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Les oiseaux morts de l'Amérique, Christian Garcin, Actes Sud

25 Février 2018 , Rédigé par dan29000 Publié dans #lectures

Les oiseaux morts de l'Amérique, Christian Garcin, Actes Sud

Après Les vies multiples de Jeremiah Reynolds en 2016, Christian Garcin publie en cette rentrée d'hiver, Les oiseaux morts de l'Amérique, chez Actes Sud.

 

 

Ainsi que nous le rappelions ici la semaine dernière, à propos du nouveau roman de Louise Erdrich, les États-Unis se sont construits sur le génocide des indiens et l'esclavagisme, et depuis tentent de garder leur place de leader du monde à coups de guerre sans fin. Hier le Vietnam, aujourd'hui, l'Irak et l'Afghanistan. Les populations locales meurent, les envahisseurs aussi. Parfois, ces derniers survivent et reviennent au pays. On les nomme alors vétérans. Un synonyme de « laissés pour compte ». Mutilés, blessés toujours atteints. Après le mode survie durant la guerre, le mode survie durant la paix, au milieu des autres naufragés du rêve américain évaporé. Dans ce roman de Christian Garcin, ils sont trois, près de Las Vegas. Proches de la ville, mais loin des casinos lumineux, du fric facile, de la prostitution et des mafias locales. Ils survivent, là où commence le désert, où des centaines d'exclus trouvent refuge dans les tunnels d'évacuation des eaux. Post-traumatisme pour tous. Pourtant existe entre eux la solidarité, et même parfois une légère convivialité face aux privations quotidiennes.

 

Dans ce trio dont nous partageons la vie, enfin la survie, il y a Hoyt Stapleton, un vieil homme en immersion profonde dans ses souvenirs, du moins ce qu'il en reste. Parti au Vietnam a 22 ans, la guerre dans les tunnels. D'autres tunnels, ceux construits par les Vietnamiens afin de lutter contre l'invasion française en Indochine. Il fallait les détruire, dans l'obscurité, au milieu des araignées et des serpents. Beaucoup de ses potes étaient morts, lui était revenu, plus ou moins. Maintenant il vivait dans le collecteur n° 7 et souvent voyageait dans le futur . A l'heure du café, les autres lui demandaient si l'été 2327 avait été sec, ou non. Voyages temporels. Mais le temps existe-t-il vraiment ? Un jour il était revenu dans la maison de son enfance. Un chiot et un baiser. Trop éprouvant. Beaucoup de dialogues entre les trois hommes, ils parlent de William Blake, de l'oubli qui a parfois du bon, des rats, d'un gars qui a disparu, sans doute assassiné, pas loin d'ici. Dialogues au milieu des gravats sous une chaleur accablante. En prime, une pluie d'oiseaux morts. Sans savoir pourquoi. Comme ils ne savaient pas pourquoi ces guerres. Les belles ombres de Bukowski et Banks planent parfois sur ce roman prenant, âpre, au ton juste qui ne peut laisser insensible.

 

Dan29000

 

Les oiseaux morts de l'Amérique

Christian Garcin

Éditions Actes Sud

Domaine français

2018 / 224 p / 19 euros

En numérique 13,99 euros

 

Le site de l'éditeur

Lire un extrait

 

REVUE DE PRESSE :

Hubert Artus, Causette

« (…), Garcin confère à son roman une dimension beckettienne en imaginant les dialogues hilarants de nos homeless qui défient la mémoire, la ville. La vie, quoi.  »

 

Fabienne Lemahieu, La Croix

« Chacun des récits de Christian Garcin, essai, roman ou poésie, constitue à lui seul une fable philosophique, modeste et remarquable. Ses aventures baroques, où « tout a existé et tout coexiste encore », entraînent ses héros aux quatre coins du monde et aux confins d'eux-mêmes, guidés par les hasards, les fausses coïncidences et les mystérieuses correspondances temporelles.   Récit cruel d'une société qui sacrifie ses enfants sur l'autel de la raison d'État, Les Oiseaux morts de l'Amérique livre aussi une réflexion douce-amère sur le passage à l'âge adulte d'un homme déjà vieillissant. Sur le courage qu'il faut pour se mesurer aux désillusions parfois violentes de sa jeunesse, et faire qu'il n'en subsiste, enfin, que « l'odeur de l'herbe du matin, l'ombre scellée des feuillages qui dansait dans sa main, le cri des tourterelles » et l'infinie douceur d'un baiser déposé sur une joue d'enfant.  »

 

Elodie Fondacci, Radio Classique

« Un grand roman américain écrit par un français ! Inouï Christian Garcin ! Incroyable ! C’est un livre qui est nostalgique, métaphorique, poétique, qui est immense !  »

 

Arnaud Laporte, Grazia

« Un roman qui s'apparente à de la science-fiction, proche de l'univers de Stephen King, mais avec un prosateur doué d'un style magistral. Si la saison des prix n'était pas passée, on aurait misé gros sur ce court roman.  »

 

Martine Freneuil, Le Quotidien du médecin

« Christian Garcin rend hommage aux anciens combattants incompris et abandonnés de tous en même temps qu’il leur rend la parole et le droit de (se)raconter pour tenter d’exister.  »

 

Marie-Lucile Kabucki, La Vie

« Ce roman est une gifle de poésie, d'intelligence, de nostalgie. L'œuvre majeure d'un auteur majeur.  »

 

Michel Abescat, Télérama

« Christian Garcin, une nouvelle fois, joue de ces correspondances mystérieuses, de ces « passerelles invisibles » entre différents niveaux de réalité comme autant de moteurs de l’imaginaire. Son roman, vif et mélancolique tout à la fois, à la beauté fascinante de ces paysages aux contours flottants, émergeant de la brume.  »

 

Aline Sirba, On l’a lu

« Christian Garcin aime ses personnages et nous les fait aimer, figures de héros déchus représentant l’envers d’une Amérique où il pleut des oiseaux morts. Un beau roman sensible sur la mémoire, les hasards et la poésie.  »

 

Eléonore Sulser, Le Temps

« Avec son art subtil des mondes parallèles, des échos poétiques, des correspondances, Christian Garcin rend ici hommage aux héros de la beat generation – (…). Avec humour, avec malice, avec élégance, Christian Garcin tisse l’histoire de Hoyt Stapleton à la croisée des mondes entre distance et émotions, entre réalisme et fantastique, entre les souterrains et le cosmos, entre les textes et les récits dont bruissent cet univers et tous les autres.  »

 

Fragments de lecture

« Les Oiseaux morts de l'Amérique est un roman émouvant sur les exclus du grand rêve américain, personnages pour certains remplis de sagesse, libres de choisir et voyageurs temporels des temps modernes. Et Christian Garcin a trouvé les mots pour décrire "la beauté brute de l'incongrue et incompréhensible sauvagerie du monde".  »

 

 

 

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