Retour sur les néo-fascistes

Publié le par dan29000

L'extrême-droite néofasciste avec les "anti-mariage" : le cas "Jeunesses Nationalistes"

 

Zoom sur les extrêmes-droites que les mouvements réactionnaires anti-égalité et anti-Hollande, anti-gauches, accueillent bien volontiers dans leurs rangs : le cas "Jeunesses Nationalistes".

 

NB : Les JN ne sont pas les seuls, loin de là, dans la mouvance ultra-ultra droite, à prendre part au mouvement actuel. Des groupes qui évoluent aux marges du Front National, aux marges de l'UMP aussi . Voir :

- Le Monde / Droites extrêmes : Derrière le Printemps français, l’influence de l’institut Ichtus

- Rue89 : Ex-para, ultracathos et fachos : les visages du Printemps français

- Libération : Qui se cache derrière le label «Printemps français» ?

- Rue89 :Mariage homo : en sous-main, le FN rejoint le « combat culturel »

- Nouvel Obs : Mariage homo : la galaxie des groupuscules extrémistes

- Médiapart, ici, sous l'article des Inrocks : L'ex-para qui radicalise la « Manif pour tous »

 

Lorsqu'on les questionne sur la présence à leurs côtés de groupes comme les "Jeunesses Nationalistes", les porte-parole des nébuleuses "Printemps Français" ou de l'auto-proclamée "Manif pour Tous", ou qu'on interroge des UMP tel le député du Vaucluse Mariton, ils minimisent, essaient de s'en sortir en parlant de "nationalistes".

Un mot pudique pour masquer les convergences avec un mouvement purement et simplement fasciste. Aperçus ci-dessous. Et ensuite, un article des Inrocks.

Voir aussi Le FN et ses relations avec le fasciste Gabriac et ses amis : un autre cas révélateur

 

Juin 2010, à Lyon Alexandre Gabriac, (chemisette blanche à droite) avec ses troupes.

 

28 avril 2012, un rassemblent en Italie, "en hommage" à Mussolini. Alexandre Gabriac, leader des Jeunesses Nationalistes, faisant le salut fasciste. Croix celtique et Chemise bleue, "l'uniforme" de l'Oeuvre Française, inspiré des Chemises Noires des facsistes mussoliniens et des Chemises Brunes nazies.

 

29 septembre 2012, Paris. Tentative de manifestation des Jeunesses Nationalistes

 

 

7 octobre 2012, devant une salle de prière musulmane en construction Beauvais. Benedetti, Gabriac, Thomas Joly ("Parti de la France", ancien responsable FN) et des crânes rasés du coin, les "Picard Crew".

 

Les Inrocks, 16/04/2013 :

Les Jeunesses nationalistes, les ultras de la Manif Pour Tous

 

Le 12 mai 2013, les franges des extrême-droites les plus radicales, aux marge du FN, seront de nouveau de sortie pour leur manif rituelle annuelle. (Photos RLF)

Retour sur les Jeunesses nationalistes, les ultras qui tentent de radicaliser le mouvement anti-mariage gay.

« La France aux Français ! », « Hollande démission ! ». Le vendredi 5 avril, lorsqu’Erwann Binet entre dans la salle d’un amphithéâtre de la faculté de Saint-Etienne, le rapporteur du projet de loi sur le mariage homosexuel comprend vite qu’il ne pourra pas tenir sa conférence. Emmenée par leur leader, Alexandre Gabriac, une petite dizaine de militants d’extrême droite en Bombers monte sur les tables et brandit des affiches sur lesquelles on peut voir un nom : celui des Jeunesses nationalistes – et un symbole – un aigle d’inspiration fasciste tenant dans ses griffes un faisceau et une couronne de lauriers.

Fondateur des Jeunesses nationalistes, Alexandre Gabriac, 23 ans, a été exclu du FN en avril 2011 pour avoir fait un salut fasciste. Yvan Benedetti, 48 ans et ancien bras droit de Bruno Gollnisch, a connu le même sort en juin 2011. Les deux appartiennent à L’Œuvre française, un groupuscule d’extrême droite radicale pétainiste fondé en 1968 par Pierre Sidos.

Les troupes de choc de Pierre Sidos

D’un an plus âgé que Jean-Marie Le Pen, Pierre Sidos est une figure tutélaire de l’extrême droite française. Il est à l’origine de plusieurs mouvements nationalistes violents : Jeune nation, fondé en 1949 et dissous en 1958 ; Occident, actif de 1964 à 1968 ; et L’Œuvre française. Ses ennemis sont “les Juifs et les bolcheviks”, son symbole est la croix celtique, et son uniforme un ensemble veste bleue, chemise blanche, cravate rouge. Surnommée « Eglise de la Sidologie » par ses détracteurs, considérée comme le dernier carré des pétainistes par ses fidèles, l’organisation cultive une discipline et une constance rares dans l’extrême droite française.

