Vaucluse : 6e jour de la marche anti-nucléaire pour la vie

Publié le par dan29000

Marche antinucléaire pour la vie – Jour 6

Par admin le dimanche 21 avril 2013, 08:10 - Vaucluse

Chute du thermomètre, nuit quasi glaciale, mistral à 90km/h. La marche pour l’arrêt immédiat du nucléaire redémarrage de Cavaillon en direction d’Avignon avec de nouvelles personnes. Froid et pluie n’entament pas la détermination des marcheurs-es de la vie…

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8h30 – Petit matin blême et corps frigorifiés. Direction Caumont s/Durance. Si le temps est gris le cœur est au beau fixe. Simplement on se distance un peu moins les uns des autres, histoire de faire bloc contre ce mistral cinglant et la pluie qui fouette les visages. L’adversité on connaît bien dans la région la plus nucléarisée d’Europe.



La route qui conduit à Caumont est linéaire et bordée de vergers de pommes – très rarement cultivés en bio – et il faut se protéger tout à la fois des produits chimiques propulsés (la culture des pommes est celle qui utilise le plus de produits chimiques) et des camions de transports polonais et espagnols, utilisés par les exploitants agricoles pour leurs livraisons chez les intermédiaires, et qui roulent à grande vitesse.



Le vent violent, avec des pointes à 100km/h, empêche par moment les marcheurs d’avancer. On se regroupe, on fait corps et on progresse malgré tout. Les bannières claquent, les bonnets s’envolent, les premières gouttes de pluie gelées cinglent les visages. On ne reculera pas ! Pas question ! Avanti o populo!

« Le village » qui nous a hébergé et nos amis d’un soir sont à présent loin derrière nous et enfin se profile l’embranchement de Caumont. Les marcheur-ses vont pouvoir souffler un peu au contact des villageois. Rencontres informelles, discussions, échanges, argumentations su la nocivité de l’atome et de la radioactivité. Remise du dossier "faits et arguments pour l'arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire" à la mairie. Encore quelques dizaines d'habitants de Provence qui peuvent sortir du conditionnement du lobby nucléaire. C'est à un travail de fourmis que se livrent ces antinucléaires. Briser l'omerta, informer un par un les citoyens, sans discours devant des foules déjà converties ou des pianotages répétitifs sur le clavier de l'ordinateur mais simplement au contact de la diversité, parfois hostile, des gens.

13h00 - "Action rond-point" à l'entrée d'Avignon. Pendant plus de 2 heures les marcheurs vont occuper l'axe principal conduisant à la capitale du Vaucluse. Des panneaux d'auto-stoppeurs siglés "Tchernobyl" "Fukushima" "Tricastin" cherchent le conducteur qui acceptera de se rendre dans ses villes et lieux martyrs. Aucun succès ici. Tous les véhicules se défilent. On les comprends. Il faudrait être fou pour plonger dans la radioactivité mortifère. Pourtant à quelques kilomètres d'Avignon à peine : les sites du crime nucléaire "made in France" déversent heure après heure leur poison dans l'air et dans l'eau, provoquent cancers, leucémies et autres atteintes neuronales et cardiaque.

Des artistes d'interventions de rue se sont joint au groupe. Des hybrides mi-homme mi-mouches métallisées surgissent auprès des conducteurs. Visions cauchemardesques de l'impact des radio-contaminants. Au bout des pattes toutefois un espoir : le masque anti-irraditions homologué par EDF et Areva. Sûr qu'avec une telle quincaillerie à l'image des réacteurs fuyants du Tricastin la population sera protégée. D'autant que quelques kilomètres plus loin le Préfet du Gard a osé lancé une vaste campagne de propagande visant au retrait des pastilles d'iode - censées protéger la thyroïde et elle seule - autour du site nucléaire de Marcoule; comme pour signifier à la population : "dormez en paix , il n'y a plus de risque d'irradiation". Horrible manipulation de l'appareil d'Etat.

14h00 - Après une pause-repas sous la pluie, les marcheurs de la vie repartent en direction des remparts d'Avignon et du centre-ville. Encore 5 bons kilomètres à parcourir et nouvelles actions en perspective. Chaque jour est l'occasion pour chacun et chacune d'élaborer de nouvelles formes d'interventions publiques, de libérer sa créativité, d'interpeller différemment les gens. On est bien loin ici de la routine et de la répétition du salariat des ONG ou des entreprises et de l'intégration au système dominant avec ses distribution de bons ou de mauvais points et ses sucettes à endormir la conscience. Ici c'est la vie même qui bouillonne, qui fuse, qui se crée dans l'instant.

16h00 - A hauteur de la "Rotonde" (le centre de triage sncf et le café des cheminots CGT qui y fait face) les marcheurs déploient leur banderole "Arrêt immédiat du nucléaire, pas dans 10 ans pas dans 20 ans, ici, partout et maintenant" et occupent toute la largeur de la chaussée. Très vite un immense bouchon d'automobiles se crée. Ca klaxone, ça s'énerve, ça cris. Pâle illustration de qui se passera lors d'un véritable accident nucléaire en vallée du Rhône avec l'affolement général, les routes impraticables, la mort aux trousses, le désir légitime des parents souhaitant récupérer leurs enfants à l'école pour fuir au plus vite...

17h00 – Halte d’un quart d’heure devant la gare sncf du centre ville, occasion de remettre aux voyageur-ses un tract sur les atteintes du nucléaire à la santé, et de permettre à de nouvelles personnes de rejoindre la marche.



Les citoyen-nes antinucléaire pénètrent dans la ville et remontent la rue de la République avec, suspendues autour du cou, des photos de victimes des contaminations radioactives, ici en France, à Tchernobyl, à Fukushima. Quelque soit le lieu, la même tristesse, le même désarroi sur les visages des enfants et des adultes. Il faudrait avoir perdu toute flamme d’humanité en soi pour nier le crime face à ces yeux fixes qui vous regardent et vous murmurent « et toi, que fais-tu pour empêcher ça ? ».



Des cris surgissent des gorges, repris en cœur par quelques passants, notamment des jeunes : « arrêt immédiat du crime nucléaire » , « oui à l’amour anatomique, non à la mort atomique », « nucléaire, cancers » et, en parodie des pro-nucléaires jusqu'à l'absurde : « non à la bougie, oui au nucléaire ». Les marcheuses et marcheurs prennent position à présent devant l'hôtel de ville d'Avignon, déploient banderoles et drapeaux, installent une table d'information et partent à la rencontre des passants. Des habitants d'autres villages et villes de Vaucluse sont venus soutenir les marcheurs. Il est passé 18 heures et le froid à fait déserter la ville au plus grand nombre. Qu'à cela ne tienne! les discussions se développent, les échanges se nouent. Des touristes japonais, anglais, espagnols photographient l'intervention publique de nos amoureux de la vie.

19h- Il est temps de se diriger à présent vers le "Parc des Libertés" sur l'île de la Barthelasse, là où après une nuit réparatrice, se déroulera le lendemain la fête antinucléaire où se rencontreront de nouveaux citoyen-nes autour de projections vidéos, de débats, de stands, d'animations et de musique...

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