Après Les chemins de la haine, les éditions Liana Levi publient un nouveau polar de l'anglaise Eva Dolan, Haine pour haine.
Peterborough, une des nombreuses villes anglaises sinistrées depuis la révolution libérale de Thatcher. Chômage endémique, fermeture de commerces, départ des services publics, montée du racisme et des gangs. Un terreau fertile pour l'extrême-droite toujours prête pour attiser les haines. La situation est tellement dégradée qu'existe au sein de la police locale une section des crimes de haine ! Elle est dirigée par l'inspecteur Zigic, assisté par le sergent Melinda Ferreira. C'est dans ce contexte difficile, socialement et politiquement, que survient deux crimes sauvages dans la rue, deux étrangers assassinés à coups de pied. Une caméra a donné la tonalité à l'un de ses crimes, filmant l'un des auteurs masqués effectuant un salut nazi. Loi des séries oblige, un autre drame endeuille cette ville déjà en mode survie : une voiture fonce sur trois personnes, au petit matin. Jelena K. décède, sa sœur Sofia se retrouve à l'hôpital, et un Polonais en partance pour son pays natal meurt lui aussi. Sans nul doute un nouveau crime raciste.
Tout ceci n'étant que le début de ce roman addictif qu'il est impossible de lâcher malgré ses quatre cents pages. En effet, l'affaire se complique car la police aimerait bien que ne s'ébruite pas la piste du crime raciste. Même position pour le leader local de l'extrême-droite, Richard Shotton, député en pleine campagne électorale, tout ceci pouvant nuire à sa ré-élection. Comme en France, ces partis tentent progressivement de modifier leur image, en l'aseptisant. Pourtant des liens avec les néo-nazis semblent encore bien exister. Autopsie d'une Angleterre pré-Brexit qui va mal, sur fond de montées identitaires, jeux de pouvoir et violences diverses, ce second roman de Eva Dolan traduit en français, confirme le coup de foudre que nous ayons eu pour elle, il y a juste un an. Cette grande joueuse de poker, ancienne critique de polars, a un don pour décrire l'air du temps de son pays, en construisant une intrigue policière forte, l'un n'étant pas au détriment de l'autre. Au-delà de la montée actuelle du populisme, certains cherchent le chaos, en agitant complotisme et haine de l'autre. Parfois le crime privé rejoint le crime identitaire, la frontière devenant mouvante. Bien dans la grande tradition du polar social, Eva Dolan s'installe définitivement parmi les grandes voix anglaises de la littérature. Elle a déjà écrit quatre romans. Dans l'attente des deux autres, on lira avec excitation Les chemins de la haine, et maintenant Haine pour haine, tous deux chez Liana Levi.
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Haine pour haine
Eva Dolan
Traduit de l'anglais par Lise Garond
Éditions Liana Levi
2019 / 432 p / 22 euros, numérique 16,99 euros
Lire notre article sur "Les chemins de la haine"
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PRESSE :
«Ses enquêteurs déconstruisent les mirages de l’immigration en Grande-Bretagne.» Sud Ouest Dimanche
«Tout y est : l’épaisseur des personnages, le contexte social de crise identitaire en Europe et une intrigue remarquablement construite.» Le Canard enchaîné
«Eva Dolan enfonce le clou.» Libération
«Un polar social, sombre et sans concessions.» Le Progrès de Fécamp
«Eva Dolan continue à taillader le visage d’une Grande Bretagne qu’elle a déjà bien défiguré dans son premier roman.» Midi Libre
«Jusqu’au final à couper le souffle, ce roman magnifiquement écrit et construit confirme que Dolan est l’une des voix les plus excitantes de la fiction anglaise.» Sunday Times