Appliquant la discipline bolchévique au combat nationaliste, L’Œuvre française produit des cadres de qualité, bien plus structurés politiquement que ne le sont ordinairement les militants d’extrême droite. Ses membres ont une obligation totale et permanente de dévouement à la structure, qui prime sur leurs vies sociale et professionnelle. Véritables lambertistes de l’extrême droite, les militants politiques de L’Œuvre française ne sont pas parvenus à contrer l’ascension de Marine Le Pen après une opération d’entrisme. Une fois élue, cette dernière a tout fait pour les exclure du Front national « dédiabolisé » qu’elle entendait incarner.

Le retour à un activisme radical

Évoluant désormais en marge du Front national, L’Œuvre française a renoué avec un activisme violent. En février 2012, Pierre Sidos a quitté la présidence du mouvement pour en confier les rênes à Yvan Benedetti. Quadragénaire au visage sévère, passé par les parachutistes, Benedetti se définit comme un « soldat politique ». Pour recruter ses troupes, il a décidé de moderniser l’image de L’Œuvre française en incitant Alexandre Gabriac à créer sa propre structure : les Jeunesses nationalistes.

« Pour parler aux jeunes, il faut des jeunes, explique Yvan Benedetti. L’Œuvre, c’est notre école des cadres, les Jeunesses nationalistes, notre mouvement de jeunes. Nos actions sont très complémentaires. »

La création des Jeunesses nationalistes répond également à d’autres objectifs. « Outre le fait de déringardiser l’image de L’Œuvre française et d’attirer des jeunes, cela permet également d’éviter une dissolution, analyse l’historien Nicolas Lebourg. Si les Jeunesses nationalistes sont dissoutes en raison d’un activisme trop radical, L’Œuvre ne sera pas impactée ».

Le rêve d’un coup d’Etat fasciste

Militants les plus radicaux parmi les anti-mariage gay, les Jeunesses nationalistes tentent de faire déborder la Manif pour tous. Un activisme qui est leur marque de fabrique depuis plus de soixante ans. Le 7 novembre 1956, une manifestation populaire avait été organisée sur les Champs-Elysées pour protester contre l’intervention soviétique en Hongrie. A l’époque, Pierre Sidos et ses troupes avaient réussi à détourner une partie du cortège vers le siège du Parti communiste. L’immeuble est alors attaqué, un étage est brûlé, on relève quatre morts et un grand nombre de blessés.

Aujourd’hui, Yvan Benedetti perpétue cette longue tradition. «Nous sommes passés en mode Blitzkrieg, les ACP (Action coups de poings ndlr) se multiplient . Je crois qu’on a trouvé le bon équilibre entre les interdits que l’on transgresse et les risques juridiques que cela entraîne. On agit de manière très réfléchie », explique-t-il.

L’objectif de ces militants contre-révolutionnaires va bien au-delà du mariage gay. « Le mariage gay n’est qu’une ligne dans la longue liste des mauvais coups portés à la famille. Le fruit est pourri mais l’arbre l’est aussi. On préconise de couper l’arbre », confie sans détours Yvan Benedetti. L’Œuvre française n’a jamais renoncé à son rêve d’un coup d’État fasciste. Plus que nul autre, Yvan Benedetti et ses troupes se sont appropriés la doctrine du fondateur de la Phalange espagnole, José Antonio Primo de Rivera, qui affirmait : « La révolution est l’œuvre d’une minorité résolue, inaccessible au découragement. »

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Mediapart, le 08 avril 2013 | Par Karl Laske et Marine Turchi et Mathieu Magnaudeix‏ :

L'ex-para qui radicalise la « Manif pour tous »

 

Jusqu'où vont-ils aller ? Le groupuscule « Printemps français », émanation radicale de la “Manif pour tous” de Frigide Barjot, a organisé dans la nuit de samedi à dimanche une opération coup de poing contre le « Printemps des assoces LGBT » (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), à l'espace des Blancs-Manteaux, dans le Marais, à Paris. Sur une vidéo de leur action, ils apparaissent masqués après avoir vandalisé la façade du lieu.

Devant l'espace des Blancs-Manteaux, dimanche.© Capture d'écran de la vidéo du Printemps français.

