Nuit debout, une révolte vivante, irrécupérable et antiautoritaire

Publié le par dan29000

Politique | Par Philippe Marlière | 7 avril 2016

 

Nuit debout : la révolte qui vient sera antiautoritaire

 

Inattendu, générationnel et vivant, le mouvement que lance Nuit debout est irrécupérable par les managers de l’insoumission et du radicalisme régimenté. Mais il offre à la gauche sociale une chance unique de faire sa propre révolution.

 

Imaginé fin mars par le journaliste François Ruffin et ses amis afin de permettre la « convergence de luttes dispersées », le mouvement Nuit debout connaît actuellement un succès inespéré. La première occupation de place s’est déroulée le 31 mars, à l’issue d’une journée de manifestation contre le projet de loi El Khomri. Depuis, la place de la République à Paris ne désemplit pas et plusieurs autres villes ont connu un phénomène similaire.

 

Nul ne sait ce qu’il adviendra d’un mouvement qui a largement échappé au contrôle de ses initiateurs. Pourtant, un professionnel de la politique rêve déjà tout haut « d’être récupéré » par les jeunes qui bravent le froid et les violences policières pour se réunir et débattre. Un autre raille un rassemblement qui « ressemble plus à Hyde Park qu’à la Puerta del Sol ». Des militants de partis, à gauche, critiquent le caractère « confus » et « intellectuel » des échanges entre de jeunes participants blancs issus des classes moyennes. D’autres encore posent les questions d’usage : est-ce une révolte ou une diversion récréative ? Quelles sont les revendications du mouvement ? Nous verrons bien, la priorité n’est pas de répondre à ces questions, mais de comprendre dans quelle mesure Nuit debout va permettre de rebattre les cartes d’une situation politique délétère.

Un mouvement générationnel

 

Les politiciens qui recherchent désespérément "leur" mouvement social ne récupèreront rien. Le propre d’un collectif horizontal comme celui-ci est qu’il n’a que faire des tribuns qui représentent. Il entend bien se représenter tout seul. À quelques exceptions près, ce mouvement est générationnel : ce sont les jeunes qui prennent la parole. Ils parlent leur langue, communiquent selon des moyens qui leur sont propres et débattent selon des modalités qui leur appartiennent.

Ils ont raison, car qui écoute cette jeunesse en temps ordinaire ? Qui respecte ces jeunes qu’on envoie étudier dans des facs insalubres, qui connaissent la galère des petits boulots, des emplois précaires et du chômage ? Que cette jeunesse se méfie des partis et des professionnels de la politique est donc compréhensible.

Ce que les managers de l’insoumission et du radicalisme régimenté ne comprennent pas, c’est que ces jeunes n’ont que faire de l’élection présidentielle sous la Ve République. Ils la voient pour ce qu’elle est : une farce plébiscitaire qui nourrit les ego démesurés de certains prétendants. Le 31 mars au soir, j’avais instinctivement twitté : « Et si Nuit debout était notre candidate en 2017 ? » Ce qui pouvait alors paraître un bon mot revêt aujourd’hui une réalité politique. Et si, en d’autres termes, la gauche sociale faisait l’impasse sur cette élection bonapartiste qu’elle n’a aucune chance de gagner ? Et si elle ignorait ce leurre démocratique pour travailler à la rénovation de ses idées et revoir sa manière de faire de la politique ? C’est ici que Nuit debout peut aider à une recomposition aussi nécessaire qu’inévitable.

 

Un mouvement antiautoritaire

 

La révolte qui vient partira, comme en mai 68, de la jeunesse. Peut-on imaginer un nouveau Mouvement du 22 mars ; ce mouvement étudiant antiautoritaire, d’inspiration libertaire fondé à l’université de Nanterre ? Nuit debout est certes le reflet de son époque. Pourtant, les deux collectifs ont en commun un goût prononcé pour la démocratie directe, l’autogestion, le débat et la non-violence. Ils partagent la même méfiance instinctive à l’égard du pouvoir hiérarchique.

C’est là que se situe le caractère potentiellement révolutionnaire du mouvement. Les jeunes manifestants s’emparent de sujets que la vieille gauche française a toujours méprisés : les libertés individuelles menacées par l’État (combien de dirigeants de gauche dénoncent l’institutionnalisation des violences policières ?) ; le respect de la diversité culturelle et religieuse (à cela, la vieille gauche préfère les discours abstraits sur la citoyenneté et elle sous-estime le racisme et l’islamophobie), ou encore l’arbitraire et la corruption politiques.

