Pour cette nouvelle rentrée littéraire de septembre, nous avons choisi d'ouvrir notre série d'articles hebdomadaires par le nouveau roman de Muriel Barbery, chez Actes Sud : Une rose seule.

 

C'est l'histoire de Rose. Une botaniste de quarante ans, aussi seule que mélancolique. Née de mère française et de père japonais. C'est l'histoire d'une lettre, accompagnée d'un billet d'avion pour Kyoto, suite au décès de ce père qu'elle n'a pas connu. Un appel d'un notaire inconnu dans un pays inconnu, pour un père, marchand d'art contemporain désormais absent. Préludes à un foisonnement de rencontres pour Rose. Rencontre avec son passé, rencontre avec un pays et une culture, rencontre avec un art de vivre, rencontre avec Paul, assistant du père et exécuteur testamentaire, rencontres d'une femme solitaire et bouleversée par la multiplicité de ces changements.

Quelques jours en immersion dans Kyoto, et dans le passé de Rose. Le défunt a imaginé un vaste itinéraire pour elle. Pas facile au début, de se trouver plongée dans un passé confisqué, il s'agit alors de faire un pas de côté, comme une mutation lente et nécessaire au milieu de la Kyoto moderne et hideuse, tout en découvrant cette ville unique par ses temples et jardins zen sublimes. A l'image de ces lieux ensorcelants qui ne peuvent laisser personne insensible, Rose va passer d'émotions en émotions, notamment en se découvrant des affinités électives avec son guide, Paul, homme de confiance de son père. Deux tristesses communes...

Au-delà de l'originalité de cette histoire, c'est l'art littéraire de Muriel Barbery qui embarque le lecteur dès les premières pages. Elle met sa prose en accord avec cette atmosphère fascinante du Japon. Économie de moyen, pour un roman bref et dense, un chatoiement d'impressions, de paysages, un cocktail délicieux de minéral, de végétal et de thé vert... Des lieux et atmosphères propices aux évolutions des sentiments. Qui demeurerait insensible à une errance dans un jardin zen ? Un superbe roman , parsemé de fleurs, d'arbres, de silences, de non-dits, un monde flottant, bien restitué en de délicates touches impressionnistes. Découvrir une ville étrangère lointaine est aussi se découvrir, et parfois découvrir un père, même défunt. L'auteur de L'élégance du hérisson et de La vie des elfes nous livre ici un envoûtant cinquième roman, en apesanteur, aussi élégant que vivant, un parcours de l'obscurité vers la lumière. La rentrée littéraire commence bien !

 

Dan29000

 

Une rose seule

Muriel Barbery

Éditions Actes sud

Domaine français

2020 / 160 p / 17,50 euros / 13,99 euros en numérique

 

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RENCONTRES

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