Tunisie : le dictateur Ben Ali fait tirer sur la foule, ferme les écoles et emprisonne

Publié le par dan29000

 

 

 

Tunisie : un témoignage de Tala

 

Le blog tunisien Khayl wa Layl (Chevaux et Nuits) a publié le récit d'une habitante de Tala, donnant des précisions sur les horreurs vécues au cours des derniers jours. 
Six personnes ont été tuées à Tala, ville située à 200 km au sud ouest de la capitale Tunis, et six autres blessées quand la police a ouvert le feu sur les manifestants hier dimanche 9 janvier, selon des bilans diffusés par les médias. 
Dans sa lettre, elle écrit :

 

Les manifestations ont commencé en 2008, mais malgré toutes les manifestations au cours de ces années, personne n'a répondu à nos revendications, alors qu'elles étaient très simples. La dernière a eu lieu après la mort de Mohamed Bouazizi. Nous devons préciser que les revendications étaient pacifiques alors que le gouvernement réprimait sans cesse et que nous n'avons pas le moindre droit, comme le droit d'expression. La répression de la police envers les manifestants est ce qui a tout fait basculer. C'est pour ça qu'ils ont mis le feu au premier symbole du régime, la salle de réunion du parti, et au premier symbole de l'ingérence dans la vie privée, le commissariat.

 

C'était lundi dernier. Le mardi, à dix heures du matin, des étudiants de l'Institut ont essayé de quitter l'école pour participer à une manifestation. Ils ont été encerclés là-bas, mais quelques étudiants ont réussi à s'échapper, le reste suffoquaient à cause des bombes lacrymogènes. À midi, ils ont pu partir, et les affrontements ont commencé.

 

La nuit dernière, les habitants de la ville se sont couchés dans le sifflement des balles et ils se sont réveillés ce matin avec les hurlements des mères des martyrs, les récitations des versets du Coran et le début des la période de deuil. Les martyrs dont on connait les noms sont : Ahmed Omari, 17 ans, étudiant ; Ahmed Bala'abi, 30ans ; Ayman Rutabi, 14 ans ; Marwan Jamli, 19 ans ; et Ghassan Shneeti, 18, qui était boucher, et celui qui gagnait le pain de sa famille. Tout ceci est arrivé pendant que la Tunisie regardait un match de football, dans la plus complète indifférence aux affrontements entre des habitants sans armes de ma bien-aimée Tala et les policiers armés. La répression a continué et l'électricité a été coupée. Toutes les boutiques étaient fermées et nous avons eu du mal à amener les blessés à l'hôpital. Même pour ceux qui devaient être enterrés, ces barbares ont accepté, mais à condition que seules les femmes les enterrent ! Et alors qu'un cortège funèbre pour l'un des martyrs était en chemin vers le cimetière, ils l'ont attaqué à coup de grenades lacrymogènes, c'est pour ça que le cercueil a été abandonné dans la rue. Après plusieurs tentatives, ils ont pu récupérer le corps et enterrer le martyr mais alors qu'ils rentraient,  ils ont été de nouveau attaqués, avec des vraies balles et des bombes. Quelqu'un à l'hôpital de Tala confirme la mort d'une infirmière dans l'attaque de la police.

 

Tala est maintenant enveloppée de tristesse et de silence. Est-ce  le calme avant l'orage ?  Est-ce que la mer de sang continuera à monter, dans l'indifférence totale de Tunis 7 (chaine de télévision), qui ne dit pas la vérité !!

 

Global Voices, 11 janvier.

  Source . Jura libertaire

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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /2011 16:53

Manifestations à Tunis, Morts à Regueb #sidibouzid

 

Des dizaines de manifestations à Tunis

 

La capitale entre dans le cercle des manifestations. Aujourd’hui 10 janvier 2011, plusieurs quartiers de Tunis ont vu des manifestations, à Bab Jdid, Bab Eljazira, Boumendil, Bab Laassel, Bardo, au campus universitaire de la Mannouba, au lycée Khaznadar, au lycée de la Mannouba, au lycée de Den Den. Une grosse manifestation issue du campus universitaire est arrivée à l’École Nationale des Ingénieurs.

