Le Taser tue depuis longtemps à l'étranger, et maintenant à Colombes, un malien de 38 ans. De nombreuses voix se sont élevées depuis bien des années pour un moratoire de cette arme dangereuse, malgré les déclarations dérisoires de son triste profiteur français.
Mais le Taser n'est pas tombé du ciel, il est manié par des policiers qui n'hésitent pas à s'en servir, certains d'être toujours couverts par leur syndicat-maison "Alliance" et la Préfecture, sans parler du nouveau VRP nommé Hortefeux. Toutes ces "autorités", dans un ensemble touchant, se sont exprimées quelques heures après le décès du malien, sans avoir la décence d'attendre les résultats de l'enquête de l'IGS, ou les résultats de l'autopsie. Un vrai manque d'humanité vis à vis de la famille et des proches de la victime, sans parler d'un manque politique de réserve dans de telles circonstances.
Nous publions ce matin, un texte datant de 2008 d'Amnesty international, un communiqué unitaire d'élus de Colombes (92) aux côtés de Besancenot et Mamère, ainsi qu'un second communiqué du NPA, après avoir publié hier celui du MRAP.
Dan29000
Lire aussi nos trois articles en date de mardi.
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16/12/2008
Selon Amnesty, le Taser peut tuer
Stéphane Oberreit, directeur général d’Amnesty international, demande la suspension de l’utilisation du pistolet électrique au sein des polices
municipales.
Gaël Cogné
«Nous contestons que les pistolets à impulsion électrique [sont une arme] non létale. Il y a une dangerosité évidente. Il faut investiguer pour mieux connaître les
effets sur les humains.»
Fort de ce constat, documenté par un rapport divulgué mardi (en anglais, à télécharger ici), Stéphane Oberreit, directeur général d’Amnesty international, a demandé
la suspension de l’utilisation du taser au sein des polices municipales.
Abandonnant l’idée d’un moratoire, Amnesty International a demandé à accéder aux données recueillies par le pistolet (une vidéo et des indications sur le nombre de
décharges et leur durée).
Dans ce rapport de 126 pages réalisé par Amnesty, on lit que plus de 330 personnes sont mortes aux Etats-Unis après avoir reçu un choc au Taser. Parmi elles 98 ont
fait l’objet d’un examen poussé. Selon l’ONG, 38 décès ont comme «cofacteur ou facteur principal» l’utilisation du taser.
En France, les données manquent. Un seul cas d’usage abusif du Taser est rapporté. Personne n’est jamais mort après une décharge de Taser dans
l’Hexagone.
Le rapport offre de nouveaux éléments aux détracteurs du petit pistolet jaune. Lors de récents procès (perdus) contre Besancenot ou Raid-H, Taser France arguait
qu’aucune étude sérieuse ne démontrait la dangerosité du pistolet présenté comme une arme qui «sauve de vies». L’avocate de l’entreprise avait regretté de ne pouvoir accéder à une liste de
personnes décédées.
Pour Amnesty international, c’est désormais chose faite à travers un long listing étayé par des rapports d’autopsie (relus par un légiste), les témoignages de
familles, de témoins, ainsi que de rapports d’investigations.
On y apprend que la majorité des personnes décédées étaient des hommes en majorité, «en pleine force de l’âge» (36 ans en moyenne). Les personnes droguées ou en
mauvais état de santé seraient plus fragiles. Par ailleurs, 90% ne portaient pas d’armes. Quatre seulement avaient un pistolet au poing.
S’alignant sur le comité de prévention de la torture de l’Onu, qui avait déclaré que le Taser pouvait parfois s’apparenter à un instrument de torture, Stéphane
Oberreit craint surtout des «abus».
Benoit Muracciole, responsable de la commission «Contrôlez les armes», ajoute: «En France, on sait ce qu’est une arme à feu. On y est sensible. Mais le Taser
ressemble à un jouet. Il n’existe pas de culture» sur son utilisation. En conséquence, Amnesty demande à ce que la «doctrine d’usage» consiste à avoir recours au taser uniquement en cas de
«légitime défense».
Source : Libération
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Communiqué unitaire. Moratoire immédiat sur l'utilisation du pistolet Taser.
mardi 30 novembre 2010
Le pistolet à décharge électrique Taser mis en service en France depuis 2005 voit son utilisation généralisée au sein des forces de l'ordre. Les contrats juteux de
cette société sont ainsi financés par l'argent public.
De nombreux rapports, dont ceux d'Amnesty International, ont fait état du lien étroit qui existait entre l'utilisation de ce pistolet par la police et le décès de
plusieurs dizaines de personnes aux Etats-Unis et au Canada. Le Comité de Prévention de Torture de l'ONU écrit explicitement que le «Taser peut tuer».
Depuis le 3O novembre, nous savons qu'un premier décès a eu lieu suite à une interpellation à Colombes d’un malien de 38 ans par des policiers lui ayant administré
une double décharge électrique du pistolet Taser.
Une décharge électrique de 50 000 volts envoyée à quelques mètres peut tuer, a tué et peut tuer encore.
Nous réclamons un moratoire immédiat sur l'utilisation du pistolet Taser au Ministre de l'Intérieur.
Olivier Besancenot, Noël Mamère, Fredéric Sarkis, Conseiller municipal, Claire Gagnière, conseillère municipale, Catherine Bernard, Maire adjointe,
Dominique Frager, maire - adjoint (élu(e)s EELV de Colombes), Jérôme Galan (NPA Colombes), Annie Lemonnier («Les Motivés», Colombes).
Contact pour signature : moratoiretaser@yahoo.fr
Le 30 novembre 2010.
Source : NPA
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Déclaration d'Olivier Besancenot. : Brice Hortefeux, VRP du pistolet Taser.
mardi 30 novembre 2010
Quelques heures à peine après le décès d'un malien de 38 ans tué lors d'une interpellation policère suite à une double décharge électrique, Brice Hortefeux défend
l'indéfendable.
Non content de couvrir d'avance les agissement policiers - qui auraient été « contraints d'utiliser le pistolet Taser », à deux reprises, lors de l'interpllation -,
et avant même que l'enquête interne n'ait rendu ses conclusions, Brice Hortefeux reprend, mot pour mot, l'argumentaire commercial de la société Taser : « l'alternative au Taser dans le monde
entier, c'est l'arme à feu ».
En bon VRP de cette société qui a empoché de copieux contrats avec les deniers publics, il vante ainsi les mérites d'un pistolet dont l'utilisation fait pourtant
polémique dans le monde entier.
De nombreuses associations, dont « Amnesty international » ainsi que le « Comité de lutte de l'ONU contre la torture » ont alerté les pouvoirs publics sur les
dangers de mort suscités par cette arme. L'alternative « Taser ou arme à feu » est une fausse alternative que l'on peut résumer ainsi : « soit une arme qui peut tuer, soit une arme qui peut tuer
».
Plus que jamais les associations, collectifs, partis et syndicats soucieux que la vie l'emporte sur les profits de l'armement doivent mener campagne pour faire
remballer au VRP B. Hortefeux cette camelote si dangereuse.
Le 30 novembre 2010.
Source : NPA