Paris : Occuper, résister, produire, autogestion en Amérique latine

Publié le par dan29000

mardi 25 mai 2010 à 20h45 Lieu :Paris 7e
Maison de l’Amérique latine 217 Boulevard Saint Germain 
Métro Solférino
« Occuper, résister, produire » 
Éclairs autogestionnaires latino-américains


Dans le cadre du cycle de conférences des « 40 ans » de France Amérique Latine

Nous avons le plaisir de vous accueillir à la Conférence débat

« Occuper, résister, produire », éclairs autogestionnaires latino-américains

Tout au long du XX° siècle, l'Amérique latine a été parsemée, au fil de luttes sociales souvent explosives, par de multiples « éclairs autogestionnaires », mais avec des identités collectives, des cultures militantes, des répertoires d'action et une "géographie sociale" spécifiques à ce continent et à ses formations sociales. Les tentatives d'auto-organisations révolutionnaires ont été particulièrement présentes durant les années 60-70, époque où le « fond de l'air était rouge », à la suite de la révolution cubaine. Plus qu'un « âge de l'autogestion », c'est en partie au sein de cette trajectoire historique que l'on peut situer les expériences qui parcourent depuis une dizaine d'années le continent, mais elles sont aussi le produit d'une nouvelle époque, marquée par la crise du modèle néolibéral et du consensus de Washington. Récupérations d'usines, occupations de terre, conseils communaux ou encore médias communautaires : est-il possible d'établir certains points communs entre toutes ces mobilisations collectives ?

Par Franck Gaudichaud (Maître de conférences en civilisation hispano-américaines et membre du Bureau national de France Amérique Latine)

Révoltes du travail en Argentine : retour sur les usines récupérées d'Argentine

Depuis la fin des années 90, poussés par la crise et l'effondrement de l'économie nationale (19 et 20 décembre 2001), des milliers de travailleurs argentins se sont mis à occuper puis à récupérer leur entreprise. Après une lutte souvent ardue, l'extrême majorité de ces récupérations s'est constituée en coopérative de travail. Loin d'être une nouveauté, les coopératives en question ont toutefois une forte particularité : la population qui les compose se caractérise souvent par des salariés zélés et autrefois proches du patron. Quelles sont alors les raisons qui poussent ces ouvriers modèles à se révolter contre leur employeur ? Comment mènent-ils leur lutte ? A partir d'un travail de terrain de dix-huit mois dans deux usines de Buenos Aires, il sera question ici de comprendre les dynamiques d'une lutte ouvrière inédite.

Par Maxime Quijoux (post-doctorant au GISCOP 93-Paris 13 et enseigne la sociologie à l'université de Paris Ouest Nanterre la Défense et coordinateur du GECCI, Groupe d'Etudes Comparées Cultures et Inégalités)

Révoltes des sans terre en Bolivie : l'expérience du Mouvement des travailleurs paysans indigènes sans terre (MST)

« Récupérer » ce qui est sien, ce qui est dû, la terre et le produit de son travail, est le projet des militants du MST bolivien. En amont, l'expérience sociale du déracinement et de la marginalisation. En aval, la constitution de « communautés agro écologiques » sur les terres récupérées. Mais deux phénomènes traversent cette tentative de « refondation » : le pouvoir et la propriété. S'ils les questionnent et les problématisent dans leur pratique collective, les paysans sans terre ont aussi maille à partir avec le pouvoir, qui tend à se reconcentrer « en haut », et la propriété, désirée par les « bases » et qui tend à les éparpiller. Pris entre ces deux dynamiques, les asentamientos risquent de perdre de leur substance au lieu de devenir de véritables collectivités de travailleurs émancipés.

Par Thomas Siron (doctorant en anthropologie à l'EHESS de Marseille et menant une étude intitulée «Terre promise, terre due. L'expérience de la réforme agraire dans une communauté de « paysans sans terre» de Bolivie, pays où il a vécu)

Entrée libre



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