rappelons-nous ses déclarations sur l’élevage des poulets industriels :
Je ne suis pas contre l’élevage industriel, nous ne sommes pas au pays des Bisounours, mais pourquoi ici, où nous avons mis tant d’années à construire l’image d’une volaille de qualité ? Je sais déjà que certains terroirs concurrents n’attendent que ça pour nous voler dans les plumes.
En tant que député, il est, en effet, très officiellement inscrit dans trois groupes de l’Assemblée nationale :
le groupe d’études sur la chasse, qui rassemble 210 députés prônant tout ce qui peut favoriser la chasse en France et dont il était encore le Secrétaire au moment de sa nomination en tant que ministre
le groupe des 55 députés qui disent soutenir activement la corrida,
et le groupe des 71 députés initiateurs de la loi du 6 janvier 2006 déclarant le gavage “patrimoine culturel”.

Durant l’Université d’été du NPA 2009, un atelier extrêmement intéressant avait été organisé par la Société Louise Michel et notre camarade Pierre Rousset, intitulé : L’homme, cet animal humain, et la question des droits des animaux – Humanisme et bien-être animal. Nous vous en proposons un extrait et vous pouvez lire le compte-rendu complet ici.

IV. La souffrance animale (causée par les humains)

Les animaux (et les bébés) souffrent-ils ? Il n’y a pas si longtemps, de bons docteurs et scientifiques prétendaient que non, car leur système nerveux n’était pas assez développé… Il a fallu des courbes électriques pour « prouver » l’évidence : ils souffrent bel et bien. L’observation naturaliste avait permis de répondre à cette question longtemps auparavant, mais son apport est peu reconnu comme si pour « faire science », il fallait nécessairement en passer par des courbes, des graphiques et des formules mathématiques – comme si le laboratoire (certes plus confortable) était un point d’observation privilégié en lieu et place du terrain.

Les multiples types de maltraitance, observés personnellement ou notés dans la presse :

Je voudrais passer en revue quelques exemples des souffrances que nous infligeons aux animaux – sans chercher à être exhaustif. [21]

* Le cochon souffre-douleur. Je n’oublie pas ce village alpin où, chaque soir, un paysan battait ses cochons. Certains diront qu’il vaut mieux battre ses cochons que sa femme (ce qui ne convaincra pas nos porcs), mais on peut fort bien battre les deux…

* La poule-pondeuse, le poulet ébecqué et le veau atrophié des ferme-usines – tous physiquement et psychologiquement emprisonnés pour assurer une meilleure rentabilité de la production en chaine.

* Le cheval qui se meurt de surexploitation et agonise une fois la saison touristique passée.

* Le mouton asphyxié dans les transports commerciaux – et les milliers d’animaux « exotiques » destinés à nos cages et aquariums qui ne survivent pas au voyage transatlantique.

* Le chien à l’abandon pour cause de départs estivaux (une terrible trahison !).

* Le cerf (ou le renard) la meute canine aux trousses jusqu’à ce que mort s’ensuive – quitte à égorger le cervidé dans le jardin d’un protecteur de la nature qui ne peut s’opposer à la meute humaine, protégée par la loi.

* Le rapace (ou le renard) prisonnier des mâchoires métalliques du piège posé, lui, en toute illégalité.

* Les oiseaux migrateurs, particulièrement vulnérables dans leur grand périple, décimés par la chasse.

* L’hirondelle et le martinet « nettoyés » des façades au nom de la « propreté ».

* L’outarde canepetière – un gallinacé à la parade nuptiale fascinante – chassée à jamais de son site de nidification (pourtant protégé) par la tenue de 3 (trois !) « raves-parties » successives : c’était en 2004, 2005 et 2006 au camp de Marigny, le seul site de nidification stable de cette espèce en Champagne-Ardennes (dernière région à accueillir la Canepetière à l’est de Paris).

* Les sternes de Dougall (une espèce protégée devenue très rare sur nos côtes) chassées à jamais de l’ilot (protégé lui aussi) du golfe du Morbihan où elles nichaient parce qu’un producteur télé voulait filmer l’atterrissage d’un hélicoptère au milieu d’une colonie d’oiseaux de mer – et en a reçu l’autorisation ! Merci monsieur le préfet.

* Le chiot boxé par un personnel de laboratoire sadique, filmé à la vidéo en Grande-Bretagne.

* Le lapin à qui l’on injecte des produits dans les yeux pour tester… des cosmétiques (cela s’appelle le test de Draize).

* La crevette des grands fonds marins rendue (elle aussi) aveugle parce que des chercheurs ont braqué des projecteurs éblouissants sans se poser de question – si j’ai bien compris. A quoi pensent donc les scientifiques ?

