Elections syndicales TPE : un article de Gérard Filoche

Publié le par dan29000

Sans_titre-255.jpgDu 28 novembre au 12 décembre vote de représentativité pour les syndicats pour 3,5 millions de salariés des TPE

 

 

Inouï ! Des élections syndicales ont commencé dans les très petites entreprises (TPE) depuis le 28 novembre et se terminent le 12 décembre 2012. Qui le sait ?
On est en plein scrutin et pas de flash radio, pas de débat, pas d’information télévisée, pas d’explication et pas de mobilisation sur ce scrutin, à croire qu’ils veulent que ça rate !

 


 

 

Dans les moins de 11 salariés, il y a 3,5 millions de salariés. Chacun a le droit et l’occasion de voter pour le syndicat de son choix afin d’établir sa « représentativité » au niveau des branches professionnelles comme au niveau national.

Les pouvoirs publics ont mis en place ce scrutin sur « sigle syndical » pour les seuls salariés de ces TPE. Ils peuvent choisir : CGT, CFDT, FO, Sud Solidaires, UNSA, CFTC, CGC…  Ce vote, prévu tous les 4 ans, se fait par correspondance ou par Internet, au choix de chaque salarié. 


Mais ce n’est pas de la tarte : car les salariés de ces entreprises-là, justement n’ont pas l’habitude, il n’y a pas de syndicat, ni de syndiqués, ou bien ils sont rarissimes. Et il n’y a eu aucune grande campagne d’information ni de débats sur le sens de ce vote. Par définition ces entreprises sont isolées ou morcelées.


Courant novembre 2012, les salariés concernés ont théoriquement reçu à leur domicile des documents électoraux (enveloppes et bulletins de vote par correspondance, propagande des organisations syndicales, code confidentiel de vote). 

Les salariés peuvent voter à leur domicile, mais également dans leur entreprise. Pour ceux qui ont fait ce dernier choix, leur « temps de vote » doit être considéré comme du « temps de travail » (à l’instar du vote pour les élections des représentants du personnel ou pour les élections des conseillers prud’homaux). Gare aux patrons qui n’aime pas qu’on vote pour un syndicat dans leurs taules, y’en a un paquet.

Si un salarié a choisi de voter par Internet depuis son lieu de travail, son employeur doit assurer la « confidentialité » de son vote. Or l’administration du travail n’a pas imposé aux employeurs de réserver un poste informatique aux opérations de vote par Internet.
Ils sont donc obligés de voter sans se faire voir. Parce qu’ils sont « subordonnés » et que la démocratie dans l’entreprise, ça n’existe pas, c’est un combat.
Alors que préparent-ils ? Le communiqué final expliquant que « les salariés ne sont pas motivés » par le syndicalisme, par les syndicats, par ce scrutin ? On va encore nous redire que « le syndicalisme en France  » est minoritaire ou inexistant, qu’il n’y pas de syndicats dans le privé ?

Il y aura silence sur la « chasse aux sorcières » de la part du patronat. Nul n’expliquera comment le syndicalisme a reculé au fur et à mesure que grossissait le chômage, car le chantage à l’emploi est devenu l’idéologie première du patronat ! Nul ne racontera comment le code du travail a été passé à l’acide des exigences du Medef pendant les dix ans de droite. Nul ne cherchera à décrire comment la violence au travail, le stress, les accidents, les suicides, ont progressé en même temps que la surexploitation, la flexibilité, la précarité.

Non, ils diront : il y a eu peu de votants. Ils ont organisé cela. Et ils mettront cela sur le dos des salariés.
Pourtant les syndicalistes sont les héros de notre temps, sans eux, il n’y aurait aucun espoir, sans eux il n’y aurait aucune conquête, sans eux pas de congés payés ni de Smic, sans eux pas de retraite ni de sécu, sans eux pas de convention collective ni de droit du travail. Et ceux, même peu nombreux qui auront voté pour eux dans les « TPE » devront être ovationnés et encouragés au nom de l’intérêt général du salariat.



Pour en savoir plus, un site dédié a été créé par le ministère du Travail : http://www.electiontpe.travail.gouv.fr/ Décret n° 2012-904 du 24 juillet 2012, JO du 25

Cet article a été écrit par Gérard Filoche, publié le 4 décembre 2012

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