Le « Printemps français », ce “mouvement dans le mouvement”, s’est illustré lors de la manifestation du 24 mars, en participant aux tentatives d’entrée en force sur les Champs-Élysées (lire notre article). La “Manif pour tous”, le collectif de Frigide Barjot, fonctionne comme une structure gigogne, de laquelle a émergé ce groupuscule (en écho aux printemps arabes selon ses organisateurs). Mené par une dizaine de personnes, il a surgi après la mobilisation du 13 janvier, sur la blogosphère d’extrême droite (notamment au sein de la frange catholique traditionaliste), puis via le site printempsfrancais.fr. Son objectif : forcer le gouvernement à abandonner son projet de loi sur le mariage pour tous. Et peut-être un peu plus. Pour certains radicaux, la « Manif pour tous », c’est apparemment l’insurrection qui vient...

Philippe Darantière.© Capture d'écran du portail de l'IE.

Un homme incarne cette radicalisation : Philippe Darantière, qui dirige dans l'ombre le « Printemps français ». « En 2013, La Manif Pour Tous est près de faire vaciller le gouvernement de François Hollande », a-t-il pronostiqué. Ancien officier parachutiste de 52 ans, reconverti dans l’intelligence économique, il a impulsé les débordements de la manifestation du 24 mars, visant à envahir les Champs-Élysées. Les affrontements avec les forces de l'ordre n'avaient, semble-t-il, rien de spontané.

Mediapart en a retrouvé la preuve dans une tribune publiée par Darantière sur le site Nouvelles de France, cinq jours avant les incidents : « Il serait pittoresque de voir le préfet de police de Paris prendre le risque de livrer la capitale au chaos de centaines de milliers de manifestants se massant dans les rues, saturant ses capacités de maintien de l’ordre et pressant de toute part les barrages de police qui prétendraient interdire l’accès aux Champs-Élysées… », écrit-il le 20 mars, prenant acte de l’interdiction préfectorale.

Le 24 mars, la première vague de manifestants, environ 200, qui tente de forcer les barrages est issue des milieux catholiques traditionalistes. Ceux-là mêmes que mobilise le « Printemps français ». Les militants de Renouveau Français – groupuscule nationaliste, catholique, contre-révolutionnaire qui combat le « lobby homosexualiste » –, ceux du GUD-Lyon et des anciens du GUD (Groupe Union Défense), s’y agrègent par la suite.

http://www.youtube.com/watch?v=Fg6zbnnMlXo&feature=player_embedded


Dans sa tribune du 20 mars, Philippe Darantière appelle également à « livrer la contre-offensive sur le terrain de l’influence, de la reconnaissance et de la coercition ». La coercition ? « On objectera qu’une telle réaction de La Manif pour Tous serait illégale. C’est une fausse analyse. La logique même du rapport de forces est de contraindre l’autre partie par l’imposition de sa supériorité. À cette étape, tout est affaire de bluff et de contrôle de ses nerfs. »

Illustration diffusée par des militants du "Printemps français"

Officiellement bien sûr, le « Printemps français » est mené par Béatrice Bourges, évincée du porte-parolat de la “Manif pour tous”. Présidente du “Collectif pour la famille” – qui regroupe « 79 associations françaises de défense du mariage et de la famille » et est engagé dans des combats anti-mariage pour tous depuis 2007 –, ancienne candidate divers droite aux législatives de 2012 à Versailles, Béatrice Bourges est proche de Christine Boutin, qui s’est effondrée, victime des lacrymogènes, le 24 mars, alors qu’elle s’approchait des barrages de police.

C'est pourtant bien Philippe Darantière qui tire les ficelles du mouvement et en détecte les faiblesses, ainsi que les perspectives. « La première faiblesse tient à une méconnaissance des principes du rapport de forces », explique dans sa tribune l’ancien para, qui suggère de ne pas oublier « le pouvoir coercitif », « qui s’exerce par la capacité de mobilisation et, si nécessaire, de blocage ». « La seconde faiblesse tient à la structuration du mouvement, ou plutôt à son absence de structure », relève-t-il.

 

 

« Les actes du Printemps français pourrissent notre mouvement »

 

Catholique traditionaliste, présenté par son éditeur comme un militant « engagé dans le combat pro-vie et la défense de la famille », Darantière réclame, dans un livre écrit en 2005, une « action politique catholique » (voir ci-contre). Selon sa fiche Linkedin, il travaille comme « expert en relations sociales et syndicales », après « trente années d'expérience en prévention des risques et des crises », en qualité de « directeur des études chez IST Social Entreprises », une « société de conseil, études et formation en relations sociales et sociétales ».

