Situation de l'extrême droite bretonne

Publié le par dan29000

Bilan de la situation de l’extrême droite bretonne

24 décembre 2015

 

Collectif antifasciste rennaisLors de la manifestation à Pontivy le 19 décembre dernier, le Collectif Antifasciste Rennais a lu un texte dans lequel il dresse le bilan de l’extrême droite en Bretagne (avec en particulier une chronologie récente de toutes les exactions de l’extrême droite radicale) et revient sur le contexte global de l’état d’urgence : en voici un extrait, le texte intégral étant à retrouver sur le site du collectif.

Retour sur les élections régionales

Gilles Penelle

Gilles Penelle

Suite aux élections régionales de la semaine dernière, nous ne pouvons que constater  l’implantation des idées d’extrême-droite, au vu des scores malheureusement historiques du FN. Même si la Bretagne paraît épargnée au premier regard, on s’aperçoit, en comparant les chiffres des dernières élections, que les votes frontistes, et les idées xénophobes et réactionnaires qui les accompagnent, augmentent de façon considérables.

En effet, en 2010, Jean-Paul Félix, liste FN, obtenait 67 895 voix au 1er tour des régionales. En 2015, son successeur, Gilles Pennelle, obtient quant à lui, 246 177 voix au second tour. Soit une augmentation de plus de de 250 %.

Au niveau national, le FN totalisait 1 943 307 voix au second tour des régionales en 2010. Aujourd’hui, le nombre de votants pour les candidats FN, dépasse les 6 820 000. À noter également qu’en Guadeloupe et à La Réunion, des listes FN apparaissent dans le paysage politique avec des scores de 1 à 2,5 %.

Si le parti de la dynastie Le Pen n’obtient aucune présidence de région, en revanche le nombre de ses sièges dans les différents conseils passe de 118 à 358. En Bretagne le FN obtient 12 sièges là où il n’en avait aucun.

Quelles autres organisations en Bretagne ?

Nous allons revenir brièvement sur Adsav et les différentes structures d’extrême droite bretonnes, qui sont la raison de notre présence aujourd’hui. Certaines ont disparu mais les connaître permet de mieux cerner l’évolution de l’extrême droite en Bretagne ces dernières années.

Adsav

Logo_adsavFondée en 2000 par Patrick Montauzier, Adsav est une organisation se revendiquant indépendantiste bretonne, héritière des collaborateurs bretons pendant la seconde guerre mondiale. Ses références explicites y sont extrêmement nombreuses, à commencer par l’utilisation de drapeaux similaires. Adsav s’oppose en théorie au FN considérant que le nationalisme jacobin du FN s’oppose de facto a son projet politique.

Elle fait partie de ces organisations qui se retrouvent dans la théorie conspirationniste du Grand Remplacement, selon laquelle il existe un processus qui consiste à remplacer le peuple européen blanc par des populations non-européennes, originaires d’Afrique noire et du Maghreb. Cette opération est d’après elles pilotée par nos élites et par l’ONU qui haïraient les européens indigènes, et souhaiteraient leur asservissement et leur mort. Renaud Camus, concepteur et développeur de cette thèse déclare en avoir choisi le nom en référence… à Bertold Brecht[1] !

Éric Alhinc

Éric Alhinc

En 2008, Adsav s’est présenté aux cantonales. Sur le plan économique son programme officiel  ressemble à un copié-collé de celui du MEDEF : « favoriser la création d’entreprises », « assurer la liberté d’initiative et supprimer les contraintes administratives », « réduire le plus possible les charges des entreprises », « assouplir la réglementation sur le temps de travail, éviter toute réglementation rigide généralisée », etc.

Groupusculaire dès son origine, une bonne part de ses adhérents est recrutée dans le milieu skinhead néonazi. On peut citer comme exemple connu le briochin Éric Alhinc, qui a joué dans le groupe de musique Bretonische Waffenverband, du nom de l’unité nazie bretonne qui a fini dans la division francophone Charlemagne de la Waffen SS. Cet homme a été trésorier de la liste UMP de Trégueux conduite par la conseillère régionale Danielle Jegou, sans que ce parti n’y trouve d’ailleurs rien à redire, malgré ses tatouages représentant Pétain ou le chiffre 88 signifiant Heil Hitler[2].

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  1. « J’apprends que le gouvernement estime que le peuple a « trahi la confiance du régime » et « devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités ». Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? » Bertolt Brecht, Œuvres, Vol. 23, page 249, L’Arche éditeur, 1999. On voit ici quel retournement politique raciste Camus fait subir à la citation de  Brecht [↩]
  2. Collectif Antifasciste Rennais, « Adsav-PPB, Jeune Bretagne et Génération Identitaire – Fusions, arnaques et traîtrises à la chaîne : éléments de réflexion sur l’extrême droite en Bretagne », mars 2013, page 22. Consultable ici [↩]
 

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