 

Regueb, 10 janvier

 

À Kasserine, les avocats sont encerclés par la police et ils risquent des tirs à balles réelles.

 

À Jendouba, il y a eu de violents affrontements dans tous les quartiers de la ville. Hier des locaux du RCD y avaient été incendiés. Les manifestants contrôlent toute la ville ; ils sont maintenant en train d’incendier le local du Comité de coordination du parti au pouvoir de Jendouba. La police tire à balles réelles en l’air. Les manifestations s’étendent à la délégation de Bou Salem et Ghardimaou.

 

2000 personnes ont fait un sit in aujourd’hui à Ben Guerdane.

 

À Nabeul, ce matin les lycéens (du lycée Mahmoud Messadi) ont fait un sit in et refusé d’entrer pour les cours.

 

Des sources d’Assabilonline affirment que Raouf Ben Tahar Kaddoussi (27 ans), est mort hier à l’hôpital de Rgueb après avoir essuyé un tir à balles réelles. Chaher Labidi et Nassim Jellali sont dans un état critique. […]

 

Regueb, 9 janvier

 

Hier à Kasserine, est décédée madame Manal Bent Brahim Bouallagui (mariée et mère de famille) des suites d’un tir à balles réelles alors qu’elle se trouvait devant son domicile. Chadi Ben Mohammed Salah a reçu une balle dans la cuisse, Larbi Kadri à la tête, il est gravement touché. Nassim Jallali et Ghazi Ben Kamel ont été gravement touchés.

 

À une heure quarante hier dimanche, 7 personnes blessées par balles sont arrivées à l’hôpital local de Rgueb, Mohammed Jabelli a rejoint les morts en martyrs, Moncef Ben Naceur Zini a reçu une balle dans la cuisse. Ali Oumhéni, Karim Ben Ammar Oumhéni, Zyed Ben Mohammed Tahar Karaoui, Abdelkarim Ben Boubaker Hajji (instituteur) sont blessés. L’armée a encerclé la ville de Rgueb et a pénétré la ville de Menzel Bouzaïene. Nizar Slimi a rejoint le cortège des martyrs.

 

À Meknassi, le couvre feu a été décrété hier, à compter de 7 heures du soir. Mouadh Khelifi a rejoint les martyrs. 

 

Traduit de l’arabe (Assabilonline), 
Nawaat’s Posterous, 10 janvier 2011.

 

 

Émeutes en Tunisie, vos témoignages

 

À Haffouz (Kairouan, Centre Tunisie), il y a eu des affrontements ce matin entre les Haffouzi sortis dans la rue et les force de l’ordre.

 

Usage intensif du gaz lacrymogène contre des collégiens. Suite à ce déséquilibre de force les adultes se sont joints au cortège. Bilan des affrontements : destruction du siège de la mairie, du siège de la délégation ; un pillage ciblé de la recette des finances ; mise en feu et destruction de la BNA banque. À noter que les manifestants se sont attaqués à tout symbole de l’État pour exprimer leur soutien aux habitants de Kasserine et de Sidi Bouzid ainsi que pour montrer leur deuil quant aux morts pour la patrie.

 

Heureusement qu’il n’y a pas eu de mort à Haffouz mais on a des informations qu’il y a de nouvelles victimes des tirs de la police à Sousse (centre), Meknessi (Sidi Bouzid) et Chebba (Mahdia, centre est).

 

Leur presse (Libération), 10 janvier.

 

 

Tunisie : découverte de cinq corps ce lundi à Thala

 

Dans une déclaration de la ville de Thala à Radio Kalima, l'avocate Maître Mania Bouali, a annoncé la découverte de cinq nouveaux cadavres de jeunes de la ville ce lundi matin, tués par la police tunisienne. Trois corps sont toujours à l'intérieur d'un centre de la police qui refuse toujours de remettre les corps aux familles. Deux autres corps de jeunes tunisiens ont été découvert dans une petite colline non loin de la ville. Les recherches se poursuivent pour identifier les victimes.

 

Radio Kalima, 10 janvier.

 

 

Source : Jura libertaire

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