Parmi les bonnes surprises de la rentrée littéraire hivernale 2021, Bluebird, bluebird, signée Attica Locke, aux éditions Liana Levi.

 

Au centre de cette histoire forte, Darren Mathews, un des rares Rangers noirs dans la police du Texas. Pas facile. Il est suspendu dans l'attente d'un jugement et sa femme aimerait bien qu'il laisse tomber ce métier à risques. C'est donc dans un cadre officieux qu'il va enquêter à la demande d'un de ses amis du FBI. Le genre d'enquête pas trop facile, dans un hameau perdu dans le comté de Shelby. En quelques jours, deux cadavres retrouvés dans le bayou. Celui d'un avocat noir de Chicago, et celui d'une jeune femme blanche du coin. Sans oublier deux endroits emblématiques, le Geneva Sweet, un petit resto traditionnel où rassemblent les Noirs, et le Jeff's juice house, le bar habituel des tarés de la Fraternité Aryenne du Texas. Suprémacistes blancs dégénérés vus récemment en action lors de l'envahissement du Capitol. Gros bras, petits cerveaux, dans la triste lignée du sanglant KKK.

 

Ambiance explosive quand le Ranger débarque, d'autant plus que le shérif local n'apprécie pas trop sa venue. Assez vite Darren Mathews se doute que les meurtres sont liés. L'autorité locale voudrait bien classer l'affaire de cet homme noir, mort noyé après un passage à tabac, la cause, le vol. Mais son portefeuille était toujours sur lui. Et l'on apprend que la Fraternité Aryenne, véritable gang trafiquant la drogue et les armes, a pour rite initiatique de tuer un noir. Le Ranger est du genre tenace, tendance têtu. Il va devoir avancer en terrain miné, pas à pas, sans cesse au bord de la rupture, pas soutenu par sa hiérarchie, en butte à l'hostilité du shérif, et face aux suprémacistes surpris de se trouver devant un Noir porteur de la légalité. Dans ce coin perdu des USA, la loi est blanche, les morts sont noirs. La guerre de sécession toujours pas achevée pour certains...

 

Au final, une intrigue plus que dense, un combat pour la vérité et la justice, les fractures sont partout, y compris dans chaque communauté. Bluebird, bluebird fut lauréat de l'Edgar Award et de l'Anthony Award 2018 du meilleur roman. Bien qu'écrit il y a deux ans, ce roman prend un relief particulier en ce début 2021, après l'assaut du Capitol, les menaces racistes quittent parfois les terriers du Deep South et sévissent au grand jour. Attica Locke est originaire du Texas. Avec ce nouveau roman, elle nous donne l'envie de découvrir aussi ses trois précédents publiés dans la Série Noire depuis 2011, et tous disponibles dans la collection de poche Folio : Marée noire, Dernière récolte et Pleasantville. Bluebird, bluebird, un roman comme nous les aimons, intrigue originale, personnages crédibles, ambiance poisseuse, et méditation sur le racisme, le tout baignant dans le blues. A lire d'urgence, en écoutant le nouveau Buddy Guy, avec un shot de Southern Comfort.

 

Dan29000

 

Bluebird, bluebird

Attica Locke

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Anne Rabinovitch

Éditions Liana Levi

Collection Policiers

2021 / 336 p / 20 euros, numérique 16 euros

 

Site éditeur

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PRESSE :

«Une méditation subtile sur la fidélité à ses origines et les devoirs qui en résultent.» Le Monde des livres


«Toute la finesse d’Attica Locke est de nous faire sentir, à travers cette histoire, l’extrême sensibilité et l’infinie violence de la question raciale.» L’Express


«Attica Locke nous happe d’emblée. Rythme, intrigue, ambiance, personnages, son écriture est formidablement maîtrisée.» Le Figaro littéraire


«Un terrifiant voyage à l’extrême sud de la psyché américaine.» ELLE


«Ce grand roman noir fait puissamment écho aux événements récents qui ont mené la démocratie américaine au bord du chaos.» L’Humanité Dimanche


«Passionnant de bout en bout, Bluebird, bluebird est un roman incroyablement dense, poisseux, multipliant les histoires qui s’entremêlent, le passé et le présent, l’intime et l’universel.» Le Soir


«Bluebird, bluebird tient sa densité dans le fait que Locke est elle-même originaire du Texas, dont elle connaît les ambivalences et qui lui permettent d’éviter tout manichéisme.» AOC


«Sur les accords de John Lee Hooker, le héros d’Attica Locke, redonne malgré tout espoir et dignité à une communauté repliée dans sa peur.» Sud Ouest dimanche


«Attica Locke poursuit sa minutieuse peinture de la communauté noire du Texas. Sans romantisme. Sans manichéisme.» Corse Matin

 

 

Tag(s) : #lectures
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