Hommage à Kristina Rady après son suicide

Publié le par dan29000

kristina radyHOMMAGE A KRISTINA RADY PAR HUBERT ARTUS / RUE 89

« Est un homme celui qui
En son cœur n'a ni père, ni mère
Et sait qu'il n'a la vie
Qu'en plus de la mort. »


C'est ce qu'écrivait dans les années 30 le poète hongrois Attila Jozsef. Kristina Rady a eu la vie, et s'est donnée la mort. On l'a découverte ce dimanche, pendue, à son domicile bordelais. Le parquet de Bordeaux confirmait dimanche soir la nouvelle. Triste nouvelle.

Elle était l'ex-épouse de Bertrand Cantat. La mère de leur deux enfants, Milo et Alice (12 et 6 ans). Selon une source citée par l'AFP, Bertrand Cantat était présent au moment des faits au domicile :

« Il dormait très certainement lorsque les choses se sont passées. Il est très accablé. C'est un de ses enfants qui aurait retrouvé Mme Kristina Rady pendue. »


Une lettre d'adieu a été retrouvée à ses pieds. Une enquête a été ouverte par le procureur de la République de Bordeaux, et une autopsie sera pratiquée lundi.
Courage

Le public l'avait connue pour son courage. En 2003, dès cette fin juillet où Cantat avait tué la comédienne Marie Trintignant, elle avait soutenu son ex-mari, de même que tous les membres du groupe, sans exception. Ce, au moment, où des tonnes d'individus criaient, écrivaient qu'ils allaient jeter tous leurs disques de Noir Désir.

Elle l'avait fait alors que depuis quelques mois, suite à une rencontre coup de foudre en 2002, Marie Trintignant et Cantat vivaient ensemble. Cantat qui, avant d'emménager avec l'actrice, avait tenu à rester avec son ex-épouse, afin de l'accompagner dans sa seconde grossesse.

Lors du procès de Cantat à Vilnius, en 2004, elle était là. Elle avait alors confié au Point :

« J'essaie de le maintenir en vie. Je lui dis que ses enfants ont besoin de lui et qu'il a besoin de ses enfants. J'essaie de lui expliquer que ce qui s'est passé le 27 juillet 2003 ne peut pas altérer tout ce qu'il a fait avant. C'est Bertrand qui m'a appris à être forte. »

Hongrie

C'est à Budapest, où elle est née, que Kristina Rady et Bertrand Cantat s'étaient rencontrés, lors d'un festival. Ils se marieront en 1997, et divorceront en 2002. Elle était traductrice, rédactrice, metteur en scène, productrice, et directrice artistique de festivals et événements. Elle aurait même un temps été pressentie pour devenir ministre de la Culture en Hongrie.

C'est elle qui, en 2006-2007, a oeuvré à la redécouverte du grand poète hongrois Attila Jozsef, à travers une série de lectures musicales avec le comédien Denis Lavant et le guitariste de Noir Désir Serge Teyssot-Gay (livre-disque paru au Seuil en 2008 ; indispensable).

C'est elle qui a traduit en hongrois « Persepolis » de Marjane Satrapi. C'est elle aussi qui a traduit en français le théâtre de Ferenc Molnar (« Liliom ou la vie et la mort d'un vaurien »), des auteurs hongrois passés et présents (le jeune Istvan Tasnadi). Grâce à elle, ces auteurs ont été joués en France.

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