ZAD de NDDL : défendre les sièges, tenir ferme !
Défendre les sièges, tenir ferme ! Ce que nous avons matérialisé aujourd’hui dans les parcelles adjacentes à la ferme de Saint-jean-du-tertre.

lundi 28 octobre 2019

Ce 26 octobre, des centaines de personnes se sont de nouveau rassemblées sur les terres de la zad et ont marché de l’Ambazada jusqu’à la ferme de saint-jean-du-tertre. En tête de cortège une banderole annonçait « Défendre les sièges – Tenir ferme ! ». Les démarches et mobilisations des mois derniers nous ont permis cette semaine d’obtenir enfin des promesses de baux de la part de l’État sur une 60taine d’ha de terres, auxquels viendront s’ajouter en janvier 107ha de baux signés par le conseil départemental. Les projets paysans issus de la lutte vont donc pouvoir se stabiliser sur au moins 353ha. Nous avons semé aujourd’hui sur ces « terres communes » pour le célébrer.

Malgré ces avancées, des blocages inacceptables persistent qui menacent l’avenir de plusieurs sièges d’exploitation. Il est inadmissible que des parcelles au pied des bâtiments d’élevage des nouveaux installés partent à l’agrandissement. St Jean du Tertre est à cet égard un cas exemplaire.

Willem, éleveur bovin et Michael, paysan-boulanger sont installés depuis des années sur la ferme, initialement pour sauver ces terres menacées par le projet d’aéroport. L’avenir de leur installation dépend de parcelles clés en conflit avec une grosse exploitation de 318ha localisée à plus de 10 kilomètres d’ici. Celle-ci a profité de l’aéroport pour s’agrandir démesurément tout en touchant d’importantes sommes d’argent de Vinci. Après l’abandon, l’exploitant a continué de s’agrandir sur les terres de la zad qu’il n’a pas défendu et ailleurs.

Jusqu’à présent, il s’est opposé aux diverses propositions d’accord en vue laisser aux paysans de St Jean du Terte l’îlot de 7 hectares qui borde leur ferme. Cet îlot est nécessaire à la cohérence et à la viabilité du siège. Il ne l’est évidemment en aucun cas pour l’exploitant de l’Amelaza !

Si un accord n’est pas trouvé rapidement l’administration pourrait lui signer un bail sur ces terres au 1er novembre. Celle-ci ferait alors le choix de se positionner clairement pour l’agrandissement et contre l’installation de jeunes paysans.

Les paysans de Saint-jean-du-tertre ont tenté en cette fin de semaine de faire à l’exploitant une nouvelle proposition d’échange de parcelles. Cette proposition est avantageuse pour lui en terme de surface mais elle permet de faire enfin cesser la menace qui plane sur l’avenir de la ferme. Il est temps de régler immédiatement les choses. L’administration laisse pourrir la situation depuis trop longtemps. Jusqu’ici, l’exploitant n’a fait aucune réponse à cette proposition. Aujourd’hui, dans le cadre de la mobilisation pour les terres de la zad, nous avons donc décidé de matérialiser le périmètre nécessaire pour que les vaches puissent paître au pied de la ferme !

Par ce geste nous marquons la nécessité, après les années de destruction de fermes liées au projet d’aéroport, d’accorder aujourd’hui une priorité à la reconstitution de sièges pour une paysannerie qui protège le bocage.

La balle est maintenant dans le camp de l’administration, du futur propriétaire et de l’exploitant en question. Si aucun accord n’aboutit avant le 1er novembre, nous serons alors contraints d’aller nous faire entendre en manifestant à travers ses 318 hectares pour nous rendre jusqu’au pied de son exploitation. Il nous serait en effet impossible de laisser cette situation scandaleuse se conclure par un bail en sa faveur.

Partout en France, une génération d’agriculteurs partent à la retraite, d’autres en profitent pour s’agrandir et creuser le sillon d’une agriculture qui ne fait qu’accélérer le désastre climatique et social. Sur la zad une autre logique commence à primer. Nous ne cesserons de nous battre pour accroître cette possibilité ici comme ailleurs.

 

SOURCE / ZAD.NADIR.ORG

Tag(s) : #alternatives
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