Banque postale : Une banque comme les autres, qui dénonce

Publié le par dan29000

753781_photo-1261497579526-1-0_150x113.jpgAlou* n’en revient toujours pas. Ce sans-papiers malien de 27 ans, placé au centre de rétention administrative (CRA) de Palaiseau depuis le 16 décembre et menacé d’expulsion, a été arrêté après avoir voulu ouvrir un compte à la Banque postale. 
Il y a un plus de deux mois, le jeune homme se rend à l’agence centrale de la Poste, à Viry-Châtillon (Essonne).
Il remplit les formulaires nécessaires et présente sa carte de séjour. Une semaine plus tard, l’agence le convoque, lui explique que sa carte est fausse ce dont il convient volontiers et qu’on lui refuse l’ouverture de son compte. « On a parlé cinq minutes et je suis reparti, déçu mais pas inquiet », explique-t-il.

La direction assume

Deux mois s’écoulent. Alou reçoit une convocation, sans motif précis, du commissariat voisin. Inquiet, il s’y rend avec trois membres d’une association de soutien aux sans-papiers. Pas une minute, il ne fait le lien avec la Poste. Et pourtant. « Nous l’avons attendu plusieurs heures, raconte Claudette Seze, qui l’accompagnait ce jour-là. Puis nous avons appris qu’il était en garde à vue pour faux et usage de faux et infraction à la législation sur les étrangers. Nous ne l’avons plus revu », conclut cette militante. Alou, lui, reste stupéfait. « Ma carte m’a servi pour avoir un téléphone. Beaucoup de sans-papiers ouvrent des comptes avec des faux. Parfois, les banques refusent, mais c’est la première fois que je vois ça ! »
La direction de la Poste assume. « Dès qu’un faux est présenté, nous faisons systématiquement un signalement au procureur de la République. Ce n’est pas de la délation. Il peut s’agir d’une tentative d’escroquerie ! Cela prouve que nos contrôles sont au point. » Quinze jours après son arrestation, Alou ne sait toujours pas ce qu’il va devenir. Ni le consulat du Mali, qui doit donner son feu vert pour l’expulsion, ni le juge, auprès de qui il a introduit un recours pour vice de procédure et qui pourrait le libérer, n’ont fait part de leur décision.
* Le prénom a été modifié.
Source / LE PARISIEN

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