Nucléaire : quand les installations de Areva Tricastin bafouent la réglementation "post-Fukushima"

Publié le par dan29000

ASN : Toutes les installations de Areva Tricastin bafouent la réglementation "post-Fukushima"

 

 

2008-10-25_Tricastin_manifestation_Civilisation.jpgPas moins de 6 "mises en demeure" viennent d'ébranler Areva, ce monstre au pied d'argile du site nucléaire du Tricastin, compagnon fidèle de ses compères nucléocrates EDF et CEA. L'ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) commencerait à en avoir assez de se faire balader de mois en mois, d'année et année par cet Etat dans l'Etat qui ne respecte ni la législation, ni la règlementation, ni le code de l'environnement et met en danger permanent les populations, les travailleurs et territoires. Sont épinglés : Areva NC, EURODIF, Georges Besse II, SET, FBFC, Socatri, Comurhex.

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AREVA et ses filiales n'aiment pas être prises les mains dans le sac de l'illégalité et de leurs petites combines visant à échapper à leurs obligations - même limitées - de sécurité*. Depuis plus d'un an, depuis le 26 juin 2012 exactement, Areva se tord les boyaux et s'amuse des prescriptions incontournables formulées par l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) de mettre en œuvre, au moins provisoirement, des dispositions pour être à même de gérer des situations d’urgence tel un séisme ou une inondation (nommé dans le jargon technocratique "aléa naturel extrême"). Le site du Tricastin ayant été installé judicieusement par les grands penseurs "techniciens et ingénieurs les meilleurs du monde"... sur une zone sismique et à risque d'inondation : il y a effectivement de quoi s'amuser pour les nucléocrates.

Vue_Generale_site_nucleaire_Tricastin_France_800_copie.jpgLes filiales Areva et la maison-mère qui exploitent plusieurs installations sur les sites du Tricastin, ainsi qu'à Romans-sur-Isère (Drôme) pour la FBFC, refusent ainsi d’améliorer leurs moyens de gestion des situations d’urgence dans le cadre des actions découlant de la catastrophe nucléaire pérenne de Fukushima-Daïchi depuis le 11 mars 2011. Ce que les cyniques nomment "le retour d'expérience".

L’ASN en aurait, comme on dit, un peu "marre" que les exploitants EURODIF Production, COMURHEX, SOCATRI, SET du site du Tricastin et FBFC également présent sur le site nucléaire de Romans-sur-Isère, toutes des filiales d’AREVA NC, lui fassent des pieds de nez. Et, sentant la suite logique venir, l'Autorité sort le parapluie pour ne pas être accusée à son tour de la co-responsabilité d'un accident. Pourtant ce soi-disant "gendarme du nucléaire" ne se montre pas d'une violence extrême puisque les solutions définitives - et non plus provisoires - pour la gestion de ces situations d’urgence doivent être mises en œuvre avant ... le 31 décembre 2016. Autant dire que la violence de l'injonction n'est pas, elle, extrême. Le risque et le danger, eux, oui. Mais comme les dispositions provisoires devaient être, elles, bouclées et opérationnelle pour le 30 juin 2013 : le compte n'y est pas.

explosion-et-colonne-de-fumee-a-tricastin.jpgAucune des installations nucléaires du Tricastin ne possède donc de locaux et de moyens d’urgence résistant à des situations extrêmes. Bien qu'ici ont s'amuse tous les jours avec l'uranium : on fait de la conversion de minerai venu à 100% de l'étranger, de l’enrichissement physico-chimique, de l’entreposage de mort et de la fabrication de combustibles qui alimenteront ensuite les réacteurs nucléaires d’EDF. Tout ça est stocké sur place, apporté, renvoyé et transite par la route et par le rail et traverse les régions françaises en tous sens à longueur d'années.

Illustrant la domination du lobby nucléaire sur le pays et ses habitants, AREVA a envoyé aux pelotes ses propres propositions transitoires. Elle les avait transmis à l’ASN le 28 juin 2012 mais, un an plus tard le 26 juin 2013, elle propose par courrier d’autres dispositions que celles initialement prévues, et évidemment avec de nouvelles échéances et bien sûr sans apporter de justification. Et un an de gagner ! Et un an de profit en plus ! et un an de risque en plus sur le dos des travailleurs et des populations. "On est les plus forts", "on est les maîtres dans ce pays", "on fait ce qu'on veut" !

L'ASN n'a plus que ses yeux pour pleurer et constater que les dispositions des décisions du 26 juin 2012 ne sont pas respectées par AREVA. Mais qui s'en étonnerait lorsque l'on fait le bilan terrible de tous les dysfonctionnements, incidents et accidents survenant à longueur d'année sur le site du Tricastin, poubelle nucléaire que le pouvoir ne ferme toujours pas.

 

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