Angers, La Roseraie : des policiers désœuvrés embarquent des enfants de 7 ans !

Publié le par dan29000

 

 

 

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A Angers, si t'es pas sage, c'est la police qui viendra te chercher

Info signalée par un internauteDans le quartier de La Roseraie, à Angers, la police ne plaisante pas avec la délinquance. Quatre fillettes et un garçonnet, âgés de 7 à 8 ans, qui jouaient dans le jardin clos des HLM, ont reçu cette leçon de vie, ce mercredi.

Il est 16h30. Les policiers du commissariat face au jardin aperçoivent, depuis leurs fenêtres, les enfants en train de dessiner sur les murs, munis de bâtons de bois. Leur réaction est immédiate. Ils se rendent sur les lieux, et embarquent les cinq fautifs.

Le commissariat, avec vue sur le jardin (Daniel Blanchard)

Les motifs de cette intervention : le vandalisme et l'absence de surveillance des enfants. Les parents se trouvent pourtant aux balcons des bâtiments qui encadrent l'espace de jeu.

Les policiers « ne voulaient pas alerter tout l'immeuble »

« J'ai l'habitude de laisser mes petites filles », raconte Nouria Ouezzain, la mère de deux des enfants concernés :

« Le jardin est protégé par une grille très haute, et je jette des coups d'œil de temps en temps par la fenêtre. Si elles ont besoin de quelque chose, elles peuvent m'appeler. »

Les immeubles forment en effet une enclave en U autour du jardin : le moindre bruit résonne.

Le jardin au milieu des immeubles en U (Daniel Blanchard)

Les policiers choisissent de ne pas prévenir les familles. Un membre du commissariat affirme a posteriori qu'ils « ne voulaient pas alerter tout l'immeuble, créer du désordre ».

« J'ai cru à une blague »

Mais Nassira Kachout passe la tête par la fenêtre au bon moment. Elle voit ses sœurs, des jumelles de 8 ans, emmenées par des policiers, et s'affole.

« Je leur ai demandé ce qu'ils faisaient, ils m'ont dit qu'elles dessinaient sur les murs et qu'il fallait aller les chercher au commissariat. »

Pas de discussion possible.

Dix minutes plus tard, Nouria Ouezzain jette à son tour un coup d'œil en bas, et ne voit plus ses filles. Le jardin est désert. Les affaires d'agression d'enfants planent toujours sur Angers. Elle s'affole. C'est un petit garçon, qui a assisté à la scène depuis l'extérieur, qui l'aiguille vers le commissariat.

« J'ai cru à une blague. »

Lorsque tous les adultes se rendent au commissariat, les enfants sont à l'entrée. Trois policières les entourent. Deux petites sont en pleurs. Entre la sœur aînée des Kachout et les forces de l'ordre, le dialogue vire à l'affrontement. « Elle criait, leur disait que c'était pas normal », relate Nouria Ouezzain.

« Ils lui ont répondu qu'elle ne savait pas éduquer ses enfants. Il n'avait pas à dire ça. »

« Ils finissent par casser des abris de bus »

Au commissariat, on parle de prévenir des actes de délinquance plus graves.

« Si on les laisse faire, ça peut dégénérer. C'est un début. Ils finissent par casser des abris de bus. »

Une intervention de routine, en somme. Les policiers soutiennent que tout s'est déroulé sans accroc. La démonstration de force n'a pourtant pas plu à la mairie. « Les faits qui se sont déroulés ne justifient en aucun cas ce type d'intervention », affirme Norma Mével Pla, l'adjointe du quartier de La Roseraie. Elle parle d'un évènement « totalement exceptionnel », dans un quartier plutôt calme.

Le procureur a depuis été saisi de l'affaire. L'incident est pour l'instant isolé. Issu d'une réhabilitation urbaine, le commissariat a été installé il y a trois ans. Les habitants ne déplorent aucune autre altercation.

Reste ce problème d'un excès de zèle dans la pratique de la police de proximité. Et cette question de Nouria Ouezzain concernant les policiers :

« Ils n'ont pas autre chose à faire ? Qu'on leur donne du boulot ! »

Photos : les balcons du commissariat donnent sur le jardin où jouent les enfants (Daniel Blanchard), le jardin, au milieu des immeubles disposés en U (Daniel Blanchard).

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D.Jamel 01/12/2014 14:20

Malheureusement, le temps a démontré qu'il y a eu d'autres altercations provoquées par des agents de Police. Entre les mensonges de la Préfecture et des policiers, tout est bon pour rattraper une image des institutions qui colle à la réalité d'une politique de contrôle social sur le quartier de la Roseraie.