Le Havre : Pour le Parquet, le délit de solidarité existe toujours

Publié le par dan29000

Communiqué du Syndicat des Avocats de France (Le Havre), du Syndicat de la Magistrature (Section de Haute Normandie) et de la Ligue des Droits de l’Homme (Section du Havre)

 

Pour le Parquet du Havre, le délit de solidarité existe toujours.

 

NON AU RETOUR DU DÉLIT DE SOLIDARITÉ !

 

Article mis en ligne le mercredi 17 juillet 2013

 

Bonjour,

 

Vous trouverez ci-dessous et ci-joint le communiqué commun des sections havraises du SAF et de la LDH, et de la section Haute-Normandie du Syndicat de la magistrature dénonçant la convocation d’un militant devant le tribunal correctionnel du Havre le 27 août prochain pour avoir établi une "fausse" attestation d’hébergement en faveur d’une personne étrangère malade et soignée au Havre.

Les organisations signataires manifestent leur soutien à ce militant poursuivi pour avoir avoir fait preuve de solidarité à l’égard d’une personne en situation de vulnérabilité.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU SYNDICAT DES AVOCATS DE FRANCE (LE HAVRE), DU
SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE (SECTION HAUTE NORMANDIE) ET DE LA LIGUE DES
DROITS DE L’HOMME (SECTION DU HAVRE)

NON AU RETOUR DU DÉLIT DE SOLIDARITÉ !

Pour le Parquet du Havre, le délit de solidarité existe toujours.

Monsieur Leopold JACQUENS est en effet convoqué devant le Tribunal correctionnel du Havre, le 27 août 2013 à 13 h 30, pour en répondre.

Que reproche-t-on à Monsieur JACQUENS ? On lui reproche d’avoir rédigé une « fausse attestation » d’hébergement pour une ressortissante étrangère gravement malade et soignée au Havre.

Or, s’il ne l’avait pas fait, jamais cette ressortissante étrangère n’aurait pu déposer de demande de titre de séjour au Havre : pour déposer une demande de titre de séjour l’autorité préfectorale exige en effet la production d’une attestation d’hébergement, alors que la Loi ne prévoit que la production d’un justificatif de domicile et donc, une domiciliation.

Ce militant associatif a donc agi, évidemment sans contrepartie, dans un souci d’humanité, par solidarité et par nécessité afin de venir en aide à une personne en détresse.

Les organisations signataires, particulièrement surprises par ces poursuites pénales d’un autre âge, entendent dénoncer publiquement cette criminalisation de l’entraide.

Elles rappellent que le législateur a clairement aboli le délit de solidarité le 31 décembre 2012.

Elles tiennent à exprimer leur soutien à ce militant injustement poursuivi et appellent tous les défenseurs des droits de l’homme à se mobiliser pour que la solidarité ne soit plus un délit ni au Havre, ni ailleurs.

Le 12 juillet 2013

 
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Le 17 juillet à 20:30, par

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 16 juillet 2013, à six heures, les habitants du bidonville du quartier de l’Eure au Havre, ont été expulsés, en dépit des propositions d’accompagnement global des familles Rroms, avancées par plusieurs associations travaillant avec les habitants, dont le groupe Echelle inconnue, présent lors de l’expulsion.

Mardi 16 juillet, en fin de matinée, ce que nous pensions pouvoir éviter est arrivé : siège du bidonville, « extraction » des familles, soit quatre-vingt personnes (dont 45 enfants) jetées encore un peu plus à la rue après le passage des bulldozers sur leurs habitations.

Echelle Inconnue s’insurge évidemment face aux propositions avancées par l’Armée du Salut : hébergement pérenne pour 25 personnes sur 80... et retour en Roumanie pour tous les autres ; qui, nous le savons et parce qu’elles en auront bientôt le plein droit, reviendront sous peu grossir les rangs de cette ville invisible, précaire, nomade et tue.

Pourtant, depuis plusieurs mois, à l’invitation du collectif de soutien, et des habitants eux-mêmes, nous travaillions avec les habitants du bidonville, réalisions photos, enregistrements, vidéos. Outillions aussi le nomadisme que la république impose à ces populations en réalisant des équipements sanitaires nomades. Comme d’autres, ailleurs en France, nous nous attachions à aménager collectivement l’enfer.

Par courrier recommandé du 5 juillet 2013, nous soumettions à la sous-préfecture du Havre un projet alternatif d’accompagnement global des familles Rroms vivant sur le bidonville du quartier de l’Eure ; projet plus économe en argent public que son simple anéantissement par bulldozer. Le récépissé venait à peine d’être glissé sous notre porte que les uniformes se précipitaient pour ceinturer le bidonville situé à l’angle des rues du Général de Lasalle et du Général Hoche dans le quartier de l’Eure au Havre.

Ce projet soutenu par la Fondation Abbé Pierre et le Conseil Général, Cinnecitta (la cité Rrom), prévoyait l’établissement d’un permis précaire d’un an. Un an, pour sortir du bidonville par le bidonville. Un an pour mettre en veille la politique de nomadisation forcée et pour mener a bien un projet cinématographique non pour et par les Rroms mais avec eux, sans pour autant les cantonner au statut de figurants exotiques que l’industrie cinématographique semble leur réserver.

En collaboration avec le Conseil Général qui devait, sous peu, et suite à notre interpellation, organiser une réunion avec les équipes en charge de l’accompagnement social, nous proposions de poursuivre le travail d’invitation et de «  raccordement au monde  » : rencontre avec les équipes de Médecins du monde, prise de contact avec des entreprises privées locales, invention de solutions pour aménager cette urbanité née de la nécessité.

La sous-préfecture, ce matin, a répondu : uniformes, siège et expulsion. Déjà au loin se font entendre les chenilles des bulldozers, ces nouveaux tanks de la petite guerre urbaine. Déjà nous avions eu l’occasion d’entrevoir quelques unes des solutions préfectorales : recensement des familles sur une table d’administration, rappelant sa sinistre ancêtre coloniale, avec l’aide d’un traducteur visiblement proche des services de police.

Quatre-vingt personnes, familles avec enfants se voyaient tout à l’heure délivrer un simple papier écrit en romani les invitant à appeler le 115 !

Est-ce pur hasard que notre courrier semble croiser si ce n’est déclencher l’intervention policière ? Nous nous permettons d’en douter. La république a depuis longtemps choisi sa méthode, insensée : inquiéter, insécuriser et entretenir avec soin son syndrome de cécité volontaire.

A ce point qu’il est difficile de ne pas conclure que ce n’est pas tant le bidonville et son indignité qui effraient la république, mais la recherche de solution durable pour des populations, parmi les plus vulnérables, avec lesquelles il faut bien compter.

voir le journal du travail réalisé avec les habitants du bidonvillehttp://makhnovtchina.org/journal/

http://www.echelleinconnue.net/

 

SOURCE / MILLE BABORDS

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