L’Institut supérieur du travail est en réalité une structure liée au patronat de la métallurgie, bien connue pour avoir assuré la reconversion de nombreux militants d’extrême droite. Mais Darantière a surtout été commandant de compagnie de l'armée française et instructeur en opérations extérieures, en Afrique et dans l’océan Indien, ce qui lui vaut de solides amitiés dans les milieux mercenaires, et parmi l’équipe du célèbre Bob Denard, auteur de deux coups d’État aux Comores. Par la suite, il a rejoint l’équipe de Philippe Legorjus, l’ancien chef du GIGN passé au privé après l’affaire d’Ouvéa, comme « directeur des projets » chez PHL consultants (de 1991 à 1994), puis « directeur associé » d’Atlantic Intelligence (de 1995 à 2001).

Le « Printemps français » intègre aujourd’hui deux mouvances. D’un côté, une tendance ultra, qui souhaite renverser le gouvernement et estime que le Front national les a laissé tomber en désertant le combat contre le mariage pour tous (lire notre article). De l’autre, une tendance qui souhaite jouer la carte Christine Boutin aux municipales en 2014, et veut obtenir le maximum d’élus avec le parti chrétien démocrate (PCD). Si le FN ne prend pas part à ce mouvement, le député d’extrême droite (ex-FN) Jacques Bompard y est lui impliqué.

Selon Darantière, l’atout de la « Manif pour tous » est « celui des provinces ». Évoquant les « 70 manifestations » organisées par le collectif dans toute la France entre le 17 novembre et le 8 mars, le « demi-million de manifestants » envoyés à Paris le 13 janvier et les « 200 rassemblements » en France le 2 février, l’ancien para expliquait que les « provinces » étaient « le réservoir des manifestants du 24 mars ». « Leur détermination peut faire la différence », pense-t-il.

Depuis la mobilisation du 24 mars, les rassemblements des anti-mariage pour tous se sont en effet multipliés en province, à chaque déplacement d'un ministre (lire notre article). Mais ces derniers jours, une série de faits démontrent une radicalisation inquiétante des opposants au mariage pour tous, au-delà même du mouvement « Printemps français ».

Vendredi soir, c’est le rapporteur PS du texte, Erwann Binet, qui a été pris à partie à Saint-Étienne par une quinzaine de militants du groupe de droite radicale “Jeunesses nationalistes” d’Alexandre Gabriac, exclu du FN en 2011 pour un salut nazi. L’élu, qui multiplie les interventions en région depuis des semaines, a d'ailleurs décidé d’annuler les prochaines. « La frontière politique entre droite et extrême droite devient moins claire, constate Erwann Binet. Face à moi, depuis quelques semaines, ce sont toujours des gens avec les tee-shirts “Manif pour tous” mais avec des discours plus radicaux. »

Dans la nuit de vendredi à samedi, la voiture de la sénatrice écologiste Esther Benbassa, en pointe dans la discussion au Sénat sur le mariage pour tous, a été « défoncée » par des inconnus. « Je ne sais pas qui c’est, mais évidemment je fais le lien avec la radicalisation des “anti”, je suis inquiète. » L’élue, qui a porté plainte, est devenue une cible de certains sites ou internautes d’extrême droite et dit recevoir de nombreux e-mails « insultants et de mauvais goût ».

Dimanche tôt dans la nuit, le lieu parisien abritant le « printemps des assoces » organisé par l’Inter-LGBT a été vandalisé et recouvert d’affiches de la “Manif pour tous”. Une action clairement revendiquée par le “Printemps français” :

http://www.youtube.com/watch?v=wC0WbGSgw9E&feature=player_embedded

Deux jeunes homosexuels, Wilfred et Olivier, ont aussi été agressés dans le XIXe arrondissement de Paris par des inconnus. Un geste qui a déclenché de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

Un rassemblement contre l’homophobie est prévu mercredi soir à Paris, à 20 heures. « Je suis effaré de la façon dont s’est libérée en quelques semaines la parole homophobe », s'étonne le député écologiste Sergio Coronado. Il s'apprête à envoyer à Manuel Valls un courrier lui demandant d’agir contre les « instigateurs de ces violences, des groupuscules d’extrême droite connus des services de police ».

De son côté, Frigide Barjot a annoncé son intention de porter plainte : « La violence n’a pas de place chez nous. Nous condamnons les actes du Printemps français. Ils pourrissent notre mouvement, se plaint l’égérie du mouvement. Ils nous ont pillés, parodiés, ils portent préjudice à notre philosophie de la “Manif Pour Tous” ». Le député socialiste Erwann Binet estime toutefois que Frigide Barjot a bel et bien « voulu radicaliser le mouvement ».

 

SOURCE / RASLFRONT ISERE

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