 

Ces jeunes ont compris qu’un agenda social convaincant ne pourra pas prendre forme dans un pays dont l’atmosphère est viciée par l’autoritarisme, la violence d’État et le racisme.

 

SOURCE/ REGARDS.FR

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valentini 12/04/2016 12:43

FOULE ESCLAVE DEBOUT !

Le premier avril, cette année, en France, a été politique. Au lieu des habituels paris, sur l'évolution positive des requins de la police radicale de France-Allemagne, des maquereaux et morues de l'alliance monétaire économique des jeune et vieille Europe, du dieu abyssal des nations de la sage et puissante Amérique du Nord, bref au lieu des mille discours lénifiants sur un changement souhaitable de tous les gros poissons du vieux monde des dictateurs et libéraux réunis, en êtres humains, il a été affirmé, dans la rue, où est la place de tous ceux mis au ban des institutions : nous ne voulons plus être des marchandises. Vos lubies, vos caprices, vos manies, vos humeurs, vos nerfs, stop ! Ça suffit ! Vous avez fait plus que votre temps. Vous avez eu cent mil milliards de chances et vous n'avez ni changé ni rien changé d'autre que l'argent en plus d'argent. L'avenir nous appartient.

Pour commencer par le commencement

En douze jours, La Nuit Debout a déjà cristallisé contre elle
le gouvernement français qui ne trouve rien de mieux à faire qu'à envoyer la police faire le ménage, place de la République, à Paris et cela dans la continuité des violences policières à l'encontre des étudiants et lycéens. Que le gouvernement ait à résoudre des problèmes aussi mineurs, c'est au fond une bonne nouvelle. Tout va bien.
les droites françaises, socialistes à portefeuilles compris, en état d'apoplexie, que ses propres scandales ni n'étouffent ni n'étranglent d'indignation, parce qu'au fond, pour ces gens-là qui prient combattent et travaillent, escroquer le peuple, c'est de bonne guerre, c'est normal, faut être réaliste. Ce petit-monde-là, comme il s'en vante d'ailleurs absurdement, n'est pas Toubisou, Tougentil, Harmonie, c'est plutôt le genre Abominable, avec un A comme je dois rentrer dans mon Argent.
la lie du journalisme français, ce troupeau conformiste qui bêle contre Le Pen pour l'euro pérenne, hait littéralement tout ce qui ne s'aligne pas sur les institutions européennes, le cabinet général des états européens exploiteurs de la misère du monde, qui a fini la Grèce, comme font les chasseurs de fourrures, sur la banquise, à coups de battes de base-ball. Cette chienlit-là qui a envahi tous les médias et lance des appels à la soumission n'hésite jamais à mentir, pour notre bien. Et ils n'ont nul besoin de manifester physiquement leur violence, puisque la police et les bandes de fascistes de tous poils le font pour eux. Cette boite à fayots a de surcroît l'amour des électeurs du Front National. S'ils sont fascistes, ce n'est que dans l'isoloir d'abord et ensuite c'est pas de leur faute, les pauvres ! Ils ne sont pas gâtés par la nature démocratique. Et donc les traiter de fascistes, c'est, selon citizen Kahn, de la morale !

Fort de cet enseignement hors-normes, nous lançons donc immédiatement l'avis qui suit.

Avis à la population

qui se fait traiter de bougnoules, de putes, de négros, de juifs,
entends ce que les bons enfants des médias te disent :
pas la peine de prendre la mouche, c'est juste un jugement moral !
Ok ! D'accord !
Et donc ne pas en faire un fromage électoral.
Mais en faire un enjeu de lutte, national et international anti-capitaliste !


Cette coalition trouble d'éléments bien connus des services fiscaux, cette Sainte-Alliance incontrôlable est un sûr indicateur de ce que représente potentiellement La Nuit Debout quels qu'en soient par ailleurs les initiateurs et les manques et les hésitations politiques. S'arracher à des décennies de léthargie politique, maintenue à coups de poisons électoraux qui sèment le trouble dans la population et attisent en elle la haine et la division réclame du courage et de la détermination. Le courage manifestement existe. Et la détermination s'acquiert dans la lutte. Personne pour l'instant, ne peut dire ce qu'il adviendra de ce mouvement d'opposition à la main-morte politique du capitalisme français et international. Ce qui est sûr c'est qu'il n'a pas surgi ex nihilo, mais dans le sillage de la mobilisation et des manifestations contre la loi-travail et en-deçà du socle de la rigueur constitutionnalisée par Maastricht et des réformes économiques mises en œuvre, en France, depuis 1983 et exclusivement menées en faveur des entreprises et leurs patrons et managers.

