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cra oies











De l'art ou du cochon? Les Prud'hommes donnent raison à la danseuse dénudée sur l'autel 

ART SACRE - C'est une histoire à rebondissements. Depuis le 14 juillet dernier, la performance d'une jeune femme dont la prestation dans une chapelle du Finistère s'était terminée par un strip-tease intégral en compagnie de son partenaire sur l'autel du lieu saint, n'en finit pas de faire parler d'elle. Dernier épisode en date: la décision du tribunal des Prud'hommes, survenue la semaine dernière, d'accorder à la jeune femme le contrat de travail qu'elle réclamait pour sa prestation et que l'association "Arts à la Pointe" chargée de promouvoir l'art contemporain dans les chapelles du Cap-Sizun, avait décidé de ne pas honorer aux motifs qu'elle avait été mise devant "le fait accompli" et que la prestation ne "correspondait pas à sa demande". Lire la suite...
Ce 14 juillet, dans la petite chapelle Saint-Pierre de Mahalon, la petite centaine d'ouailles rassemblée pour le vernissage d'une exposition d'art contemporain et qui ont assisté à la chorégraphie de la danseuse rennaise Corine Duval et de son partenaire, placée sous le thème "No(s) Frontière(s)", ne s'attendaient sans doute pas il est vrai à un final aussi débridé. Et nul doute que le sang du vicaire général du diocèse comme celui du prêtre chargé de l'art sacré dans le Finistère, qui se trouvaient dans la chapelle, n'ont du faire qu'un tour à pareil spectacle. Après mure réflexion, le 27 novembre dernier, l'évêque de Quimper et Léon lui-même, Mgr Jean-Marie Le Vert, se décidait à faire part de son indignation dans un communiqué. Où il dénonce "une profanation d'une rare gravité et d'une grande violence". "Cet acte odieux pour la conscience et la sensibilité des catholiques, pour qui l'autel est le lieu le plus sacré d’une église (...) a profondément scandalisé des croyants comme des non-croyants, d’autant plus qu’il semblerait qu’il ait été prémédité", ajoute t-il.
Devant les Prud'hommes, qui avaient contraint une première fois l'association organisatrice à s'acquitter du paiement de la prestation (300 euros), la jeune artiste s'est défendue quant à elle de toute volonté de provocation, ajoutant qu'aucune remarque particulière ne lui avait été faite à l'issue du spectacle. Une chose est sure, pour les Prud'hommes, le contrat initial devait être honoré jusqu'au bout. Mais l'affaire pourrait ne pas en rester là puisque l'association "Arts à la Pointe", qui a du suspendre ses activités artistiques dans les chapelles du Finistère pour un an sur décision du diocèse, pourrait réclamer à la danseuse des dédommagements pour le préjudice subi tandis que l'évêque, dans son communiqué, envisageait la possibilité de poursuites judiciaires. Autant de menaces qui n'ont guère ému la chorégraphe qui s'est depuis longtemps rhabillée et qui aurait qualifié, selon le Télégramme de Brest, de "très réactionnaires", ses détracteurs dans le département, se disant prête elle aussi à réclamer des dommages pour le non-respect du droit du travail si nécessaire. Affaire à suivre donc.
Pierre-Henri ALLAIN

Source : Libération.fr
Tag(s) : #arts

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