Venezuela : quand les salariés des entreprises publiques décident

Publié le par dan29000

VENEZUELA : Les travailleurs des entreprises publiques décident !


de : Joannès
vendredi 20 septembre 2013

Des ouvriers dans des entreprises publiques vénézuéliennes protestent contre la direction « bureaucratique », par Ewan Robertson

Les travailleurs de Lacteos Los Andes

source : venezuelanalysis.com, 30 août 2013

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Mérida, 30 août 2013- Des travailleurs de plusieurs entreprises publiques vénézuéliennes ont lancé des manifestations contre ce qu’ils appellent la gestion « bureaucratique », défendant à la place une direction des entreprises suivant le modèle du contrôle ouvrier.

Les travailleurs de l’entreprise publique Lacteos Los Andes ont obtenu d’importantes concessions du gouvernement cette semaine après avoir protesté contre des « choses irrégulières » dans dans cette entreprise fabricant entre autres du lait, des yaourts et des jus.

300 ouvriers de Lacetos ont manifesté lundi dernier devant l’Assemblée Nationale du pays pour mettre en lumière ce qu’ils ont appelé un « sabotage » de la production de l’entreprise par la direction de la compagnie et le ministre de l’alimentation, Felix Osorio.

Parmi les problèmes de l’usine, il y avait une insuffisance des matières premières livrées pour la production et une baisse du nombre de camions arrivant à l’usine pour distribuer les produits Lacteos Los Andes. Les ouvriers ont accusé la direction d’essayer de faire échouer la compagnie nationalisée dans le cadre d’un plan pour la « remettre aux hommes d’affaires de la bourgeoisie de droite ».

Lors d’une réunion avec des représentants de la présidence du Venezuela, mardi, les ouvriers de Lacteos ont exposé leurs principales inquiétudes et revendications : le manque de marchandises importées comme les containers, la mauvaise gestion de l’entreprise, la dissimulation de données comptables, et « par-dessus tout », une non-prise en compte des contributions des travailleurs.

« Nous avons une direction irresponsable qui n’a rien fait. La solution est de changer cette direction, et d’ouvrir une enquête administrative, civile et pénale…cette [situation] peut être résolue par le contrôle ouvrier » a dit un ouvrier à Aporrea.

En conséquence de la réunion, la présidence Maduro a décidé de renvoyer la direction de Lacteos, et de garantir l’importation et la livraison des matériaux requis pour la production de l’entreprise.

Les ouvriers de Lacteos ont de plus proposé à l’exécutif que la compagnie soit dirigée suivant le modèle de l’autogestion ouvrière ou « contrôle ouvrier ». Jeudi les ouvriers devaient débattre de cela à une réunion plénière des travailleurs, avec dans l’idée de proposer l’un des leurs pour la position de « travailleur président » de l’entreprise.

D’après Aporrea, les travailleurs de Lacteos « ont la conviction que le Président Maduro tiendra les promesses contenues dans les accords conclus [avec les ouvriers] pour remettre Lacteos Los Andes le pied à l’étrier »

D’autres manifestations

La lutte à Lacteos est une des diverses mobilisations du travail menées ces dernières semaines contre les directions dans les entreprises publiques , parmi lesquelles ont compte l’effort victorieux des Industries Diana, gérées par leurs ouvriers, d’éviter qu’on leur « impose » un homme d’affaire comme directeur.

Mercredi, des employés du distributeur alimentaire public PDVAL ont marché vers le palais présidentiel de Milaflores pour protester contre les conditions de travail et le traitement par la direction. Les travailleurs ont dit qu’ils ne bénéficiaient pas d’une convention collective, et qu’ils n’avaient pas reçu la hausse de salaire accordée aux travailleurs du secteur public plus tôt cette année.

Depuis, les ouvriers de PDVAL ont rencontré la direction et sont parvenus à un accord. Toutefois, les ouvriers ont lancé au président Maduro le message qu’ils ne regardent pas les incidents récents à Lacteos Los Andes, PDVAL et Diana Industries comme isolés, avertissant le président du danger d’une « cinquième colonne vêtue de rouge » dans les entreprises publiques.

« Nous allons perdre la révolution, Maduro, si nous ne nous organisons pas » a dit un ouvier, d’après Aporrea.

Pendant ce temps, dans l’Etat occidental de Yaracuy, dans l’entreprise publique Pedro Camejo, qui travaille dans les secteurs des machines agricoles et du transport, les ouvriers et les paysans ont occupé les locaux.

Mercredi, dans un communiqué de presse, les travailleurs ont dit qu’ils luttaient contre « l’oisiveté et l’inattention de la direction », qui a échoué à fournir les pièces nécessaires pour les machines, « mettant la prochaine récolte en danger ». Les travailleurs ont également défendu la mise en place d’un modèle de type contrôle ouvrier dans l’entreprise.

L’occupation a le soutien de plusieurs organisations de la base, de la Commune Hugo Chavez Frias, du candidat local aux élections municipales pour le Parti Socialiste Unifié (PSUV), au pouvoir, qui a défendu le « remplacement » de la direction de l’entreprise.

17 septembre 2013

SOURCE / BC

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