Honte à l'Europe, honte à la Hongrie !

Publié le par dan29000

L’Europe de la honte

 

 

Trois images en ce 3 septembre marqueront les consciences. Trois images, trois faits, qui révèlent le vrai visage d’une Europe qui a tourné le dos à ses valeurs humanistes, barricadée qu’elle est derrière sa politique sécuritaire, son populisme, sa technocratie et ses comptes d’apothicaire.

Un enfant de trois ans sur une plage de Turquie et en face de la nudité terrible de cette mort : un train de la honte en Hongrie et un Président français qui annonce cette après-midi des quotas d’accueil comme seule réponse à une tragédie humanitaire dont l’Europe et les pays qui la composent portent une grande part de la responsabilité.

De la photo du petit Aylan Kurdi je ne dirai que peu de choses, parce qu’elle révulse la conscience, soulève le coeur et invite au silence. Je dirai simplement « Honte à l’Europe » et à tous les européens qui sont complices depuis des mois de la mort de centaines d’enfants et de milliers de réfugiés. Je dirai aussi « Honte à Erdogan » qui exploite l’image du petit Aylan en stigmatisant avec justesse les européens d’avoir fait de la Méditerranée un « cimetière de migrants », mais en cachant avec un cynisme révoltant que le petit Aylan était kurde, originaire de Kobane, et que le gouvernement turc massacre quotidiennement la population kurde !

La seconde image est une insulte à la mémoire européenne. Elle n’est pas une image photographique, mais l’association  de plusieurs images, qui nous renvoient aux heures les plus sombres du siècle passé : les barbelés, les trains et les camps. Je n’écris pas « Honte à la Hongrie » parce que de nombreux hongrois, généreux, défient leur gouvernement, accueillent les réfugiés à bras ouverts et nous montrent l’exemple d’une humanité retrouvée.  Mais j’écris et je crie « Honte à Orban et à son gouvernement » qui ont leurré en ce jour des centaines de migrants en leur faisant croire qu’ils leur offraient des trains pour l’Autriche ou l’Allemagne alors que les convois prenaient la direction de camps de réfugiés, aux conditions de vie indécentes, et où on les a conduits de force. Cette image aussi, vue sur France 24, d’une mère et son bébé dans les bras, couchée sur les voies de chemin de fer, tentant de résister à la force policière. Les barbelés, les trains et les camps.

Nous garderons en mémoire  une troisième image, loin de l’horreur des précédentes, une image bien plus feutrée,  très acceptable, et nous donnant certainement bonne conscience - l'Europe va agir enfin! - : l’image d’un François Hollande en son palais, grave, relayant l’émotion planétaire suscitée par l’image du petit Aylan, un président qui parle aux français et aux européens. Pour leur dire quoi ? Pour leur dire que la chancelière allemande et lui-même proposent des quotas d’accueil pour les réfugiés, et, bien sûr des sanctions pour les pays qui ne les respecteront pas. Quelle image offre donc l’Europe aux yeux du monde, face à la plus terrible crise humanitaire qu’elle doit affronter? Celle d’une Europe de la division, de la technocratie et de l’humanité retrouvée par la contrainte ! Alors que FRONTEX fait des milliers de morts et que tous les moyens humains, techniques et financiers sont disponibles pour les éviter, l’Europe va légiférer sur des quotas...

Si François Hollande avait vraiment voulu rompre avec l’incurie et l’irresponsabilité de la politique européenne, il aurait pris, comme Président de la République, une décision pour la France : il aurait annoncé qu’il a décidé que notre pays accueillerait sans délais un nombre significatif des réfugiés qui restent derrière les barbelés de Orban ou qui sont parqués dans les camps de Hongrie. Ce courage de la générosité spontanée et de l’humanité vraie, il ne l’a pas eu.

A ces trois images, ces trois faits, qu'il nous faut regarder dans les yeux et garder en mémoire, nous devons opposer l'exemple de l'action effective, spontanée et généreuse des citoyens de Hongrie qui incarnent ce à quoi nos politiques ont renoncé : une Europe ouverte et accueillante, une Europe humanitaire et non l'Europe sécuritaire qui fabrique aujourd'hui les idéologies de la peur, les populismes d'extrême droite, les nationalismes et les replis identitaires.

Contre l'Europe de la honte, agissons!

 

Pascal Maillard

 

SOURCE/ MEDIAPART

 

 

 

 

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rabinand 04/09/2015 19:28

honte a la hongrie ala pologne et au fn et surtout la droite francaise