* La plus inoffensive des araignées, écrasée pour les peurs qu’elle réveille chez l’humain.

* La baleine victime des sonars militaires, désorientée, échouée mourante sur une plage.

* Le Pygargue à queue blanche (un aigle pêcheur) aux œufs fragilisés par empoisonnement.

* La multitude victime de la destruction des habitats et de nos pollutions – qui ne sont pas bonnes non plus pour les humains…

* Que nous apprend Mago, « mon » chat d’appartement ? L’intérêt du cas du chat est qu’il est devenu aussi familier qu’un chien, mais n’a jamais été dressé (l’intérêt du chien est que loup, il vivait en meute, en société). Disons que ce félin et nous, humains, avons connu une domestication réciproque. L’appartement est devenu le milieu vital d’un chat comme Mago, dont la grande sortie consiste à inspecter la cage d’escalier et à écouter ce qui se passe chez les voisins (il reste très discret sur ce qu’il apprend).

L’appartement doit donc lui offrir un espace où se déplacer dans trois dimensions (notre solide table de bois lui permet ainsi de se déplacer dessus, dessous mais aussi d’arpenter à mi-hauteur les chaises comme un chemin de ronde d’où il observe sans être vu). La possibilité de piquer un sprint. Des plantes. Des recoins où il peut disparaitre (et d’où il peut attaquer nos mollets), des lieux de replis…

Le respect, la protection ou la reconstitution des habitats est l’un des premiers devoirs des humains envers les autres êtres vivants – qu’ils soient familiers ou sauvages.

* Que nous apprennent les têtards martyrs du parc des Beaumonts (Montreuil, 93) ? Dans le cadre d’une démarche « nature en ville », une zone humide a été créée au parc des Beaumonts à Montreuil (93). [22] Les batraciens ont commencé à prospérer dans la « mare perchée », permettant d’observer, en pleine zone urbaine, le cycle de vie qui va de la ponte au crapaud ou à la grenouille adulte – une petite merveille. Le printemps dernier, les familles sont venues en rondes incessantes pour… ramasser les têtards, les fourrer dans des bouteilles, leur faire dévaler la cascade ou les ramener à la maison. Faute de personnel éducatif sur place, un lieu de découverte est devenu une usine à produire des jouets vivants – et gratuits !, donc cassables : des milliers de têtards en sont morts.

Le plus frappant, c’est que certaines de ces « familles prédatrices », genre « moderne et diplômé », ont probablement voté Europe écologie aux récentes élections européennes. Comme quoi, le combat pour le respect du vivant et contre la souffrance animale ne se gagne pas en un printemps.

Une dernière anecdote. J’expliquai un jour à un ami que s’il piqueniquait sur un versant montagnard et voyait un traquet motteux s’agiter inlassablement sur une pierre non loin, c’est probablement que sa présence empêchait l’oiseau de venir nourrir sa nichée. Il s’est exclamé « Si on ne peut plus manger tranquille un sandwich… ». C’est vrai qu’être attentif et conscient des conséquences de ses actes peut être pesant… mais c’est aussi très enrichissant : un monde caché apparait.

* Dans la plupart de nos pays (riches), la chasse a subi une transformation radicale. Elle n’est plus que marginalement une activité de subsistance. Elle est pour l’essentiel devenue un loisir. On tue donc par loisir, par plaisir. On fusille l’oiseau d’eau des meurtrières d’une casemate. On érige des barrières de feu sur des cols empruntés par les migrateurs ou autour des zones humides protégées…

* Le raffinement et la culture sont souvent invoqués pour justifier les pires cruautés. C’est le cas chez nous de la corrida offrant le spectacle d’un taureau massacré par les picadors ou, en Chine, de quelques traditions culinaires « élitistes » (manger le cerveau d’un singe vivant par exemple).

* Culture et loisirs sont aussi source d’aveuglement (in)volontaire, où l’on ne veut pas voir ce qu’inflige de souffrance un cirque animalier. [23] Rappelons l’exemple de Mago-le-chat. Notre appartement de 71 m2 ne lui offre pas un « arbre » artificiel lui permettant de grimper au plafond ; il y est (presque ?) à l’étroit. Certes, notre félin est un gros matou (7 kg). Mais imaginez en comparaison le sort d’une panthère trimbalée de ville en ville dans une cage de cirque…

Tout cela pour conclure que la lutte contre les souffrances multiformes infligées aux animaux exige une véritable révolution culturelle, un élément d’une révolution culturelle globale portée par la question écologique et le combat contre les oppressions.

 

SOURCE / NPA 32

Publié dans environnement

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