L'entrée en scène de l'électoralisme new-look

Mais La Nuit Debout ne fait pas que des pus et repus aigris amers, leur démocratie au final les dégoûte, elle attire aussi à elle toutes les sirènes élevées dans les urnes électorales qui frétillent d'aise et lancent en l'air de nobles trémolos. En elles le haut et le bas sont bel et bien réconciliés. Soudainement affectées par une intime conviction qui a valeur de grande transformation, elles s'agglomèrent, en un nouveau groupe de population civile, potentiellement préjudiciable aux vieux présidentiables et en vue de cette fin inouïe : continuer le combat à l'intérieur des institutions responsables du malheur français, confirmant ainsi le fait qu'à quelques bonnes élections malheur est bon. Ont été désigné, pour ce faire, six princes et princesses-consorts placés à la tête d'une sorte de château-d'eau espagnol, la société civile, qui invite La Nuit Debout, à son bal des primaires. Sa façon d'être ne diffère donc pas de celle des bons vieux politiciens. Mais comme ils affichent leur intention de blanchir la République franco-panaméenne, ses six prétendants à la présidentielle de 17, en tant que police présidentielle de secours s'entend, se sentent pousser des ailes électorales de géant. Un vent de liberté les tire maintenant hors de la bouse tiède des personnes morales entrepreneuriales, qui va à-la-va-comme-je-te-pousse civiquement, et amortit les sursauts d'indignation des défenseurs moyens des classes moyennes. Et du coup tout ragaillardis, devant micros et caméras, ils sautillent à pieds-joints, avec de la jute jusqu'aux yeux, en direction du centre de l'oeil de la vie politique : l'élection présidentielle. La Nuit Debout leur apparaît comme une urne gigantesque, dont ils exigent qu'elle leur dise tout ce qu'ils ont toujours voulu savoir sur leur avenir, sans jamais oser se l'avouer. À savoir qu'ils sont les meilleurs individus du monde et d'entre tous les Français. Donnons, en passant, comme ils désirent être reconnus eux aussi, quelques exemples de spécimen d'individualisme présidentiel, en passant. Il y a le Jardin, botanique et tricolore, le Posternak qui vend sa biographie chagrin sur le net, la Lepage, une fille sage qui rebondit dans l'environnement, Le Nicolas Doucerain qui dispense la loi qui fait aimer la loi-travail, Le Foucauld, ex-commissaire au plan, la bonne monnaie, et le Cavada qui fait l'article présidentiel du siècle. Leur mission est à la fois simple et complexe : organiser une « primaire des Français » afin de choisir un candidat hors parti pour la présidentielle de 2017.

Que répondre à ces grands docteurs d'Europe et d’Égypte qui aiment les juifs, les musulmans, les éoliennes, la terre-mère vue du ciel, les nouvelles technologies de Noël, l'orange secouée,... nous en passons et de bien meilleures et plus poétiques ? Notre réponse sera donc simpliste mais sans complexe :

Nous n'avons pas besoin de président pour vivre et lutter pour nous et nos enfants.

La Nuit Debout, quant à elle, si elle veut être une assemblée permanente des luttes, a à faire ses preuves.
Elle n'a pas à se soumettre aux échéances électorales et aux poisons de l'électoralisme.
Elle n'est ni locale ni nationale par ce qui la touche et qui vaut pour tous ici comme ailleurs.
Et si elle est locale et nationale, c'est uniquement par l'histoire et la langue au travers desquelles elle s'organise et qui sont les conditions de son ouverture politique au monde.
Elle n'est pas un état dans l’État. Et sa souveraineté est dans une action politique qu'aucune puissance du vieux monde ne saurait contenir ni accepter sans en faire sa chose, son esclave, un cadavre.
Elle a à devenir une force agissante, doté d'un programme propre qui oriente sa lutte.
Elle doit agir pour une Internationale des Luttes Ouvrières et du Travail.