Pour cette nouvelle rentrée littéraire hivernale, les éditions Gallmeister nous offrent un bel ensemble de textes inédits d'Edward Abbey (1927-1989), intitulé : En descendant la rivière (Down the river).

 

Né dans l'Indiana, ce fut durant ses années-lycée qu'Edward Abbey rencontra la lumière qui allait éclairer toute sa carrière. A 17 ans il traverse les États-Unis en auto-stop et train, découvrant la grandeur magique de l'Ouest sauvage. Après avoir obtenu un master ayant pour sujet de mémoire L'Anarchisme et la moralité de la violence, il passe par Yale puis Stanford, avant de se retrouver garde saisonnier dans des parcs naturels. Endroits lui donnant l'inspiration de son essai le plus célèbre Désert solitaire (1968). Il prend alors l'habitude des grands espaces, en marchant, et devient un écologiste radical, des décennies avant que l'écologie ne devienne à la mode. Il fut alors un des pères spirituels du fameux mouvement Earth first. Abbey étant sous la double influence bénéfique de Thoreau et de Kropotkine. Ecologiste donc, mais aussi activiste, approuvant et parfois pratiquant le sabotage, partisan de l'action directe, en se gardant de s'en prendre aux êtres vivants. Lire son roman le plus célèbre, Le gang de la clé à molette,aussi chez Gallmeister.

La première partie de ce recueil inédit est consacré à Henry David Thoreau, auteur-culte de Walden, qui pratiqua la sobriété heureuse, la vie dans les bois, mais aussi la désobéissance civile. L'influence de Thoreau n'a jamais cessé depuis, d'autant plus qu'un éditeur courageux publie actuellement son immense Journal. Dans cette première partie, l'observation des oiseaux, une rencontre avec le grizzly ou encore planter un arbre. Beau programme. S'en suivent, des notes sur une descente de rivière, des descentes de canyons, et en quatrième partie, des gens et des rivières, les dingues des rivières. On comprend pourquoi Robert Redford aime Edward Abbey. Il y a chez lui, une poésie, teintée parfois d'humour, faisant partager son amour incommensurable de la nature que la société industrielle saccage un peu partout. Sans cesse il écrivit et lutta contre la cupidité ambiante, contre la construction des barrages défigurant les vallées, contre le tourisme de masse ou l'agrobusiness. Cet utopiste antimilitariste est un grand écrivain, proche de l'école du Montana. Remettez toujours toute autorité en question, nous disait Abbey. Le lire est une belle source de liberté, une bouffée d'oxygène, surtout en ces temps mortifères. Grands espaces, silence, présences minérales, sans oublier la saine rage contre ceux qui détruisent tout cela, avec l'envie, saine elle aussi, de glisser quelques grains de sable dans la machine à broyer qui nous opprime.

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En descendant la rivière

Edward Abbey

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jacques Mailhos

Éditions Gallmeister

2021 / 240 p / 22 euros

 

Site éditeur

Pour chaque exemplaire vendu, 1 euro est reversé à Sea Sheperd

Lire notre article sur : Le gang de la clé à molette

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Les libraires en parlent

Descendre une rivière avec Abbey, c'est côtoyer la nature sauvage, bien sûr, mais avant tout être au contact d'un esprit tout aussi sauvage. Il nous emporte dans son flot de réflexions à tendance anarchistes, qui fleurent bon les années 70, et, parfois, qui font un très bon écho à des besoins on ne peut plus actuels. C'est jouissif, libérateur, et nécessaire à plus d'un égard !

Ode à une nature sauvage. Dans la lignée d'Henry David Thoreau, Edward Abbey condamne la destruction progressive du patrimoine naturel. Une exploration réunissant une douzaine de récits publiés dans les années 80.

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