Pour une fois nous ne collons pas trop à l'actualité, en chroniquant un ouvrage publié au printemps dernier aux éditions du Castor astral, et signé Cécile Coulon : Les ronces.
Notre blog, qui aura dix ans en mai prochain, initié par un ancien libraire et bibliothécaire, chronique romans et essais, parfois des livres pratiques, mais pas encore de poésie. Sans nul doute une lacune, que nous réparons en ce début d'année avec Les ronces. Cécile Coulon est surtout connue comme romancière, déjà cinq romans à son actif, publiés chez un éditeur que nous aimons bien, Viviane Hamy. C'est donc une nouveauté pour elle et pour nous que de pouvoir lire sous sa plume un recueil de poésies. Parfois la poésie fait peur à certains. On peut le constater chez nos amis les libraires, où la rubrique poésie n'est pas dominante.... Alors promis, nous allons tenter de remédier à cela cette année. Cela débute donc avec Cécile Coulon, jeune romancière auvergnate, habitant Clermont-Ferrand, ville célèbre pour sa merveilleuse équipe de rugby, entre autres.
Parfois la quatrième de couverture parle, même si on sait que rarement les auteurs les écrivent, parfois elles se taisent. Ici, au-delà de quelques vagues renseignements biographiques sur l'auteure, une phrase. Une seule phrase qui peut déclencher un achat : On se remet de tout mais jamais à l'endroit . C'est simple, c'est beau, c'est juste, cela veut tout dire. Ensuite on ouvre le bouquin, et on lit le premier poème : J'aimerais vous offrir des frites. Et là, on commence à saisir que nos yeux vont découvrir un objet littéraire original, surprenant, prenant ; si cet objet était un verre de bon vin, on dirait, long en bouche. Alors avant de se lancer dans la lecture, on feuillette, et on tombe sur quelques titres : L’enfant que je ne suis plus...La surface, poème pour ceux qui ont mal... Le monde insupportable...Ma part de merveilleux... Et ainsi de suite... puis la plongée dans les textes, au début au hasard, puis dans l'ordre du livre... Alors la magie opère très vite, elle enrobe le lecteur, dans la nature, dans le quotidien, celui du chagrin ou de la solitude, d'une image, comme celle d'un chien qui attend, du souvenir qui passe, une superbe poésie en demi-teinte qui parfois nous a fait penser à un autre poète auvergnat que nous aimons tant, Jean-Louis Murat... Lire ce recueil est une nécessité, une belle nécessité, comme un songe envoûtant, comme une respiration, comme une caresse qui griffe parfois le cœur. Puis vient le calme après la douleur, comme dans ces volcans auvergnats. Magnifique !
Dan29000
Les ronces
Cécile Coulon
Éditions du Castor Astral
2018 / 166 p / 15 euros
Le livre a reçu le Prix Apollinaire 2018 et le Prix Révélation poésie de la SGDL 2018.
