L'âge d'or, de Jean Védrines, aux éditions Fayard

La publication d'un nouveau roman de Jean Védrines est toujours un événement. Après L'Italie la nuit, La belle étoile et aussi Morteparole, l'automne dernier nous a donné L'Âge d'or, aux éditions Fayard.

Au centre de cet épais roman, Georges. Un Georges de 19 ans, un « sans dent » parmi d'autres, un petit Français inconnu qui a pensé durant un moment de sa vie banale, faire son entrée dans l'histoire. L'histoire de l'Italie, dans un moment insurrectionnel, celui de la lutte armée dans les seventies. Années de plomb. Années rouges et noires, années d'émeutes de masse, années d'affrontement de rues, de Turin à Bologne. L'approche de la révolution ou l'approche du coup d’État fasciste ? Un peu de clandestinité, beaucoup de violences, les trains la nuit, les planques chez les camarades italiens. Rage, passion et tumultes d'un idéal qui ferait changer le monde, de Paris à Mexico en passant par Berlin...

Puis vint le temps des ruptures. Redescendre. Arrestations, condamnations. L'histoire tourne, et pas du bon côté. Ni en Italie ni ailleurs. Les futurs vainqueurs révolutionnaires sont devenus les perdants actuels d'un monde qui n'est pas nouveau. L'utopie a été vaincu. Alors, comme tant d'autres, Georges est revenu, en mode survie, dans son Bourbonnais natal. Fin d'une vie, début d'une autre. Alors Georges se souvient, se raconte. Au fin fond d'un café, en buvant un coup, il parle, des trains, des forêts, du temps qui a passé. Les autres l'écoutent, enfin plus ou moins. Comme un monologue. Il leur parle de l'âge d'or où la politique était encore excitante, soif d'idéal et où la révolution semblait proche.

Au-delà de l'histoire de Georges, et de celle de cette période italienne, la beauté de ce grand roman de Jean Védrines est le style poétique employé. S'il faut quelques pages pour bien s'immerger dans cette histoire prenante, le lecteur ensuite va se laisser emporter par ce roman où les idéaux révolutionnaires lumineux tentent de déchirer les puissances mortifères régnantes un peu partout. Les fêlures laisseront toujours filtrer la lumière. Au moment où ceux que Georges a combattu, sont au pouvoir un peu partout, sa voix nous atteint, éveillant de longs échos en nous. Un roman de Jean Védrines qui dégagent une grande et belle puissance.

Dan29000

 

L'Âge d'or

Jean Védrines

Éditions Fayard

2019 / 480 p / 22 euros

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Tag(s) : #lectures
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