Grèce : résolution de l'Assemblée Populaire de la place Syntagma

Publié le par dan29000

283416 197658910289563 100001363671692 463396 2516930 nRésolution de l’Assemblée Populaire de la place Syntagma

Original statement : http://www.occupiedlondon.org/blog/2011/10/22/resolution-by-the-popular-assembly-of-syntagma-square-21102011/

Traduction (notez bien qu’il s’agit d’une traduction à partir d’un texte anglais lui-même traduit du grec, et qui est donc tributaire des approximations de cette première traduction, sans compter les miennes…) :

Après Varkiza [1], Polytechnique [2], l’école de chimie (1979) [3], décembre [2008] [4], et de nombreux autres événements, les fait ont une fois de plus mis au jour l’attitude du Parti, qui trahit systématiquement les luttes populaires. Et si jusqu’à présent ils ont étranglé, avec leur bureaucratie, toute grève généralisée et déterminée de ces dernières années, s’ils ont stigmatisé toute révolte comme étant une “provocation”, désormais l’histoire montre qu’il ne s’agissait nullement de “simples erreurs politiques”, mais d’un effort conscient et coordonné de défense de la dictature parlementaire et des relations sociales et financières instituées par le capitalisme. C’est cet effort qui s’est également exprimé hier (20/10), et ce malgré les appels qu’ils ont lancé au peuple à manifester pour renverser le gouvernement. Ils ont assuré la bonne garde du parlement et, au lieu de l’encercler, ont agi encore plus sauvagement que la police, brisant des crânes et livrant des manifestants aux forces de répression. Le pire étant que par leurs actes ils ont offert à l’État une légitimité, quand celui-ci assassinait l’un de leurs camarades, dont le meurtre a été attribué à une violence para-étatique.

Depuis hier, de façon définitive et irréversible, le mal-nommé “Parti Communiste” n’est rien de plus qu’un obstacle à la crémation du cadavre parlementaire. Tout homme libre combattant pour sa dignité en ces heures cruciales doit en représailles s’attaquer politiquement à lui. Cette proposition ne doit pas être comprise comme une scission au sein du mouvement. Nous avons peut-être des problèmes communs, des cibles communes avec les électeurs de base du “Parti Communiste”, mais les politiques et les actions de la direction à laquelle ils sont attachés suivent à la lettre les ordres du gouvernement et des envoyés du FMI, de l’UE et de la BCE. Nous n’avons jamais marché à leurs côtés, ils ne seront jamais des nôtres. Nous devons nous rappeler que le “Parti Communiste” agira comme une cinquième colonne du régime dictatorial, espérant une fois de plus grappiller les miettes tombées de la table parlementaire, ainsi qu’ils l’ont prouvé en 1990 [5].

Les attitudes de chacun des groupes politiques, qu’ils soient parlementaires ou non, apportant un soutien aux actions du “Parti Communiste”, pas leur silence ou par des déclarations claires, sont également condamnables. Car, aussi longtemps que ces partis agiront par le biais d’un parlement de laquais de la Troika, et continueront à recevoir leurs gras salaires, ils seront entièrement co-responsables de ce qui est arrivé et de ce qui va arriver. Leurs votes contre les memorandums et les lois qui en découlent montre bien leur rôle dans la dictature : ils fournissent l’alibi de la polyphonie et de la démocratie à un parlement fantoche [NDT : ici, formulation anglaise peu claire, remplacée par une assertion que j’espère proche du sens original], afin de pousser une population paupérisée à continuer de compter les voix à chaque échéance d’un vote joué d’avance et destiné à abolir leur futur, tout en les nourrissant de l’illusion que quelqu’un parle en leur nom et en leurs intérêts. Ainsi, cette population abandonne l’opposition aux professionnels de la politique, et ne ressent pas le besoin de réagir immédiatement et en personne. Tout vote, y compris à l’endroit des partis extra-parlementaires de “l’extrême-gauche”, dans les scrutins nationaux et locaux, n’est rien de plus qu’un peu d’huile pour les rouages de la machine et une légitimation de la “justesse” de la dictature parlementaire en place.

Depuis le 25 mai, lorsque nous nous sommes pour la première fois rassemblés sur la place [Syntagma], nous avons montré que la démocratie directe donnait à chacun la possibilité de participer, de se consulter les uns les autres, de construire des idées ensemble, de façon autonome, loin des labels idéologiques et parlementaires. Nous resterons là, contre leur parlementarisme de la banqueroute et leur bureaucratie.

NOUS PRENONS EN MAIN NOS VIES

DÉMOCRATIE DIRECTE, MAINTENANT

Assemblée Populaire de la Place Syntagma, le 21/10/2011

[1] Référence au traité de Varzika, signé en 1945, par lequel le Parti Communiste a trahi la lutte armée et les milliers de combattants de la guerre civile, en échange de la légalité au sein du nouveau régime.

[2] Référence à la déclaration initiale du Parti Communiste contre le soulèvement de Polytechnique en 1973, désignant les participants de ce soulèvement comme étant des “provocateurs de la police”.

[3] Référence aux incidents de 1979 à l’école de chimie d’Athènes, durant lesquels des membres du Parti Communiste ont cassé l’occupation de l’école, en coopération directe avec la police.

[4] Référence, bien sur, à la condamnation récente de la révolte de décembre 2008.

[5] Référence au partage du pouvoir entre le Parti Communiste et les deux principaux partis parlementaires, la ND et le PASOK, en 1990.

ΜΑΤ-ΚΚΕ ΚΟΙΝΟΣ ΑΓΩΝΑΣ ! MAT-KKE, MÊME COMBAT ! MAT-KKE, SAME FIGHT !

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Piyou 03/11/2011 20:03



Je ne connais pas suffisamment la situation pour intervenir précisément sur cette situation, mais plus généralement sur les désaccords entre anarchistes, trostkistes, communistes. Quand on se bat
entre nous c'est le patron le grand gagnant. Laissons "l'autre" se battre à sa façon, utilisons chacun nos armes. Certains penseront qu'un cocktail molotov est plus efficace qu'une pancarte et
les autres qu'il vaut mieux 1000 porteurs de pancarte qu'un seul lanceur de cocktail. Si on avait LA méthode efficace, la révolution serait faite depuis longtemps.


Et si les porteurs de pancarte détournaient l'attention et permettent au lanceur de cocktail de le lancer efficacement, et si le cocktail ouvrait une brèche que n'arrivent pas à ouvrir les
porteurs de pancarte ? ....


Voir le dossier de Fakir de septembre-octobre "Contre l'oligarchie, la finance, les médias, que faire ? et que ne pas faire ?" "Comment on les pulvérise : par les bombes, la rue, les urnes ?"


 



dan29000 03/11/2011 20:35



Oui j'ai lu le dossier de FAKIR, qui est un peu comme ta réponse au com, une réponse tendance normande, qui ne fait pas trop avancé le débat. Mais il est vrai qu'on a pas encore trouvé la méthode
efficace, c vrai, d'où l'intérêt primordial de toujours chercher et encore, on va bientôt en parler ici avec le nouveau livre de Benasayag "de l'engagement dans une époque obscure", un livre
primordial comme il y a qq années son "résister c'est créer"...