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ATTICA 2007Pétition de 225 détenus de Corbas dénonçant leurs conditions de détention

 

Près de la moitié des détenus de la nouvelle prison de Corbas ont signé et diffusé dimanche une pétition contre leurs conditions de détention. Ce qui en a été relayé dans la presse (on pense à Lyon Cap’ et 20 minutes qui ironisaient sur les demandes de consoles de jeux vidéo) n’est qu’une petite partie de ce texte plus long, et qui montre bien l’étendue des problèmes dans cette prison high-tech et inhumaine. 6 personnes s’y sont suicidées ou sont mortes dans des conditions suspectes depuis le début de l’année 2011.


 


Nous vou­lons vous tenir au cou­rant des agis­se­ments de l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire à la prison de Corbas. Nous avons cer­tains droits, ils pié­ti­nent nos droit et font tout pour que nous res­tions dans nos cel­lu­les 24/24 pour cer­tains, et pour d’autres 22/24.

1. Ils iso­lent un détenu aux arri­vants huit jours, là où il est le plus faible mora­le­ment, nous ne pou­vons pas lui venir en aide avec de sim­ples can­ti­nes pour le dépan­ner. Ils refu­sent même de l’eau de source, ils refu­sent qu’il can­tine aux arri­vants pour qu’une fois arrivé en bâti­ment il reçoive ses can­ti­nes.

2. Il n’y a aucune acti­vité pour les déte­nus à Corbas. Les jeunes n’ont pas de PlayStation pour passer le temps en cel­lule, ils sont enfer­més 23h sur 24. Comment cette admi­nis­tra­tion peut refu­ser les PlayStation et autres effets per­son­nels de ceux qui sont trans­fé­rés à Corbas, alors qu’ils ont été auto­ri­sés à can­ti­ner ces biens dans d’autres établissements péni­ten­tiai­res ? Vous n’êtes pas res­pon­sa­ble des actes que nous avons commis à l’exté­rieur, certes. Mais vous êtes res­pon­sa­ble de l’abus de pou­voir que vous exer­cez sur nous, et de ce que vous nous faites subir au jour le jour. Nous sommes privés de liberté, et non pas de vivre. Alors arrê­tez de nous mettre des pres­sions et la trique, on a le droit à des can­ti­nes comme dans toute autre prison de la région, de France et de Navarre ! Par exem­ple : des PlayStation, X-box, chaî­nes stéréo, vien­noi­se­ries, pâtis­se­ries et autres parce qu’il y a une sacrée liste à faire !

3. Comment se fait-il qu’il n’y ait pas à Corbas, comme dans d’autres pri­sons de la région Rhône-Alpes, d’acti­vi­tés sport, « ter­rain » deux fois par semaine, tour­nois de foot, des cour­ses 5000 mètres et 10’000 mètres ? Ici, nous n’avons que la lutte et la boxe. 8 déte­nus sur 600 y par­ti­ci­pent, his­toire que l’admi­nis­tra­tion puisse dire qu’il y a des acti­vi­tés, et vous en avez 592 qui crè­vent en cel­lule.

4. Venons-en aux can­ti­nes, infec­tes. Ils nous ven­dent des pro­duits à prix fort pour de la sous-marque comme Grand Jury. Et se cou­vrent avec des mar­ques « MD », ce qui veut dire « marque dif­fé­rente », mais nous n’avons jamais reçu de mar­ques dif­fé­ren­tes. Pour les can­ti­nes excep­tion­nel­les, ils se fou­tent de nous, ils nous les ramè­nent jamais. Cette prison vous met à la diète. Pas de pâtis­se­rie, pas de brio­che… Dans une réu­nion, nous avons posé la ques­tion de savoir pour­quoi nous n’avons pas de pâtis­se­rie ou de brio­che en can­tine. La réponse de M., res­pon­sa­ble péni­ten­tiaire : vous avez le temps en cel­lule de vous faire des gâteaux, il y a des recet­tes dans le jour­nal péni­ten­tiaire. Nous lui répon­dons que nous sommes pour certains tra­fi­quants, bra­queurs, voleurs. Et non pas des pâtis­siers de métier, d’autant plus qu’il n’y a aucun ingré­dient en can­tine à part farine et sucre vanillé. Ses répon­ses qu’elle les garde.

5. Aujourd’hui, mer­credi 3 août 2011, nou­veau sui­cide à la maison d’arrêt de Corbas. Monsieur C., secré­taire local du syn­di­cat UFAP-UNSA va auprès des médias dire qu’il regrette que les effec­tifs ne per­met­tent pas « de faire de l’obser­va­tion avec les déte­nus, de dis­cu­ter avec eux pour déce­ler d’éventuels pro­blè­mes ». Nous répon­dons aux conne­ries de Monsieur C. : d’une, du per­son­nel il y en a assez. Minable, une per­sonne qui va deman­der du per­son­nel en plus sur le cha­grin des famil­les qui per­dent un fils. D’autre part, le détenu Fabrice D., le der­nier sui­cidé, a eu des pro­blè­mes et pres­sions par cer­tains déte­nus. Il avait sol­li­cité d’aller à l’iso­le­ment ou au quar­tier arri­vants à son chef de bâti­ment ! La réponse était « je n’ai pas le temps on verra demain », le soir même il se don­nait la mort. Ces gens dor­ment bien, même s’ils savent que cela aurait pu être évité par ce chef qui est resté sourd !

225 déte­nus de Corbas

 

Rebellyon, 6 septembre 2011.

 

 

 


 


 

 


Tag(s) : #actualités

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