Notre Dame des Landes : malgré l'interdiction du préfet, des semis collectifs

Publié le par dan29000

samedi 5 octobre 2013

A Notre Dame, on sème sous le soleil !

 

 

5 octobre, 9h30, il y a déjà du monde au carrefour des ardillères.
10h00, avant le départ, on apprend par le journal que le préfet a pris un arrêté interdisant les semis sur la zone du  projet d’aéroport. C’est trop d’honneur Mr le Préfet, un arrêté rien que pour nous; c’est évident que cela ne va pas nous faire reculer.
Mr le Préfet, réfléchissez y, ce n’est pas prudent d’habituer tant de gens à fréquenter l’illégalité : on s’y habitue et c’est de moins en moins dissuasif.
C’est sous un soleil radieux que se déroule notre journée de semis collectif.
On sent le plaisir de se retrouver, tellement de gens, tellement différents, se connaissent maintenant. Quand le seul bleu en vue est celui du ciel, nous sommes heureux ensemble.
 
 
Les trois acteurs agricoles sur la zad, ADECA, Sème ta zad et COPAIN ont décidé de remettre en culture un ensemble de 24 ha non cultivés depuis un an car placés sous le projet de piste. Ils l’ont décidé pour que la terre continue à nous nourrir et parce que collectivement nous sommes plus forts.
 
labour de concert...
 
 
Pour nous agriculteurs de la zone, cela nous motive, car cultiver la terre c’est poursuivre notre métier, alors que depuis 1974, le Conseil Général a compté sur le développement des friches pour ouvrir la voie aux bulldozers.
Nous avions aussi, depuis longtemps, la forte volonté de gérer collectivement les terres libérées par les départs de voisins, et là, enfin, nous y arrivons au moins en partie.
Dans les cultures mises en place, une partie sera conduite en culture classique et la majorité sans intrants sur tout le cycle. Ce choix respecte les différentes pratiques agricoles sur la zad et traduit notre diversité et notre capacité à lutter ensemble.
Environ 300 personnes sont venues  ensemencer les terres en triticale pour les bovins de la zone, en mélange céréalier pour les volailles, cochons et bovins, en blé panifiable, seigle et  épeautre pour les boulangers de la ZAD….
 
 
 
 
 
Toutes les petites mains se rendent utiles : constitution des mélanges de graines à semer, chargement des semoirs, plantation d’arbres pour reconstituer des haies, encouragement des chauffeurs de tracteurs…
Cette mise en place de haies, alors que Vinci veut détruire notre bocage, illustre notre confiance dans la victoire. 
 
Une bonne vingtaine de tracteurs, on va dire 24, sont venus travailler. Le labour est difficile car la terre manque d’eau, mais les semis se font très bien. Vers 18h00, cette bonne journée de travail se termine dans la sérénité.
 
Ah oui, j’oubliais la visite de l’hélicoptère, mais c’est tellement courant à Notre Dame…
Par cette action commune, nous montrons notre détermination à sauver notre terre : terre nourricière, terre à  protéger, terre qui continue à vivre envers et contre tout et surtout contre la mauvaise volonté des porteurs de projet à reconnaitre leurs mensonges et à abandonner le projet : aucune raison aéronautique ne justifie ce projet (les contre-études indépendantes menées sur l’économique et le plan d’exposition au bruit le prouvent, comme le discours des pilotes…) et pourtant c’est sur cette base mensongère que le projet a été déclaré d’utilité publique… La première économie du gouvernement actuel doit être d’arrêter les dépenses sur les grands projets inutiles (au Premier Ministre de donner l’exemple)!
Malgré l’ordonnance d’interdiction de semer demandée par VINCI hier (le ridicule ne tue pas ; dommage !), nous tenons à montrer qu’ici, à Notre Dame des Landes, nous savons cultiver les champs de tous les possibles! Qu’on se le dise…
 
 de Sylvie et Marcel, paysans à Notre Dame

Publié par à 21:40

 

SOURCE / parolesdecampagne.blogspot.fr

Publié dans environnement

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