Un président de plus à gauche
en Amérique latine cette nuit.
Ci-dessus avec Correa lors d'un meeting.
José Mujica, dit Pepe, a été élu par le peuple uruguayen. L'ex-guérillero José Mujica, candidat de la coalition de gauche, a
remporté la présidentielle dimanche en Uruguay avec 52% des voix, contre 44% à 45% à son adversaire, l'ancien chef d'Etat de centre-droit Luis Lacalle, selon des sondages sortie des
urnes.
José Mujica est né à Montevideo le 20 mai 1934.
D’origine paysanne, José Mujica a fait partie de la
guérilla des Tupamaros, particulièrement forte dans les années 1960-70. Sous la dictature militaire de Bordaberry, il fut prisonnier de la junte pendant treize ans, de 1973 à 1985 et subi la
torture comme de nombreux révolutionnaires à cette époque.
Amnistié au retour de la démocratie, en 1985, il
abandonna la lutte armée pour s'engager dans la voie électorale, en co-fondant le Mouvement de participation populaire (MPP), qu'il dirige. Celui-ci devint progressivement la principale
composante du Frente Amplio, la coalition de gauche qui s'oppose aux deux partis traditionnels, le Parti blanco et le Parti colorado. En 1995, il est élu député sur la liste MPP, puis sénateur en
1999. A la fin des années 90, Mujica devient Président du Congrès uruguayen.
Il est, en 2005, ministre de
l'Agriculture du gouvernement de gauche (Frente Amplio) du président Tabaré Vázquez, élu le 1er mars 2005. Le 29 juin 2009, il remporte l'investiture du Frente Amplio, contre Danilo Astori,
représentant de la tendance centriste de la coalition, pour être candidat à l'élection présidentielle.. Astori devient son co-listier, tandis que Mujica démissionne du MPP pour devenir le
représentant de l'ensemble du Frente Amplio.
Plus de 2,5 millions d'Uruguayens étaient appelés aux urnes de 08H00 (10H00 GMT) à 19H30, mais le scrutin a été prolongé dans certaines régions en raison des
inondations qui ont obligé à évacuer plus de 6.000 personnes dans le quart nord-ouest du pays.
Crédité de six à huit points d'avance dans les derniers sondages après avoir largement remporté le premier tour (47,96%), "Pepe" Mujica, est le deuxième ancien révolutionnaire armé d'Amérique
latine à conquérir le pouvoir par les urnes après le sandiniste Daniel Ortega au Nicaragua.
La droite agitait le spectre d'une dérive radicale, mais le cofondateur de la guérilla des Tupamaros dans les années 60 assure qu'il poursuivra la politique réformiste du président sortant Tabaré
Vazquez, premier chef de l'Etat de gauche de l'histoire de ce petit pays coincé entre l'Argentine et le Brésil.
"Notre projet politique s'inscrit dans la continuité des grandes lignes fixées par ce gouvernement", avait déclaré samedi M. Mujica.
"Ne vous attendez pas à de grandes nouveautés," a ajouté le candidat de gauche, qui n'avait rien bouleversé en tant que ministre de l'Agriculture (2005-2008), un poste-clé dans un pays dont la
principale richesse sont ses 12 millions de vaches (quatre pour un habitant).
Le bilan économique du gouvernement Vazquez, qui n'est pas autorisé à se représenter par la Constitution malgré une popularité record (71%), est le meilleur atout de José Mujica, 74 ans.
L'Uruguay a échappé à la récession, le chômage est en baisse (7,7% en août) et l'indice de pauvreté a chuté de 26% en 2007 à 20,5% en 2008.
Ci-dessous, son clip de campagne : 1'55